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Krach de la Bourse suisse : clôture à -8,67% après un passage à -13% en séance

Le Swiss Market Index (SMI), principal indice de la Bourse suisse, a enregistré jeudi 15 janvier l’une des plus fortes chutes de son histoire en une seule séance. En cause : l’annonce inattendue de la Banque Nationale Suisse (BNS) de supprimer son plancher de parité à 1.20 CHF pour 1 EUR.

La Bourse suisse n’est pas habituée à être la source d’inquiétudes des marchés. Surtout, l’indice SMI n’est pas habitué à perdre jusqu’à 13,6% de sa valeur en cours de séance. Jeudi 15 janvier, après une extrême volatilité des échanges, l’indice suisse a finalement clôturé en baisse de 8,67%.

Brutale revalorisation du franc suisse

La Banque Nationale Suisse (BNS) a surpris tout le monde jeudi matin en annonçant de manière inattendue la fin d’une mesure appliquée depuis 3 ans, fixant une parité minimale de 1.20 franc suisse (CHF) pour 1 euro. Cette décision avait été prise fin 2011 pour éviter au franc suisse, considéré comme une monnaie-refuge en temps de crise, de devenir trop valorisé face à la monnaie européenne qui suscitait une certaine défiance en pleine crise de l’euro-zone.

La suppression de cette mesure survient alors que l’euro se dévalue de manière significative depuis plusieurs mois face aux autres monnaies, en particulier face au dollar. Or, les fondamentaux de la monnaie suisse poussent plutôt à une revalorisation de la monnaie face au dollar. La parité bloquée avec l’euro devenait ainsi difficilement tenable, d’où son abandon jeudi 15 janvier.

Conséquence immédiate : la parité entre le franc suisse et l’euro s’est brutalement réajustée en quelques minutes, après avoir été retenue artificiellement pendant 3 ans. Le franc suisse s’appréciait ainsi de plus de 15% face à l’euro en cours de séance, avec une volatilité record, la parité se stabilisant finalement vers 1.03 à 1.04 CHF pour 1 EUR au cours de l’après-midi.

Chute de la Bourse

Du côté des actions, le mouvement était inverse. Le franc suisse trop fort pourrait pénaliser lourdement les résultats des entreprises du pays, souvent très mondialisées et donc dépendantes de la vitalité de leurs exportations. Or, celles-ci pâtiraient d’un franc suisse trop fort.

Alimenté par l’effet de panique et la spéculation, l’indice SMI de la Bourse suisse plongeait de manière quasi-ininterrompue en matinée, atteignant -13,6% à 12h30 après de précédents planchers déjà inquiétants à -6% vers 10h50 et -8% vers 12h. Avant l’annonce, l’indice suisse était encore en hausse paisible de 0,85%.

Après 12h30, l’indice se reprenait légèrement après avoir atteint son point bas, clôturant finalement la séance en baisse de 8,67%.

Flash krach sur les indices européens

Du côté des autres marchés européens, les indices nationaux ont connu un « flash krach » à 10h50 précisément, juste au moment où l’annonce de la BNS survenait. Le CAC40, en hausse en matinée, passait à -2% en quelques minutes, les investisseurs paniquant soudainement vis-à-vis de l’impact potentiel de la nouvelle.

Pour autant, seulement quelques minutes plus tard, dès 11h15, les achats à bon compte faisaient revenir l’indice parisien dans le vert. Dans la suite de l’après-midi, le CAC40 semblait clairement remis du choc et accentuait même fortement sa hausse, jusqu’à clôturer à +2,37% à 17h35.

Lafarge, exposée à sa fusion avec le suisse Holcim, est passée momentanément par une baisse de 6% en séance avant de se reprendre fortement par la suite.

« C’est une sorte de tsunami »

Interrogé par Boursorama sur l’événement, Xavier de Villepion, vendeur d’actions chez HPC, remarquait : « la brutalité de l’annonce a pris tout le monde de revers ». « C’est une sorte de tsunami ». Surtout, « l’attitude de prévention a été inexistante », soulignait-il au sujet de la décision de la Banque Nationale Suisse, alors que la BCE et la Fed sont a contrario extrêmement prudentes dans leurs annonces avant de prendre des décisions d’une telle ampleur pour les marchés.

Xavier de Villepion ajoutait que le sursaut de la monnaie suisse face aux autres devises serait très pénalisant pour le secteur du luxe suisse ainsi que pour des entreprises comme Nestlé ou Roche, grandes exportatrices, dont le chiffre d’affaire sera lourdement pénalisé par un franc suisse ayant pris 15% face à l’euro.

Euro franc suisse

Xavier Bargue
boursorama.com

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