Connecte-toi avec nous

International

   |

L’arrestation d’une dirigeante de Huawei ravive les tensions entre Pékin et Washington

Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms et fille de son fondateur, a été arrêtée au Canada, à la demande des Etats-Unis.

C’est un coup de tonnerre pour Huawei et la perspective d’un regain de tension entre Pékin et Washington. Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms et fille de son fondateur Reng Zhengfei, a été arrêtée au Canada, à la demande des Etats-Unis qui souhaitent son extradition.

L’arrestation a été annoncée ce matin par la justice canadienne mais remonte à samedi dernier lors d’une escale de Meng Wanzhou à l’aéroport de Vancouver. Le même jour, Donald Trump et Xi Jinping se rencontraient en marge du G20 de Buenos Aires et concluaient une trêve commerciale de trois mois , le temps d’ouvrir de nouvelles négociations.

Vives protestations de Pékin

Déjà jugée fragile aux yeux de la plupart des observateurs, cette trêve l’est encore un peu plus avec la révélation de cette affaire. Réagissant très rapidement, la Chine a « protesté avec force » contre cette arrestation et demandé, par la voix de son ambassade au Canada, la libération immédiate de sa ressortissante « n’ayant violé aucune loi américaine ni canadienne ». Un peu plus tard dans la journée, c’était au tour du ministère chinois des Affaires étrangères à Pékin de demander des clarifications « au plus vite » ainsi que la liberté « immédiate » de Meng Wanzhou.

« La compagnie a reçu très peu d’informations en ce qui concerne les accusations et n’est pas au courant d’un quelconque méfait de la part de Madame Meng », a sobrement réagi Huawei. Une audition pour sa remise en liberté conditionnelle doit avoir lieu demain.

Précédent de ZTE

La justice canadienne n’a pas précisé les motifs de l’arrestation de Meng Wanzhou mais Washington la soupçonnerait d’avoir violé les sanctions américaines contre l’Iran, selon plusieurs médias. Le « Wall Street Journal » avait révélé en avril que la justice américaine enquêtait sur Huawei depuis au moins 2016, suspectant l’équipementier chinois d’avoir livré du matériel américain au principal opérateur télécoms iranien en dépit de l’embargo.

Cette affaire n’est pas sans rappeler celles de ZTE au printemps dernier, le deuxième équipementier télécoms chinois, également accusé d’avoir violé l’embargo américain sur l’Iran. Les Etats-Unis lui avaient alors coupé l’accès aux composants américains, mettant la survie de l’entreprise en jeu. Il avait fallu l’intervention de Xi Jinping auprès de Donald Trump pour qu’un « deal » soit finalement conclu, ZTE écopant d’une amende d’un milliard d’euros et d’une surveillance renforcée de son activité par les Etats-Unis.

Dans le collimateur

Avec Huawei, la justice américaine s’attaque à une entreprise encore plus importante et stratégique aux yeux de Pékin. Premier équipementier de réseaux mobiles selon le cabinet Dell’Oro, Huawei est aussi le deuxième fabricant mondial des smartphones.

« Les couteaux sont ressortis dans la guerre technologique entre Washington et Pékin, estime David Baverez, investisseur français basé à Hong-Kong et auteur de « Paris-Pékin express ». Huawei est au coeur de cette bataille, Pékin s’appuyant énormément sur cette entreprise pour imposer des normes chinoises dans la 5G ».

Huawei était déjà dans le collimateur de Washington, suspecté d’espionnage pour le compte de Pékin. Une méfiance alimentée par le fait que le fondateur du groupe, Ren Zhengfei, est un ancien officier de l’Armée populaire de libération. Washington a instamment demandé aux opérateurs télécoms américain de ne pas utiliser les équipements de Huawei et fait pression sur ses partenaires pour en faire autant. L’Australie , la Nouvelle-Zélande et, hier, la Grande-Bretagne ont décidé d’exclure Huawei pour la construction de leur réseau télécoms 5G.

lesechos.fr

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.