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LE JAPON, Puissance économique mondiale de la seconde partie du XXème SIECLE

Malgré la défaite de 1945, le Japon reconstruit assez rapidement une puissance essentiellement économique, pacifiste et mondiale. On peut dès lors se demander quels sont les facteurs de la puissance et à quel prix ? On étudiera la période allant de 1955 au début des années 1990.

I – UNE MONTEE EN PUISSANCE PROGRESSIVE.

La Haute Croissance (1950-1973).
Croissance globale.
C’est à la fois la croissance la plus forte que le Japon n’ai jamais connu et la croissance la plus élevée de tous les PDEM. En effet, avant Meiji, la croissance est quasiment nulle : c’est l’état stationnaire. Cependant, cette croissance s’avère irrégulière, se manifestant par une succession de « booms » (moments d’accélération rapide de la croissance interrompus par des ralentissements).

En 1949, la croissance s’effondre, subissant les séquelles laissées par la guerre. En 1950, la croissance explose suite à la guerre de Corée, d’autres booms se produisent en 1961 (Jeux Olympiques), 1964, 1968. Il est à noter que même pendant les récessions la croissance se maintient au-dessus de 6%.

Croissance industrielle et commerciale.
Durant les années 50, le taux de croissance de la production industrielle est entre 18 et 20% par an, permettant au Japon de prendre une place dans les échanges mondiaux, représentant en 1973 environ 8% du PIB mondial (3% en 1950). Cependant le pays reste relativement peu ouvert, le taux d’ouverture ne dépassant rarement 2%.En effet, le Japon produit d’abord pour lui-même avant d’exporter.

Au début des années 70, il est le premier constructeur naval, premier pour la fabrication de radios, de TV, d’optique, d’appareils photos, de machines à coudre, de motos… Il se hisse à la seconde place des constructeurs automobiles derrière les Etats-Unis. Il acquiert dès lors un palmarès industriel et une capacité d’exportation non négligeables, lui permettant de parvenir au second rang des puissances industrielles mondiales.

Dès 1965, la balance commerciale japonaise est équilibrée voire excédentaire, offrant une montée en puissance perçue par les autres et rentre en 1964 dans l’OCDE.

Le Japon face aux chocs successifs (1970s-1980s).
Le Japon est d’abord pénalisé par ce qu’il se passe à l’extérieur de ses frontières en subissant la conjecture internationale. En 1971, le Yen est réévalué de 17% suite au choc Nixon, entraînant un choc monétaire, commercial et diplomatique. En effet, le 15 août 1971, Nixon annonce la fin de la convertibilité or du dollar et la surtaxe des importations pour protéger l’économie américaine de la crise. En décembre 1971, le dollar est dévalué une première fois entraînant une réévaluation du yen (308yens=1$). La reprise des contacts sino-américains entrainent une nouvelle surprise des japonais.

Le choc monétaire de 1973 entraine la deuxième dévaluation du dollar donc une nouvelle réévaluation du yen, la parité ne tient plus, le dollar flotte entraînant avec lui le yen. Le premier choc pétrolier a lui aussi des conséquences désastreuses : le Japon est dépendant à 80% au niveau énergétique en étant quasiment dans le « tout pétrole ». C’est le début de la guerre commerciale avec les Etats-Unis qui veulent contraindre le Japon à moins exporter grâce à des accords d’autolimitation, voire des embargos.

Le second choc pétrolier a lui aussi des conséquences importantes : le Japon est toujours dépendant à 73% et n’a diversifié ni ses énergies, ni ses producteurs (principalement l’Iran). Le choc est de plus accentué par la récession aux Etats-Unis et en Europe où les pays adoptent des politiques néolibérales.

Le Japon connaît un autre choc monétaire en 1985/86 : c’est le premier Endaka. Les accords du Plazza en 1985 doivent permettre au dollar d’atterrir en douceur alors que ceux du Louvre en 1987 doivent le stabiliser. Ces accords entraînent une appréciation plus forte du yen : les produits japonais coutent alors plus chers aux américains. Cependant le taux de change devient avantageux pour les approvisionnements en pétrole notamment.

