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Jeux de hasard : Dans l’univers du PMUB

Loto, Pmub, casino, … les Burkinabè sont de plus en plus friands des jeux de hasard. Au fil des années, les lieux de jeux où se parie de l’argent se multiplient dans les quartiers, séduisant adultes et jeunes. Nous nous intéressons particulièrement au PMUB, le pari mutuel urbain burkinabè.

Chaque jour, des milliers de Burkinabè se ruent sur les kiosques PMUB ou les espaces courses en direct de la loterie nationale burkinabè (LONAB) pour parier sur des courses hippiques se déroulant à Longchamp, Deauville, Auteuil,… en France à travers « tiercé », « quarté », « quinté », « couplé »,… Les différentes couches sociales se retrouvent dans les rangs (Travailleurs, retraités, chômeurs,…) Chacun espère décrocher le jackpot un jour. Des jeunes misent tout : argent de poche, frais de scolarité, frais médicaux,… Certains adultes sont tellement touchés qu’ils jouent même leur salaire mensuel. « Je connais le cas d’une dame qui met la moitié de l’argent de ration reçu de son époux dans les paris. D’autres vont jusqu’à miser l’argent des fournitures scolaires de leur progéniture dans des paris ». Propos de Marc Antoine fonctionnaire retraité. Mamadou, lui parle de sa passion comme d’une dépendance. « Une fois que t’as plongé là-dedans, c’est très dur d’en sortir ».

Le Pari mutuel urbain (PMU) français est présent dans quatorze pays africains. (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centre Afrique, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Le concept a été exporté dans les années 80 sur le continent noir. Qu’ils soient privés ou filiales des loteries nationales d’Etat, les PMU africains achètent à Paris les images des courses et les données (poids des jockeys, couleur des casaques, performances des chevaux) qui leur permettent de prendre les paris. L’institution française se charge de la formation des loteries étrangères: utilisation des machines servant à la prise de paris, redistribution des gains. Ensuite, elle facture les pronostics, les performances et les images télé nécessaires aux parieurs. Chaque pays parie sur une ou plusieurs courses par semaine. Résultat des mises: des milliards de FCFA sont reversés au PMU français. Dépendantes du PMU français à plus de 90 % en moyenne, les loteries africaines en représentent 10 % du chiffre d’affaires international.

Les courses se déroulent à des milliers de kilomètres de Ouagadougou. La veille, le journal hippique est déjà disponible. Les chevaux sélectionnés sont décrits dans un jargon de connaisseurs : « coup sûr », « course visée », « outsider séduisant » ou « capable d’exploit ». Il faut maîtriser les codes pour dégager de ces éléments une hiérarchie possible, un ordre d’arrivée probant. Au PMU burkinabé, il n’est possible de parier qu’une seule fois par jour. Les parieurs ont jusqu’à midi pour venir enregistrer leur choix. Au delà de 100 000 francs CFA de gains, les parieurs chanceux sont invités à aller chercher leur argent au siège de la Lonab. Une façon d’éviter que les caissières ne soient trop exposées, avec des liquidités importantes.

Le PMUB suscite toujours de l’ambivalence. A une époque, Rasmané, un Burkinabé de 30 ans, a beaucoup parié. Aujourd’hui, ce jeu ne l’intéresse plus. Il n’a jamais gagné le moindre sou. L’autre raison qu’il invoque est tout aussi valable. « Je ne veux pas devenir dépendant et dépenser tout mon argent aux courses. Imaginez que certains vont même jusqu’à hypothéquer leurs biens pour jouer ! ». Qu’à cela ne tienne, l’engouement pour le PMU’B ne cesse de croître au Burkina Faso.

Le 04 décembre 2015, la LONAB a même célébré les 25 ans du PMUB qui occupe à ce jour 80% du chiffre d’affaires global de la Nationale des jeux de hasard. La contribution de la LONAB au budget de l’Etat s’élève à près de 12 milliards de FCFA en 2014.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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