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Florence Sawadogo, une “taxi-woman” parisienne

Florence Sawadogo est conductrice de taxi dans la capitale française qu’elle a découverte en 2002 au bras du père de son enfant. De passage à Paris nous avons rencontré le chemin de cette amazone de Kaya dans les rues de Paris. Itinéraire d’une taxi-woman.

On ne réalise pas, toujours, ses rêves d’enfances. Florence Sawadogo, une jeune burkinabè résident à Paris n’en dira pas le contraire. Toute petite, depuis Kaya sa ville natale dans le Centre-nord du Burkina Faso comme tout enfant, Florence avait un rêve. Devenir une styliste de renom. Mais la vie en a décidé autrement.

Contrainte d’abandonner l’école après l’obtention de son Certificat d’étude primaire, à la suite du décès de son père Florence a appris très tôt à se battre contre les vicissitudes de la vie dans la ville de Kaya.

Aujourd’hui elle est conductrice de Taxi dans la capitale française. Partie dans l’hexagone à peine sortie de l’adolescence (22 ans), pour rejoindre le père de son petit garçon, la jeune kayalaise décroche un boulot sur une base de loisir, au sein de l’équipe de football du Paris saint Germain. Elle travaille alors pour les juniors du club phare de la capitale. Un métier qu’elle va abandonner. Comment est-elle arrivée à être « Taxi women » ? Florence n’est pas la seule femme conductrice de taxi d’origine burkinabè. En plus d’elle, il y a quatre autres amazones burkinabè dont sa tante. Ecoutant les conseils de cette dernière Florence quitte le Paris Saint Germain au profit de la conduite, après avoir passé six mois dans une école de taxi en 2006. Bon an mal an, Florence trace son chemin sur les artères de Paris.

Très professionnelle, de l’avis de son collègue et ami, Djalal Guerroudj, Florence a des qualités. Elle est « courageuse » et apprend « vite et bien ». De locatrice de taxi en 2007 année de son entrée dans le métier, elle possède depuis 2010 son propre véhicule, grâce à un prêt bancaire. Elle loue à son tour son taxi, tous les weekends à un homme. « Je préfère consacrer mes weekends à mon fils qui rentre de son internat », affirme la maman de 37 ans. Les autres jours de la semaine, Florence travaille 13 heures. Ce temps de travail lui permet de tirer son épingle du jeu. Elle gagne, en moyenne, 270 euro (176 985 FCFA) par jour. Ce qui lui permet de rembourser son crédit et de s’occuper de sa famille à Paris et celle au Burkina Faso. Elle a prévu construire un duplex à la cité des forces vive de Kaya pour le 11 décembre prochain qui sera célébré dans la région. C’est une façon, dit-elle, de préparer son retour au bercail qui ne va pas tarder. « Florence est très attachante. Elle dégage une aura qui vous met en confiance lorsque vous la rencontrez pour la première fois. Je trouve d’ailleurs que son seul défaut s’est qu’elle s’occupe beaucoup plus des autres et s’oublie. Il faut qu’elle pense souvent à son bonheur », confie Guerroudj. Avant de poursuivre : « Pour la petite histoire j’avais un problème et j’avais besoin de 1000 euro. J’ai appelé Florence et elle me les a apportés dans les 30 minutes qui ont suivies mon appel ».

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Comment Florence s’est-elle imposée ?

A Paris, il y a environ 17 000 conducteurs de taxis. Le quota genre oblige, les femmes doivent occuper 15% de ce nombre. Dans la conduite Florence a vu des vertes et des pas mures. « Ce qui est intéressant dans notre métier c’est le fait de rencontrer toutes sortes de personnes de milieu différents », confie-t-elle. En même-temps ce n’est pas facile de travailler dans un domaine où les hommes pensent être les maîtres. « Quoi que l’on dise les hommes n’aiment pas que les femmes fassent les mêmes métiers qu’eux. Les hommes retirent souvent les clients surtout quand c’est une bonne course parce que tu es une femme. Mais je ne me laisse pas faire ».

En outre, le racisme a la peau dure dans son milieu. « J’ai pris une fois un client dans la nuit. Il a tenu des propos racistes. J’ai subi toutes les injures du monde. Le problème s’est terminé au tribunal. J’ai porté plainte. Le tribunal m’a donné raison. C’est à cause de ce client que j’ai même arrêté de conduire la nuit. Sur 100 clients il y a peut-être deux ou trois qui ne sont pas gentils », regrette l’amazone de Kaya.

A tous ceux qui veulent tenter l’aventure vers l’Europe, Florence Sawadogo les exhorte à réfléchir par deux fois car les temps sont devenus rudes sur le vieux continent. Pour ceux qui y sont déjà, elle les conseille d’avoir le courage et la volonté de travailler parce que rien n’est gagné d’avance dans les pays occidentaux.

Steven Ozias KIEMTORE | Ouaga-Paris-Ouaga
Sidwaya.bf

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