En 1974, le Japon connaît une inflation tournant autour de 25%, signant la fin de la haute croissance, la réapparition de la croissance 0 et du déficit commercial comme en 1974/75 : c’est la rançon de l’internationalisation. Cependant, le Japon ne s’effondre pas : à la fin des années 80, il connaît le boom Heisei. La fin de l’ère Shoha en 1989 amène au pouvoir le nouvel empereur Akihito. Le boom Heisei se mesure dans le domaine financier et tertiaire. Il se caractérise par une bulle importante. La place de Tokyo prend une place importante : l’indice Nikaï. La spéculation immobilière est forte créant une bulle immobilière (les prix sont multipliés par 3). C’est l’entrée du Japon dans « l’économie casino » caractérisée par l’importance majeure du tertiaire et du secteur financier, le développement rapide de la consommation et de l’endettement, par un fort investissement.

Le Japon fait alors partie des « Grands économiques » profitant de l’effondrement de l’URSS en 1981 pour se hisser au second rang des puissances économiques. Le Japon commence alors à faire peur notamment en augmentant ses investissements à l’étranger entraînant le développement d’une « nippo phobie ».

« Le Japon à l’arrêt ».
C’est une expression employée par le ministre des finances japonais en 1997, caractérisant la période allant de 1991 considérée comme l’année charnière jusqu’au début du XXIème siècle (au moins jusqu’en 2001).

Il est du au dégonflement de la bulle spéculative, même s’il n’est pas brutal. En effet, le dégonflement est progressif et provoqué par les autorités japonaises grâce à une politique monétaire de hausse des taux d’intérêts limitant le crédit. Les taux directeurs sont augmentés de mai 1989 à août 1990. Le dégonflement maximal a lieu en 1992, la bourse accuse un creux alors que l’indice Nikaï retrouve sa valeur d’origine.

La croissance moyenne tourne autour de 1%, sans reprise réelle : la reprise de 1996 n’est qu’artificielle et pas durable. Les années calamiteuses ne sont pas pour autant évitées (1993,1988…).

Le Japon fait une entrée progressive dans la déflation (inconnue depuis 1930) entraînant une baisse globale des prix. Le phénomène n’est pas ponctuel, le marasme s’accentue.

Le Japon maintient cependant son excédent commercial, même si ce dernier rapporte moins d’argent.

Le yen subit des pressions internationales, notamment de la part des américains : le yen est réapprécié, c’est la deuxième Endaka. Au-dessus de 75 yen pour un dollar, le Japon considère que la parité n’est plus acceptable. Il entre dès lors dans une situation difficile à encadrer, une période difficile à nommer. Les problèmes de la puissance japonaise sont ils dues à des problèmes conjoncturels ou structurels ?

La crise asiatique de 1997/98 est une crise monétaire et boursière avant de se généraliser au reste de l’économie, seule la Chine parvient à l’éviter. Le Japon entre aussi dans une crise sociale illustrée par la terrible année 1995 : il subit de plein fouet le tremblement de Kobe qui était à l’époque le premier port japonais. C’est les infrastructures nécessaires au toyotisme qui sont touchées. Kobe se remettra très difficilement des dégâts causés. La même année le Japon subit l’attentat de la secte Aum dans le métro de Tokyo en contestation à la mondialisation excessive du Japon, de ses modes de vie…

II – LA MOBILISATION NATIONALE.

L’économie concertée
Au niveau des élites
L’organisation se fait essentiellement au niveau des élites politiques et économiques. C’est le triangle de fer : l’association étroite des trois groupes d’élites : le gouvernement dominé par le PLD, la Haute administration et le monde économique dominé par les Zaikai.

Le Parti Libéral Démocrate (PLD) naît officiellement en 1955. Il domine la politique japonaise depuis sa création. Il y a donc une stabilité politique au niveau du parti mais ce qui n’empêche pas les luttes de clans, pouvant entrainer des fragilités au niveau du gouvernement. Dans la politique japonaise, ce sont les clans et non les personnalités qui dominent.

