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Fruits et légumes : Plus de 10 milliards par an à l’économie nationale

Depuis les années 1960, la filière horticole s’affirme comme un important secteur de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté. Il créé de nombreux emplois en milieu rural pendant la saison sèche et génère des revenus substantiels pour les jeunes et les femmes qui assurent la commercialisation de l’essentiel de la production. La filière emploie plus de 400 000 personnes et rapporte plus de 10 milliards par an à l’économie nationale, depuis 2002.

En 2004, le cabinet judicome-jexco estimait le potentiel en terres irrigables à plus de 225.000 hectares avec une superficie aménagée de 12.000 hectares. Les superficies utilisées pour les fruits et légumes étaient de 25.000 hectares dont 5.000 hectares pour les cultures maraîchères et 20.000 hectares pour les vergers. Le potentiel de développement est donc très important en particulier au niveau des plaines de Bagré et du Sourou. Les principales zones de production fruitière sont essentiellement localisées dans les régions du sud et du sud-ouest (75% de la production) et du centre et Centre Ouest (20% de la production).

Les fruits et légumes du Burkina sont essentiellement des produits de maraîchage et de vergers. Les principales spéculations sont le haricot vert de contre saison, la tomate, l’oignon et la mangue. Les fruits et légumes de consommation locale (carottes, chou, laitue, papayes, pastèques, oranges, fraises, etc.) sont produits en quantité relativement faible dans les jardins et vergers. La production des fruits et légumes au Burkina est en croissance malgré les fluctuations liées aux aléas climatiques. On note toutefois que la production de tomate (30% de la production maraîchère) est en régression depuis la fermeture de l’unique unité de transformation industrielle, Savana, du pays. En plus de ces fruits domestiques, il existe une variété de fruits sauvages de consommation courante (liane, prunes, jujubes, pain de singe, tamarin, raisin sauvage etc.) dont la cueillette et la vente sont essentiellement réalisée par les femmes en milieu rural. Une part assez importante des fruits et légumes est exportée en frais par fret aérien essentiellement vers l’Europe. L’exportation du haricot vert de contre saison a avoisiné 2400 tonnes en 2000-2001. Cependant, la production exportée s’est effondrée à 1500 tonnes en 2001-2002, suite aux contraintes du fret aérien ainsi qu’aux difficultés d’organisation de la filière. Les mangues fraîches sont exportées par fret aérien, et collectées par des importateurs de pays voisins en bord champ. D’autres fruits et légumes comme la tomate sont également exportés vers les pays voisins. La mangue occupe toujours la première place parmi les cultures fruitières d’exportation. D’autres espèces fruitières dont en particulier la banane et la papaye sont également développées afin d’alimenter les marchés nationaux et régionaux. La production fruitière couvre une superficie de plus de 20.000 ha avec une production d’environ 300.000 tonnes. Les boissons, sirops et confitures fabriqués par les PME sont vendus essentiellement sur le marché local. Comme dans la plupart des pays africains, la demande solvable de ces produits émane principalement des classes aisées des centres urbains. Ces produits sont fortement concurrencés par les préparations et les boissons traditionnelles (bissap, tamarin) fabriquées par les ménages.

Un centre pour optimiser les rendements

Fruits legumes 2Les ONG ont beaucoup contribué ces dernières années à la vulgarisation des technologies artisanales au niveau des ménages à travers les actions de promotion féminine. Les exportations de fruits transformés sont actuellement limitées aux fruits séchés, essentiellement la mangue. Cette activité connaît un grand essor depuis 1990 grâce à l’impulsion du CEAS (Centre écologique Albert Schweitzer) qui apporte un appui technique aux sécheurs.

Pour améliorer ses rendements, le Burkina Faso s’est lancé depuis juillet 2011, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), dans un processus intense de spécialisation dans les filières fruits et légumes. L’ambition, c’est de faire du pays une référence dans la production de l’oignon, de la tomate et de la mangue à travers le Centre national de spécialisation en fruits et légumes (CNS-FL). Les attributions du centre sont d’élaborer et mettre en œuvre des programmes de recherches et de transfert de technologies sur l’oignon, la tomate et la mangue, de renforcer la conformité des priorités nationales sur les fruits et légumes avec celles régionales, de contribuer à l’augmentation de la productivité agricole dans les filières fruits et légumes (mangue, tomate et oignon), de devenir à terme un pole régional d’excellence de recherche sur les fruits et légumes au sein de l’espace CEDEAO.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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