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Ismaël Konaté, administrateur général de Speedtech Energy : «Une agence de contrôle des produits solaires a été mise en place»

La société taïwanaise Speedtech Energy S.A./Burkina Faso est installée au Burkina Faso depuis 2010. Elle était à sa deuxième participation au Salon international de l’environnement et des énergies renouvelables de Ouagadougou (SIERO) du 5 au 7 mai 2017. Son administrateur depuis 2012, le Burkinabè Ismaël Konaté, titulaire d’un Master II en finances, audit et comptabilité, dans cette interview, nous situe sur la participation de l’entreprise à ce salon 
et sur d’autres défis à relever dans le secteur de l’énergie solaire.
Sidwaya (S.) : Monsieur Konaté, l’entreprise Speedtech Energy dont vous êtes l’administrateur général, est spécialisée dans le domaine de l’énergie solaire. Dites-nous concrètement ce que vous faites ?


Ismaël Konaté (I. K.) : Nous sommes effectivement spécialistes de l’énergie solaire. Tous nos produits solaires sont fabriqués dans nos usines à Taïwan. A Ouagadougou, nous avons une unité industrielle d’assemblage de panneaux solaires, d’équipements de maintenance, d’entretien et de vérification des matériels solaires. En plus des panneaux solaires, nous disposons de radios, des ampoules économiques de type LED et de lampes solaires. Ces appareils utilisent 100% d’énergie solaire pour leur fonctionnement.
S. : En tant que sponsor, vous avez participé au 6ème Salon international de l’environnement et des énergies renouvelables de Ouagadougou (SIERO) du 5 au 7 mai 2017. Qu’est-ce qui a motivé votre participation ?

I. K. : D’abord, je dirai que le SIERO est une belle occasion offerte aux acteurs du domaine de l’énergie solaire pour mieux se faire connaître. Comme c’est un évènement assimilé à la semaine de l’énergie solaire initiée par le ministère de l’Energie, je pense que l’idée est très louable et les entreprises ont intérêt à saisir cette opportunité pour y participer. Nous étions à notre deuxième participation après celle de 2016 où nous étions un simple exposant. Cette année, nous avons voulu participer en tant que sponsor pour plus de visibilité, pour faire connaître Speedtech Energy qui est implantée au Burkina Faso depuis 2010 mais qui est peu connue. Il s’est agi également de relever le défi énergétique au Burkina Faso.
 S. : En parlant de simple exposant, l’on pourrait penser qu’il y a des normes pour passer de simple exposant à un sponsor.

I. K. : Il n’y a pas de normes. En 2016, nous étions un simple exposant parce que le SIERO nous avait lancé juste un mois avant le déroulement de l’évènement. Donc, nous avions seulement pris un stand qui coûtait 250 000 FCFA. Pour l’édition passée, nous nous sommes préparés et nous avons fait venir spécialement un technicien de Taïwan pour la promotion des différents produits que nous avons présentés.
S. : Justement, quels sont les produits spécifiques que vous avez exposés lors de la 6ème édition du SIERO ?  

I. K. : Nous avons présenté à la 6ème édition du SIERO, ce que nous savons mieux faire. Il s’agit de nouveaux produits solaires comme les ampoules et les tubes LED que nous commercialisons au Burkina Faso. Il y avait également des lampes, des modules, des ventilateurs solaires et un kit solaire complet à usage domestique. Ce sont des produits assez pratiques, pas très volumineux ni compliqués à manipuler. Pour une bonne utilisation de ces produits par le consommateur, nous avons des notices.
S. : Les acteurs à cette 6ème édition du SIERO ont réfléchi au thème central suivant : «Collectivités territoriales et changement climatique». Quels ont été les renseignements tirés ?

I. K. : En mémoire, nous avons travaillé en 2011 avec la mairie de Komtoèga en aidant le maire à faire de l’éclairage public pour un marché de nuit. Nous y avons implanté 6 lampadaires solaires autour du marché. Je pense que les collectivités territoriales à travers cette opportunité peuvent tirer profit pour  développer leurs activités économiques et dynamiser la population.
S. : Qu’est-ce que vous avez apporté comme innovation au SIERO passé ? 

I. K. : Ce sont les nouveaux produits que j’ai tantôt cités. C’est surtout le ventilateur solaire autonome de 24 heures que nous avons tenu à présenter au SIERO. Je profite dire qu’il y a une ampoule solaire de 12w que nous sommes en train d’expérimenter et qui est très économique avec un rendement optimal.
S. : Que pensez-vous de l’attitude des organisateurs de ce 6ème SIERO à votre endroit ? Je veux parler du ministère de l’Energie et des partenaires tels que l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et le Programme d’investissement forestier (PIF).