La Haute Administration est représentée par le MITI et le ministère des finances. Créé en 1955, le MITI est à l’origine une agence pour la planification en 1955. Les Hauts fonctionnaires ont une forte influence, notamment grâce au « pantouflage » très développé, permettant de faire une carrière dans la politique ou l’administration pour les cadres des entreprises ou l’inverse. L’importance des liens professionnels, familiaux et amicaux entrainent le contact et la coopération entre les élites.

Les Zaikai sont dirigées par les dirigeants des Zaibatsu d’avant guerre qui se sont reconvertis dans la finance. Ils contrôlent les médias très liés au triangle, le Japon étant le plus gros consommateur d’information au monde.

Il est aussi important de noter que dans la réalité, le triangle se transforme en losange étant donné le contrôle de secteur entier par la mafia des Yakusas, tolérée par les autorités tant que la jeunesse japonaise est protégée de la drogue.

Au niveau de la population.
La population est mobilisée à différents niveaux, mais d’abord en tant que main-d’œuvre. Elle s’avère nombreuse suite au baby-boom des années 50, la fin de la transition démographique se situant à partir de 1975. C’est une main-d’œuvre suffisante et instruite, travaillant de moins en moins dans le secteur primaire (moins de 10% en 1990), au profit du secteur tertiaire (60%). Elle offre une instruction en moyenne plus élevée qu’ailleurs, une mobilité professionnelle et une vision particulière du travail : il occupe l’essentiel de l’existence du travailleur japonais.

Le consensus social.
Il se met en place progressivement, ne touchant pas tout le monde directement. Le compromis toyotiste concerne 1/3 de la main-d’œuvre, mais a valeur de but pour les autres. Les syndicats coopèrent : c’est un syndicalisme d’entreprise et réformiste basé sur le modèle américaine après 1955.

Le système des bonus offre aux japonais un rôle dans la puissance en travaillant, en épargnant et en consommant. L’épargne est une tradition japonaise collectée depuis l’ère Meiji par l’Etat et les banques privées puis réinvestie dans l’économie. Les japonais épargnent beaucoup mais de sont pas encore rentrés dans la consommation de masse bien qu’ils participent à la consommation intérieure. En effet, jusqu’en 1973, les 2/3 de la croissance vient de la consommation intérieure, se stabilisant ensuite aux alentours de 40%. Les japonais affichent une large préférence pour les produits nationaux.

Des stratégies héritées, complétées et adaptées.
La stratégie « en vol d’oie sauvages »
Cette théorie date des années 30, à l’origine sur le textile : c’est une stratégie de développement par l’industrialisation en s’insérant dans l’économie mondiale grâce à des appuis sur l’extérieur. La première étape se caractérise par l’importation de biens matériels pour consommer et copier les technologies les plus avancées. La seconde consiste à augmenter une production nationale originale tout en stabilisant

puis en diminuant les importations. Enfin, la troisième étape est l’aboutissement de la stratégie qui se caractérise par une augmentation des exportations correspondant à une hausse de la production nationale. Cette stratégie s’est effectuée dans le cadre du protectionnisme éducateur du XIXème siècle puis s’est complétée par une 4ème phase : la production à l’extérieur, notamment à partir de la seconde Endaka (1985).

L’économie japonaise se caractérise aussi par la grande part occupée par la recherche et développement (R&D) qui représente environ 3% du PIB, offrant ainsi des possibilités d’exploiter les domaines de l’information, des sciences du vivant ou des biotechnologies. L’économie s’est ainsi considérablement tertiarisée avec la progression tant qualitative que quantitative des services de transport, de la finance ou de l’ingénierie à partir des années 1980.

