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Groupe Bolloré : Les ennuis judiciaires s’accumulent

Le groupe Bolloré n’en a pas fini avec la justice burkinabè. Après le procès contre l’homme d’affaires et politicien Eddie Komboïgo, c’est le service de communication de SOPAM-SA de Mohamed Sogli qui fait part d’un litige commercial avec le groupe Bolloré qu’il serait en passe de gagner. Depuis ses ennuis avec la justice de notre pays, Vincent Bolloré ne semble pas porter le président du Faso dans son cœur. Mais il devrait s’en prendre aussi à Macron car la justice française aussi lui cherche des poux sur la tête.

Selon un communiqué du service de communication du groupe SOPAM SA, depuis le 14 juin 2021, des comptes bancaires et des biens de filiales du groupe Bolloré ont été saisis au Burkina. Ce sont les sociétés Transport & Logistics Burkina Faso, Burkina Logistics & Minings Services (BLMS) et la Société nationale de transit du Burkina (SNTB). Cette saisie serait la conséquence d’une affaire en justice depuis 2010 concernant le retard accusé par le transport d’un groupe électrogène par la société SAGATRANS appartenant à Bolloré et aux dommages que le colis a eu au cours du transport.

Ce litige commercial, qui dure depuis 2010, aurait enfin abouti à une saisie des comptes du groupe Bolloré dans cinq pays, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal pour espérer le recouvrement de la somme de quatorze milliards six cent vingt-neuf millions trente-six mille quatre cent quatre-vingt-dix-sept (14 629 036 497) F CFA représentant le dédommagement lié aux avaries subies par le groupe électrique pendant son entreposage au port d’Abidjan ainsi qu’au retard accusé dans sa livraison à Ouagadougou.
Si ce montant est acquis, le groupe SOPAM passerait au second acte avec la justice pour réclamer des dommages et intérêts.

Le Burkina Faso commence à être une terre de feu et de combats judiciaires pour le groupe Bolloré. Ce groupe, il faut le rappeler, a déjà perdu un procès au « pays des hommes intègres » contre l’homme d’affaires et chef de file de l’opposition, Eddie Komboïgo, concernant un litige commercial sur la distribution des antennes Canalsat. Bolloré avait dépaysé l’affaire en Côte d’Ivoire, tout en déposant une nouvelle plainte en France cette fois-ci contre M. Komboïgo pour production et usage de faux.

Canalsat Burkina est une filiale de Canalsat Internationnal, elle-même filiale de Vivendi appartenant à Bolloré. L’affaire est en cours à la justice à Abidjan et à Nanterre, en France. SOPAM peut s’attendre à de pareils rebondissements pour sa victoire d’étape. Car le milliardaire en euros Vincent Bolloré est un procédurier, qui utilise la justice pour différer les paiements. Même quand il n’a rien à gagner, le groupe Bolloré va ester en justice contre des journalistes « crève de faim » pour l’exemple, pour faire taire les autres.

La Françafrique en justice

Il faut dire que le groupe Bolloré au Burkina toujours est dans la charrette des suspects dans l’affaire du charbon fin qui est en justice. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la gouvernance du groupe Bolloré est en cause et que son éthique dans les affaires est en jeu dans tous ces soupçons. Vincent Bolloré doit être un charmant monsieur, mais il est l’incarnation de la Françafrique au plan économique.

Après avoir perdu le procès à la Cour d’appel à Ouagadougou contre Prosat, la société d’Eddie Komboïgo, Bolloré aurait reproché au président Roch Marc Christian Kaboré de n’avoir pas protégé ses investissements au Burkina. Dans l’esprit du breton, le chef de l’État burkinabè ne se serait pas immiscé dans le procès pour le protéger. En « attaquant » la présidence du Faso pour ses ennuis judiciaires au Burkina Faso, l’homme d’affaires français montre comment il remporte les marchés en Afrique en agissant sur les locataires des palais présidentiels.

Pour sa manière de faire les affaires au Togo par exemple, il va être obligé de subir un procès en bonne et due forme, selon la décision du tribunal judiciaire de Paris du vendredi 26 février 2021. Il a reconnu les faits et avait décidé de plaider coupable, mais la justice n’a pas voulu de ses aveux qui ne seraient pas publics. La présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, a signifié au grand patron français, demi-dieu de la Françafrique, que les infractions visées, en l’espèce la corruption active d’un agent public étranger et l’abus de confiance, seront jugées devant le tribunal correctionnel dans le cadre d’un procès ordinaire.

Pour les raisons suivantes : « président d’un groupe de réputation mondiale et représentant l’image de la France à l’étranger », les faits reprochés « portent gravement atteinte à l’ordre public économique » car ils ont « porté préjudice à la souveraineté de l’État togolais en altérant le fonctionnement régulier de ses institutions ». La présidente a par ailleurs souligné que les mis en cause avaient également « méconnu le principe fondamental d’égalité de traitement des candidats à la conclusion d’un contrat de marché public ou de délégation de service public », selon le Monde

Pour Bolloré les ennuis judiciaires volent en escadrille comme dirait Jacques Chirac.
C’est une belle et bonne chose que la Françafrique soit mise en accusation devant les tribunaux. Que les grands délinquants mondiaux aux cols blancs soient des justiciables comme les autres ne peut que faire du bien à l’humanité.

Lefaso.net

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