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Incubateurs : Donner aux jeunes les clés de leur destin

L’entreprise évolue aujourd’hui dans un environnement complexe, avec une concurrence accrue qui s’internationalise du fait de la mondialisation. Elle doit donc avoir connaissance des mouvements des concurrents, des caractéristiques des fournisseurs et de l’évolution des technologies pour pouvoir continuer à évoluer durablement. Ces éléments, qui constituent l’environnement de l’entreprise, sont en constante évolution. Il est donc nécessaire de pouvoir en évaluer les tendances et les indices de changement dans le but d’anticiper et de rester innovant. C’est dans cette dynamique d’innovation continue, que les incubateurs prennent tout leur sens. Certains jeunes burkinabè s’ y lancent. Ils ont besoin d’être accompagnés car dans le contexte actuel, il faut de telles initiatives pour être compétitif au plan national et contribuer à la création de richesses.

Structure d’appui à la création d’entreprises, l’incubateur a pour objectif de transformer une idée innovante en entreprise performante. La principale mission des incubateurs, parfois appelés couveuses ou pépinières d’entreprise, est d’accompagner les créateurs d’entreprise dans leur projet. Acteurs de l’innovation, les incubateurs jouent un rôle essentiel dans la maturation d’un projet innovant. Présents à la fois en amont de la création et au cours de la vie de l’entreprise, ils mettent à disposition des porteurs de projet une multitude de services leur permettant de se lancer dans les meilleures conditions (conseils, partage d’expériences, locaux, ressources matérielles,…) Ils concourent ainsi à la formation d’un écosystème propice à l’émergence et au développement de startups. Ces incubateurs sont différents dans leurs modes de fonctionnement (public-privé, privé, etc.), leurs finalités (transfert de technologies, attractivité, développement économique, retour sur investissement, etc.), leurs secteurs d’intervention (biotech, numérique, robotique, etc.), leurs publics (étudiants, femmes, etc.) et leurs conditions d’admission. Les incubateurs privés peuvent par exemple être à l’initiative d’entrepreneurs, d’investisseurs, d’associations professionnelles, … avec le soutien ou non de partenaires publics et de grandes entreprises. Certains d’entre eux prennent la forme d’accélérateurs. Dans le contexte actuel, caractérisé par une forte transformation digitale de certains secteurs, les grandes entreprises ont également mis en oeuvre des stratégies d’open innovation, notamment en créant leur propre incubateur afin d’attirer des talents et des ressources nouvelles. Les objectifs sont multiples : améliorer l’efficacité commerciale d’un produit, créer une nouvelle offre, favoriser l’émergence d’une culture intrapreneuriale au sein des équipes, etc.

L’expérience du Burkina Faso
Selon le Dr Albert Ouédraogo, spécialiste du management d’entreprises, l’engouement des jeunes pour la création de leur propre entreprise s’accroit, car ils sont de plus en plus frappés par le chômage. En 2015, une enquête réalisée par la Maison de l’Entreprise du Burkina, auprès de 150 porteurs de projets, révélait que 75% des enquêtés avient entre 18 et 35 ans. Selon cette même enquête, la majorité des porteurs de projets sondés soit 79% étaient sans emploi. La création d’entreprises est donc considérée comme l’une des solutions à l’auto-emploi des jeunes. Cependant, bien que porteurs de bonnes initiatives, les jeunes accumulent le plus souvent de nombreux handicaps qui résultent d’un manque d’expérience. Les pépinières et incubateurs d’entreprises pourraient donc être une solution à l’auto-emploi des jeunes. Pour l’année 2015 par exemple, l’incubateur technologique de Bagrépôle qui a réuni une dizaine de jeunes pendant deux mois a permis d’obtenir 11 projets innovants, la création de plus de 50 emplois, 15 incubés opérationnels et la création d’un groupe BagreStartUp. De même, à l’Institut International de l’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2IE), ces plans d’accompagnement ont permis de mettre 3 entreprises en pépinières et 10 en incubation.
L’incubateur La Fabrique s’inscrit aussi dans cette logique d’incitation des jeunes à l’auto-emploi. Implantée à Dassasgho, à Ouagadougou, il a été créé en 2014 par la française Lisa Barutel. Cette jeune chef d’entreprise de 28 ans présente la Fabrique comme « un nouvel incubateur d’entreprises sociales qui aide les jeunes pousses à mûrir et à transformer leurs idées en entreprises innovantes ». La mission de la Fabtrique consiste à identifier les entrepreneurs sociaux à fort potentiel, à les accompagner dans la structuration et la mise en place de leurs projets, et à soutenir le développement des initiatives privées pour résoudre les grands défis sociaux et environnementaux du Burkina Faso et du continent. A ce jour, l’incubateur d’entrepreneurs sociaux compte dans ses rangs cinq start-up d’intérêt général dont Faso Soap, Faso Pro,… spécialisés dans la fabrication du savon et la commercialisation de chenilles.
En décembre 2015, l’Agence de financement et de promotion des Petites et moyennes entreprises (AFP/PME) avait lancé le Projet de création et de mise en place d’un incubateur, de pépinière et d’un hôtel d’entreprises dans le secteur agroalimentaire (PIPHE-SA). Financé par l’Etat burkinabè et accompagné par la Banque africaine de développement, le projet PIPHE-SA est prévu pour durer 5 ans (2014-2018) avec un coût total de 3,322 milliards de F CFA. Ce projet a pour rôle d’accompagner les jeunes et les femmes à mettre en place leurs entreprises.
La relance et le soutien de l’activité économique nécessitent la promotion des petites et moyennes entreprises (PME) qui constituent près de 95% des entreprises du Burkina Faso. Quand on sait que le taux de mortalité des entreprises est assez élevé au Burkina Faso, le recours aux incubateurs semble être une grande opportunité à saisir.

 

Aimé Florentin BATIONO
ecodufaso.com / ecodafrik.com

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