La fin des années 1980 a été surnommée « veille japonaise », veille à la fois technologique et commerciale qui se fait essentiellement par la recherche d’information (espionnage). Le Japon est à l’affut de la demande et du moindre débouché. Ses principaux partenaires sont les Dragons (Hong-Kong, Taïwan) qui sont les premiers à suivre la stratégie d’oies sauvages, puis la Corée du Sud et Singapour qui obtient son indépendance dans les années 60. Les Tigres prennent le relais (Thaïlande, Malaisie, Philippines). Le Japon s’impose comme le leader de l’économie régionale en aidant d’abord les pays non-communistes. Cependant les mauvais souvenirs du militarisme japonais causent des réticences à cette aide comme en Corée. Il est important de noter que le décollage de ces pays n’est pas essentiellement du à l’aide japonaise mais surtout à celle plus massive des Américains.

Le Japon organise une division régionale de son économie : les Dragons servent surtout aux délocalisations alors que les Tigres servent à l’approvisionnement. Cependant, le retour du Japon en Asie Orientale s’opère de manière progressive et prudente. L’Asie absorbe 30% des exportations japonaises alors que l’Europe est à la traine notamment à cause de la construction de l’Union et à la méfiance japonaise.

Les IDE japonais sont tardifs et marginaux jusqu’en 1980 mais augmentent à partir de 1985. L’Asie n’est pas la destination prioritaire : elle est devancée par les Etats-Unis et l’Europe. Les investissements en Asie sont surtout industriels (manufacturiers) alors que les autres pays des la Triade rassemblent des IDE majoritairement tertiaires. L’Asie devient une destination plus intéressante dans les années 80, mis à part durant la crise.

Les autres partenaires non-négligeables sont l’Amérique latine pour les ressources, les maquiladoras et l’immigration ou l’Australie grâce au niveau de consommation australien.

Le rôle de l’Etat : des politiques économiques spécifiques.
Durant la Haute Croissance
Selon la phrase d’Ikeda, 1er ministre de 1960 à 1964, « le gouvernement est le pilote et le Zaikai la boussole ». En effet, depuis Meiji, l’Etat est très actif depuis Meiji. C’est un Etat planificateur qui connaît son apogée pendant la Haute Croissance se caractérisant par une planification souple, globale, conçue par des spécialistes mais qui reste sous le contrôle du MITI en parallèle à ses « visions » sur de longues durées.

Avant l’entrée au GATT en 1955, les lois de 1949 (contrôle des changes) et 1950 (contrôle des IDE) caractérise une politique protectrice. Lors de l’entrée au GATT, les clauses spéciales telles que la clause de sauvegarde contribuent à ouvrir l’économie.

L’Etat utilise alors l’arme budgétaire et monétaire pour peser sur la croissance (polissymix). Pendant la Haute Croissance, l’Etat contrôle les bourses, assurent des taux de changes avantageux, facilitant ainsi le crédit bancaire. Les dépenses sont également non-négligeable, mais l’arme budgétaire ne doit pas être utilisée de façon anarchique, l’équilibre budgétaire a été respecté jusqu’en 1955, caractérisant la période de Haute Croissance.

Depuis 1973, les dépenses ont augmenté notamment dans les infrastructures et le logement, entraînant un « boom » du BTP (20%). La participation de l’Etat Providence est elle aussi importante (17%) ainsi que les dépense d’éducation (10%) loin devant celles de défense (6.5%). L’investissement productif au Japon était à la base essentiellement assuré par l’Etat (40%) avant de retomber à 10% en 1972.

Durant les chocs.
Durant la période de crise, la planification se révèle beaucoup moins efficace, le MITI étant à la fois plus sollicité et plus critiqué. Le Tokyo Round, de 1973 à 1979, entraîne une baisse des tarifs douaniers mais a maintenu des pics tarifaires sur certains produits stratégiques, notamment le riz afin de protéger les agriculteurs.

Cependant, le Japon a du mal à organiser le commerce du détail, principalement à cause du problème de la langue pour les notices. Il est considéré comme un protectionniste excessif par ses partenaires : l’Uruguay Round (86-94) entraîne des concessions sur le riz, marquant le début de l’ouverture du marché.

Le Japon est un des rare pays ayant réussi à diminuer la quantité d’énergie utilisée dans l’industrie telle que l’automobile ou la construction navale. L’apparition de véritables politiques économiques justifie l’abandon des « canards boiteux » et la remise à flot de la sidérurgie et de la construction navale. C’est une politique ciblée et sévère, mettant l’accent sur l’innovation et la R&D. C’est un effort concerté à la fois par les entreprises, les universités et l’Etat.

