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La chute des cours du pétrole se poursuit

Les marchés hésitaient hier à poursuivre la glissade des prix du pétrole après la décision de l’Opep de ne pas réduire sa production, choix imposé au cartel par ses puissants membres pour contrer l’expansion du pétrole de schiste, mais qui a des effets secondaires profonds.

Après une forte baisse sur les marchés jeudi après-midi, dans la foulée de la décision de l’Opep, le baril tentait de se stabiliser hier à Londres et New York, où peu d’opérateurs étaient présents.
Face à des prix sans cesse en repli, certains pays de l’Opep demandaient au cartel de réduire sa production pour faire remonter les cours, en vain.
Les pétromonarchies du Golfe, qui ont le plus de marge de manœuvre financière au sein du cartel, ont dit non. Avec une idée bien précise : endurer des prix bas le temps d’enrayer l’essor du pétrole de schiste, plus cher à produire.
« C’est la victoire de la coalition des pays du Conseil de coopération du Golfe menée par l’Arabie saoudite et le Koweït », explique à l’AFP Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque à Paris.
« Ils ont largement les réserves de change suffisantes pour supporter un baril bas », selon lui.
Par ricochet, cela permet aussi à l’organisation de maintenir sa part de marché, qui se faisait grignoter ces derniers temps par d’autres pays, comme les États-Unis ou la Russie.
« Aujourd’hui, il y a beaucoup de concurrents, et l’Opep pompe seulement 30 % de la production mondiale, a déclaré le ministre koweïtien, Ali Omair. Il était inévitable de prendre la bonne décision de ne pas réduire la production car une réduction peut être compensée par d’autres. »

L’aérien rit, le pétrolier pleure
Si l’analyste de Saxo pense que les prix vont reculer avant de remonter un peu et se stabiliser, ceux de CM-Cic Securities jugent que « la chute du prix devrait donc se poursuivre au cours des prochains mois, ce qui aura des conséquences fortes sur l’économie mondiale ».
C’est « une très bonne nouvelle pour les économies occidentales d’avoir des prix du pétrole qui baissent. Cela génère potentiellement beaucoup plus de pouvoir d’achat que n’importe quelle mesure prise par un gouvernement », analyse pour l’AFP Régis Bégué, directeur de la gestion Actions de Lazard Frères Gestion.
Vu le rôle essentiel du pétrole dans la vie économique, l’inscription dans la durée d’une énergie bon marché provoque des secousses dans toutes les sphères économiques.
En Bourse, les groupes pétroliers ou parapétroliers se faisaient laminer hier, tandis que les compagnies aériennes, grosses consommatrices, décollaient.

Le Venezuela « vraie victime »
Surtout, certains autres pays producteurs, plus exposés, vont vivre douloureusement cette décision de Vienne.
« La vraie victime, aujourd’hui, c’est le Venezuela », estime M. Dembik. Un pays dont les finances sont en piteux état, même si un certain flou règne autour des statistiques publiées par Caracas.
Régulièrement, la crainte d’un défaut de paiement est avancée par certains commentateurs, mais le ministre des Affaires étrangères Rafael Ramirez a assuré que le budget était « bâti avec un baril à 60 dollars, et nous sommes prêts à faire face ».
En zone euro, la nouvelle n’est pas très bonne dans l’immédiat puisqu’une baisse du brut va contribuer à accentuer les pressions déflationnistes, alors que l’inflation n’a été que de 0,3 % en novembre.
Mais les effets réels et durables restent inconnus. « On est entré dans un nouveau paradigme, estime M. Dembik. Les conséquences de court terme ne permettent pas d’avoir une vision de long terme. »

lorientlejour.com

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