I. K. : Pour ma part, je pense que le ministère de l’Energie fait de son mieux pour la promotion de l’Energie solaire. D’une manière ou d’une autre, c’est aussi un accompagnement au profit des sociétés œuvrant dans le domaine du solaire qui peuvent être également sollicitées.
S. : Que dire du coût des produits solaires et d’installation?

I. K. : Les coûts sont très relatifs. Dans le domaine de l’énergie solaire, c’est la technologie qui détermine le coût. Au départ, un module solaire de 250w coûtait extrêmement cher par rapport à maintenant (NDLR, 2017) où on peut l’avoir à 140 000 FCFA. L’énergie solaire est accessible à tous mais il y a effectivement un coût à supporter.
S. : Pour avoir des équipements de bonne facture, il faut aussi mettre l’accent sur leur homologation. Qu’est-ce qui a été décidé dans ce sens lors du 6ème SIERO?

I. K. : Ce que je puis vous dire, c’est que le ministère de l’Energie aurait mis en place une agence chargée de contrôler les matériels solaires. Nous en avons réellement besoin pour plus d’efficacité. Toutefois, nous sommes en train de nous organiser en tant qu’acteurs dans le secteur du solaire pour présenter de très bons produits. Car, il faudra définir très sincèrement ce secteur pour éviter de causer des préjudices aux consommateurs avec des produits qui ne répondent pas aux normes. Il ne s’agit pas d’être un simple revendeur mais il faut être également un technicien du domaine.
S. : L’une des préoccupations majeures est la détaxe des produits solaires au profit des consommateurs, qui doit en principe expirée en fin décembre 2017. Quelles sont vos attentes ?

I. K. : Nous attendons que le gouvernement se prononce là-dessus. Nous espérons que cette détaxe sera prolongée. Je voulais aussi préciser que lorsqu’on parle de détaxe, ceux qui ne comprennent pas pensent que c’est 0 FCFA. Pas du tout. C’est simplement la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui est exonérée, sinon les autres droits de douanes sont en vigueur.
S. : Mais en termes de bilan, que retenir de votre participation au SIERO 2017 ?

I. K. : Notre participation au SIERO 2017 a été très bonne mais je souligne que le public n’a pas été trop au rendez-vous par rapport à l’édition précédente. Néanmoins, nous avons eu des contacts et des partenaires. Des acheteurs professionnels se sont également beaucoup intéressés à nos produits.
S. : Quelles ont été vos réalisations récentes ?

I. K. : Nous avons été les premiers à lancer une centrale solaire de 1.1 MW au Burkina Faso mais ce n’est pas la plus grande puisqu’il y a celle de Zagtouli. Cette centrale solaire inaugurée le 11 mai 2017 est un don de l’ambassade de Chine Taïwan au Burkina Faso au profit de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL). C’est un projet qui a duré 2 ans et a coûté près de 3 millions de dollars US (NDLR, 1 milliard 500 millions de FCFA).  Actuellement, nous avons installé des centrales solaires dans des ministères, à la Présidence du Faso, au Premier ministère, au Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), à l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT). C’est le ministère en charge de l’environnement qui a bénéficié en premier lieu en 2012 de notre projet de centrale à injection solaire. Nous collaborons également depuis 2011 avec le projet «Une lampe pour l’Afrique» où chaque année, il y a des lampes solaires qui sont distribuées à des élèves pour améliorer le taux d’alphabétisation au Burkina Faso et augmenter les rendements scolaires. Pour notre part, nous en avons déjà livrés 200 000.
S. : Quel message avez-vous à l’endroit de vos entreprises homologues ?

I. K. : C’est le sens de l’organisation et du soutien pour fonder une famille solidaire au profit des consommateurs. Quoiqu’on dise, nous ne fabriquons rien. Tout est importé en ce qui concerne les produits solaires. Mais avec l’union, nous pouvons parvenir à mettre en place une unité de fabrication de ces produits.
S. : Et au public ?
I. K. : Je demande au public de faire confiance aux sociétés attitrées sur la place du marché. Par exemple, nous offrons des services après-vente. Car, il ne suffit pas d’installer mais il faut penser à l’entretien du matériel. Je rejoins également le ministre de l’Energie qui encourage le public d’aller vers l’énergie solaire pour faciliter la tâche à la SONABEL.
Interview réalisée par Boukary BONKOUNGOU
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