Le Japon a peiné à prendre le tournant libéral, notamment sous les pressions de M. Thatcher et R. Reagan. De 1983 à 1987, on assiste à de nombreuses privatisations (surtout dans les services), déréglementations et libéralisations. Ces années se caractérisent aussi par une tentative de baisse de l’intervention de l’Etat suite aux nombreuses utilisations de déficit budgétaire, l’équilibre n’étant retrouvé qu’en 1990 avant d’être remis en cause par l’éclatement de la bulle.

De la fin des années 70 au début des années 80, les politiques monétaires de l’Etat se caractérisent par une lutte contre l’inflation, notamment par une hausse des taux directeurs. Les années 80 voient apparaître une politique inverse suite à l’Endaka. L’Etat essaie de relancer la consommation intérieure à partir de 1985 et d’ouvrir le marché sous la pression américaine mais sans qu’on puisse distinguer de libéralisation franche.

L’action gouvernementale est donc complexe, s’étalant sur le long terme, bien qu’on n’ai pas à un échec net, les gouvernement est de plus en plus soumis à la critique notamment suite à son incapacité à faire face à la pression extérieure.

Durant la période de la Bulle et de la dépréciation Heisen.
Le gouvernement est critiqué pour ne pas avoir su maitriser l’économie casino et qui est donc tenu responsable de la dépréciation qui a suivi et de l’incapacité de l’économie d’en sortir. Entre le fin 87 et avril 2001, le Japon a connu 10 1ers ministres, illustrant ainsi son instabilité gouvernementale. L’Etat est accusé par la majorité d’être incapable d’organiser une sortie de crise. Il tente d’utiliser la politique monétaire en baissant les taux jusqu’aux taux planchers (proches de 0). Les politiques budgétaires présentent des plans de relance tous les ans depuis 1992 en injectant de l’argent, accentuant ainsi les déséquilibres budgétaires et l’endettement du pays.

Durant la période récente.
Le gouvernement Koizumi (avril 2001-octobre 2006) se propose de « changer le parti et changer le Japon ». Il organise une réforme des structures, une rénovation et stimulant l’innovation. Le MITI devient le MEITI. La volonté d’accentuer la politique libérale se manifestant par une accélération des privatisations et des libéralisations. La privatisation de la Poste lancée en 2005 devrait s’étaler sur 10 ans.

è Le Japon est donc convalescent sur le plan économique, la croissance étant repartie depuis 2003, mais de façon modeste. Il est sorti de la déflation depuis 2006, connaissant un taux d’inflation de 0.2%, un excédent commercial et une baisse du chômage (4%). L’exposition universelle de 2005 à Tokyo s’est avérée être un succès, consacrant le Japon au rang de 1ère puissance technologique. Cependant, la consommation des ménages demeure hésitante, la dette publique s’élève à 185% du PIB.

Il reste cependant la 2ème puissance économique mondiale, notamment grâce à son extraversion (production à l’étranger).

III – L’ « ENVERS » DE LA PUISSANCE JAPONAISE.

Les problèmes humains.
Le vieillissement : le « péril gris »
A partir de 1998, le Japon commence à connaître un déclin de sa population active. En 2006, les moins de 15 ans représentent 14% de la population contre 20% de plus de 65 ans, alors qu’il accuse un accroissement naturel insuffisant : un taux de natalité de 0.9% et d’un taux de mortalité de 0.8% accompagné d’un taux de fécondité d’un enfant par femme, bien en-dessous des 2.1 nécessaires pour assurer le renouvellement des générations. Les politiques natalistes telles que la création de crèche ne donnent pas encore de résultats visibles. L’immigration n’est cependant pas une solution.

On distingue plusieurs phases : l’immigration plus ou moins forcée nécessitée par l’économie de guerre, celle de l’après-guerre vers le continent américain… Cependant le solde migratoire n’a jamais été très important. En 1951, le Japon adopte une loi d’immigration très restrictive expliquant ainsi le nombre de 2 millions d’étrangers environ, uniquement sur place pour le travail.

