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FCFA : Un frein au développement de l’Afrique ?

Des intellectuels africains viennent de lancer un pavé dans la mare. Selon eux, le FCFA n’est ni plus ni moins qu’un boulet aux pieds des pays africains. Pour réussir leur décollage économique, ceux-ci devraient simplement s’en déconnecter ? De quelle manière ? Le débat sur la politique monétaire africaine refait surface.

« Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. À qui profite le franc CFA ? ». Tel est le titre de cet ouvrage collectif. Il est codirigé par Kako Nubukpo, économiste, directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation internationale de la francophonie, ancien ministre du Togo, Bruno Tinel, maître de conférences à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, chercheur au Centre d’économie de la sorbonne, Martial Ze Belinga, économiste et sociologue, Demba Moussa Dembélé, économiste, président d’Arcade (Dakar-Sénégal). Leur jugement est sans équivoque : « Le FCFA est une monnaie pour le pire, car la majorité des pays qui l’ont en partage a eu durant ces cinquante dernières années des performances économiques faibles et en dessous de la moyenne africaine. Deuxièmement, le FCFA est une monnaie coloniale dont la finalité principale a toujours été de faciliter l’extraction de surplus économique de l’Afrique vers l’étranger, ce qui explique l’ampleur extraordinaire des transferts de profits et des flux financiers illicites qui continuent de saigner la zone franc. Troisièmement, le FCFA est une monnaie dysfonctionnelle dont la combinaison avec les autres outils de politique économique donne la recette d’un cocktail économique mortifère. Enfin, si le FCFA a pu perdurer malgré son échec manifeste à susciter le développement, c’est parce qu’il est aussi le nom d’un système structuré de répression politique […] De manière générale, les pays de la zone franc ont rarement été capables d’obtenir, sur toute une décennie, un taux de croissance moyen du PIB réel par tête supérieur ou égal à 1 %. Il n’est ainsi pas surprenant de constater que l’appartenance à la zone franc rime avec croissance économique moyenne faible. »

Histoire du FCFA

cfaPour ces économistes, l’arrimage du FCFA à l’Euro n’est que « pur néocolonialisme » d’autant plus que que le Franc CFA signifiait franc des colonies françaises d’Afrique. Il a été créé par le Général de Gaulle le 25 décembre 1945, après la libération de la France de l’occupation nazie, grâce en partie à l’immense sacrifice des soldats africains. A part les Comores, 14 pays africains utilisent le franc Cfa, dont huit (8) en Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) et six (6) en Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée-Equatoriale et Tchad). Au niveau des pays africains, le fonctionnement de la Zone Franc repose sur les institutions que sont la Conférence des chefs d’État, le Conseil des ministres, les Banques centrales et les Comités nationaux de crédit.
. Les accords qui fondent la Zone Franc reposent sur quatre piliers essentiels :
• La parité fixe des taux de change entre les monnaies qui la composent, sans limitation de montant. Les francs Cfa des deux sous-régions africaines (Afrique centrale et Afrique de l’Ouest) ont une parité fixe entre elles et convertibles entre elles.
• La garantie de convertibilité illimitée du Trésor français pour les monnaies émises par les différents instituts d’émission africains de la Zone Franc.
• La liberté de transfert à l’intérieur de la Zone, c’est-à-dire à l’intérieur de chaque sous-région, entre les sous-régions et enfin entre chacune d’elles et la France. Donc, pas de contrôle des changes à l’intérieur de la Zone Franc.
• La centralisation des réserves de change, qui se fait à deux niveaux. Les États centralisent une partie de leurs réserves au niveau de leurs Banques centrales. L’autre partie des réserves est centralisées au niveau du Trésor français. En effet, en contrepartie de la « garantie » de convertibilité illimitée du franc Cfa par la France, les Banques centrales africaines sont tenues de déposer, auprès du Trésor français sur des Compte d’Opérations 50 % de leurs avoirs extérieurs nets.
Le 12 janvier 1994, les pays africains membres de la Zone Franc assistaient impuissants à la dévaluation du franc Cfa. Aujourd’hui, la parité fixe est de 1 euro=655,59 fcfa. En 2012, une rumeur faisait état d’une deuxième dévaluation du FCFA avec une parité passant à 1 euro=1000fcfa le 1er janvier 2012. Finalement, il n’en a rien été.
Qu’à cela ne tienne, les économistes estiment que cette monnaie ne favorise ni l’intégration sous-régionale, ni la croissance économique, encore moins le développement. Ils appellent par conséquent les pays africains à mettre fin à son utilisation et à adopter une monnaie souveraine. Dans cette perspective, ils estiment qu’il convient de soutenir le processus en cours au niveau de la Cedeao, visant à créer une monnaie commune à tous les pays membres, à l’horizon 2020. Reste à savoir si l’Afrique pourra relever le défi.

Aimé Florentin BATIONO
ecodufaso.com / ecodafrik.com

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