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Le business du montage et de l’écoulement des motos

Du fait de la pression démographique et des distances de plus en plus longues, le besoin de moyens de déplacement s’impose aux Burkinabè. Pour faire face à la demande, chaque année, les entreprises de montage mettent plus de 50 000 engins à deux roues (motos) sur le marché. Ces sociétés ont des procédures particulières.

Une entreprise de montage est une société qui ne fabrique pas d’engins. Elle monte les engins à partir des pièces fabriquées au Burkina Faso ou à l’étranger. En plus de l’assemblage, elle fait des points de soudure, la peinture, l’ « habillage esthétique » et la pose de la marque. A en croire l’étude réalisée en 2008 par Emmanuel Ouédraogo, les premières unités de montage de vélomoteurs ont vu le jour à partir dans les années 1960 au Burkina Faso. Elles étaient dirigées par des européens. Elles approvisionnaient le marché par des importations de produits français et allemands. Il s’agit de la Compagnie Française d’Afrique Occidentale (CFAO) et de la Société Commerciale et Industrielle de la Côte d’Afrique (CICA).

 

A celles-ci, s’est ajouté le Comptoir de l’Automobile, du Matériel Industriel, du Cycle et de l’Outillage (CAMICO) fondé en 1950. Cette entreprise se chargeait du montage de cycles et cyclomoteurs de marque Motobecane En 1963 et 1971, naquirent l’Industrie Voltaïque du Cycle (IVOLCY) et la Société Voltaïque du Crédit Automobile. Elles deviendront respectivement à partir de 1984 la Société Industrielle du Faso (SIFA), avec pour objectif le montage de cycles et cyclomoteurs de marque Peugeot et la Société Burkinabé de Crédit Automobile (SOBCA) avec pour objectif l’octroie des crédits pour l’acquisition des deux roues et des automobiles. SAP-OLYMPIC (Société Africaine de Pneumatique), chargée de la fabrication et de la distribution des pneumatiques pour cycles et cyclomoteurs verra le jour en 1974.

 

Aujourd’hui, il existe plusieurs entreprises de montage de vélomoteurs. Nous nous intéresserons essentiellement à la Société Industrielle du Faso (SIFA), à la Société Industrielle de Montage de Motocyclettes -MEGAMONDE (MEGAMONDE SA), au groupe West African Trading And Manufacturing (WATAM) et au groupe Diffusion Industrielle, Automobile et Commerciale du Faso DIACFA-industrie. Ces entreprises sont spécialisées dans le montage et la commercialisation des cylindrées de 50 Cm3 à 125 Cm3. Elles vivent dans un environnement concurrentiel et sont confrontées à des problèmes économiques et techniques. La concurrence entre ces entreprises repose sur la marque utilisée, le prix et la qualité des engins, les spots publicitaires, le sponsoring, les boutiques de vente et les ventes promotionnelles. La compétition entre ces entreprises a entraîné aussi une baisse du prix des motos, l’apparition d’une diversité d’engins sur le marché, une création d’activités économiques en amont ou en aval du marché des deux roues à moteur.

 

De nos jours la commercialisation des motos est si importante que l’Etat a aménagé des espaces spécifiques pour leur écoulement. A Ouagadougou, on évoquera le cas du marché des cycles ou « théâtre populaire ». Dans ce marché on trouve plusieurs types de vélomoteurs en fonction de la cylindrée ou de la qualité. On y trouve aussi des pièces détachées de vélomoteurs et autres pièces de seconde main pour ceux qui ne disposent pas de revenus financiers importants. A côté de ce marché, on retrouve dans la ville plusieurs points de vente, où les clients peuvent acheter les engins de leur choix.

Facteurs de production

Les pièces d’assemblage des motos sont les matières premières pour les entreprises de montage. Le coût de l’importation de ces pièces est très élevé et occupe une part importante des charges variables pour les différentes entreprises. Les importations vers le Burkina se font en général par voie terrestre. Les pays de transit sont le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire. Les villes de destination quant à elles sont Ouagadougou et Bobo Dioulasso. L’importation par voie aérienne est rarement utilisée car trop coûteuse. Elle est utilisée comme dernier recours pour acheminer les produits ou les pièces détachées dans les délais requis. Les deux roues à moteur sont importées en pièces disséquées en vue d’un assemblage. Les importations englobent tant les pièces des cyclomoteurs de 50 cm3 que celles des vélomoteurs de 125 cm3. Chaque usine importe un type spécifique en fonction de ses besoins. Le montage d’une moto comprend plusieurs étapes.

 

La première consiste à souder et à peindre les différentes pièces métalliques. Cette soudure permettra d’obtenir la béquille centrale. C’est à partir de celle-ci que seront montées les autres pièces de l’engin. La deuxième étape consiste à assembler et à monter le bloc moteur, les pneus et les accessoires esthétiques. Cette étape est importante et requiert une grande précision et une attention particulière. La dernière étape consiste à faire un contrôle du montage ; ceci dans le but de d’assurer que la moto répond aux normes et qu’elle est prête pour usage. Le prix de la moto inclue donc les frais d’achat des pièces, les frais d’importation, les frais de prise en charge du personnel et les taxes douanières. Aujourd’hui, les deux roues se négocient entre 300 000 et 1,5 millions voire plus en fonction de divers critères.

Circuit d’écoulement

Pour les entreprises de montage, il ne s’agit pas seulement de produire, mais aussi et surtout d’arriver à écouler. Après la production, les motos sont donc acheminées vers les agences commerciales où ils seront stockés. L’écoulement se fait par le biais des grossistes (EKAF, EZIF, ENAF,…). Ils s’approvisionnent auprès des agences commerciales pour desservir les petits commerçants. Ces petits commerçants ont une réduction à l’achat des engins et écoulent parfois les produits des grossistes et se présentent en ce moment comme des semi grossistes. Ces commerçants sont aussi en relation avec les entreprises de montage.

 

La vente dans les agences commerciales est assurée par des agents commerciaux des différentes entreprises de montage qui commercialisent leurs produits. Entre les différents niveaux d’écoulement il y a une augmentation progressive du prix. Ces augmentations influent sur le prix de vente et permettent aux grossistes et aux petits commerçants d’obtenir de quoi honorer leurs différentes charges. Ces charges sont entre autres les frais de location de magasins qui varient de 25 000 F CFA à 100 000F CFA, le paiement de taxes et des factures, le salaire des ouvriers. La distribution à toutes les échelles prend en compte l’octroi de casques, de contrat d’assurances, des gadgets, etc.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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