Le Japon a cependant passé un accord avec les Philippines pour un envoie de main-d’œuvre spécifique, notamment le personnel hospitalier. Les nationalités les plus présentes sont les Coréens qui représentent 1/3 des étrangers, les Chinois puis les Brésiliens et le Péruviens. Les étrangers originaires d’Amérique Latine sont d’origine japonaise et veulent rentrer dans leur pays d’origine. Leur retour est prioritaire mais ils ont beaucoup de mal à s’intégrer et à adapter leur mode de vie américain.

Le Japon tend à devenir une région d’immigration de transit, notamment vers les Etats-Unis. Il n’est pas un pays d’accueil comme le témoigne son solde migratoire annuel nul.

Le vieillissement de la population contribue aussi à expliquer l’automatisation de la production et les délocalisations. Il conserve un taux d’activité très fort, pouvant s’améliorer que pour les femmes. Une volonté d’améliorer celui des retraités est pourtant présente alors qu’il reste le plus élevé du monde. En 1994, il recule la retraite à 65 ans (55 ou 60 avant) pour tous. Le taux d’activité des hommes de plus de 65 ans est de 30%, seulement 13% pour les femmes. Cette stratégie est un cas extrême mais elle s’insère dans un ensemble plus complexe de solutions, notamment la recherche la plus poussée du monde pour les personnes âgées.

La cohésion sociale.
Les problèmes de cohésion sociale se posent depuis l’ère Meiji. Les Japonais se considèrent comme un peuple homogène dans lequel les inégalités sont moins fortes qu’ailleurs mais ces apparences sont remises en cause au fur et à mesure de l’accroissement de la puissance et de l’ouverture.

Tout d’abord, les premiers problèmes se posent dès l’ouverture Meiji, où l’occidentalisation est fortement différente de la tradition japonaise. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, seules les élites sont en contact de la culture occidentale, puis la masse sous l’occupation américaine et l’entrée dans la consommation de masse dans les années 60/70. Ce changement créé un dualisme social entre la vie privée fidèle à la tradition et la vie publique plus inspirée de la culture occidentale. Il a fallu environ 50 ans pour parvenir à concilier les deux, le problème étant aujourd’hui quasiment résolu.

Le Japon prend progressivement conscient de son hétérogénéité et des discriminations envers les « non-japonais » : les Aïnous (indigènes), les « parias » appelés les Burakumin (habitants des hameaux pratiquant des professions impures, environ 3 millions). La parité homme/femme n’est elle pas encore complètement intégrée.

Cette prise de conscience entraîne des mouvements de contestations durant les années 60/70 féministes, écologistes, ou politiques durant l’année 68 causant une remise en cause de la cohésion sociale.

Depuis les années 80, on assiste à un accroissement des inégalités sociales notamment dues au développement du chômage et à la remise en cause du consensus sociale dans les mentalités. Les hommes et les jeunes sont les plus désorientés, une partie s’étant même marginalisés (les freeters). Le Japon est le second pays du monde pour les suicides et il présente un nombre très important de célibataires.

Les problèmes spatiaux.
Une base territoriale insuffisante.
Le territoire japonais est de taille moyenne, inférieur à celui de la France mais supérieur à celui du Royaume-Unis. Il est cependant morcelé : c’est un archipel de 4 îles principales, montagneux et à risques (volcanisme actifs, séismes et typhons de fin d’été). La seule véritable ressource du Japon est sa production électrique.

On assiste donc à un entassement sur les espaces bas et les littoraux qu’il dépasse grâce à la construction de plateforme artificielle. La densité y est très forte, 338hab/m2, 3 fois plus qu’en France.

Ce territoire présente cependant des atouts : tout d’abord la mer qui est un facteur de richesse notamment grâce à la pêche et l’ouverture, ensuite l’humidité y est toujours suffisante, favorisant ainsi la production agricole.

feniciu.wordpress.com

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