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La chronique de Robin Cornet

Les politiques d’austérité imposées par le Fond Monétaire international seraient en partie responsables de la propagation de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest.

Est-ce le revers des remèdes du FMI ?

Des chercheurs britanniques l’affirment dans la revue scientifique The Lancet : la rigueur budgétaire imposée aux pays africains a bloqué les investissements dans les soins médicaux. Les directives économiques du Fond monétaire ont mis à mal leurs systèmes de santé dans les pays aujourd’hui confrontés à l’épidémie Ebola. Résultat : un nombre d’hôpitaux et de médecins par habitant effrayant. Une désorganisation et un manque de moyens qui ont favorisé la propagation de la maladie. Libéria, Sierra Leone, Guinée… Les chercheurs de Cambridge, Oxford et de l’Ecole de médecine tropicale de Londres ont passé en revue les conditions imposées par le FMI à ces trois pays pour l’obtention de prêts entre 1990 et 2014. Selon eux, les trois pays confrontés aux exigences du FMI  » n’ont pas pu augmenter leurs dépenses sociales, malgré des besoins pressants dans le domaine de la santé « . D’autres services publics de base ont aussi été affectés. Les investissements dans l’éducation ont dû être limités.

Le Fond Monétaire international réfute l’accusation, assurant ne pas donner de consignes spécifiques dans le domaine des soins de santé. Dans certains pays d’Afrique, la santé représente pourtant moins de 5% du budget de l’état. Les ONG avaient pourtant tiré la sonnette d’alarme il y a longtemps, mettant en garde contre les coupes budgétaires et licenciements dans la fonction publique décidés pour répondre aux attentes du FMI ou de la Banque Mondiale.

Aujourd’hui, ces institutions apportent une aide aux pays concernés. Une aide en partie sous forme de prêts. Or, le poids de la dette empêche déjà ces pays d’investir dans des systèmes de santé pourtant délabrés. C’est aux pays d’Europe victimes de la crise, à la Grèce en particulier, que des plans de réduction des dépenses publiques sont imposés. Il y a un an, le Chef économiste du FMI admettait que l’austérité avait plutôt aggravé la situation de la Grèce plutôt que de l’améliorer. La stratégie – ou la doctrine – n’est cependant pas remise en cause.

rtbf.be

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