Connecte-toi avec nous

Tic & Telecoms

   |

Facebook fait de l’ombre à YouTube sur le marché de la vidéo

L’audience des vidéos sur Facebook a crû de 50 % en quatre mois. La stratégie révèle la vision et la capacité d’adaptation du géant.

Facebook, nouveau concurrent de YouTube ? Le réseau social grignoterait des parts de marché à la plate-forme vidéo de Google. Selon comScore, l’audience sur les vidéos de Facebook aurait même dépassé il y a quelques semaines celle de YouTube sur le PC.
S’il reste globalement numéro deux du marché, Facebook progresse à une vitesse fulgurante : un milliard de vidéos y sont vues tous les mois, et le chiffre a progressé de 50 % entre mars et juillet avec l’intégration d’un nouveau format, l’« autoplay », qui démarre la vidéo automatiquement quand l’utilisateur passe sa souris dessus, que ce soit pour une vidéo créée par un utilisateur ou par un annonceur. Un format censé accrocher l’oeil du lecteur.

La découverte
« La base du produit, c’est la découverte. Les gens ne viennent pas sur Facebook en ayant une idée précise de ce qu’ils veulent voir, explique Fidji Simo, directrice produit vidéo chez Facebook, et Française exilée dans la Silicon Valley. Beaucoup d’utilisateurs reviennent tous les jours et découvrent ainsi du contenu en vidéo. Cette notion de découverte a guidé tous nos développements. »
Facebook a longtemps été prudent sur la vidéo car il recherchait le bon format, dans une démarche visant à placer l’utilisateur au centre de l’expérience. « Nous n’avons lancé le format Autoplay que lorsque nous étions sûr qu’il était bien accepté par les utilisateurs, ajoute Fidji Simo. Notre stratégie publicitaire s’aligne sur notre stratégie consommateurs. »

Montée en puissance
Le réseau social vise ainsi à la fois les particuliers, les créateurs professionnels de contenus et les annonceurs. Et, pour augmenter le temps passé sur le site et séduire davantage d’annonceurs, Facebook incite les médias, les humoristes, les producteurs de cinéma, à mettre leurs contenus en ligne directement sur la plate-forme : la bande-annonce du nouveau Fast&Furious a été vue 100 millions de fois en l’espace de 48 heures (contre 18 millions de vues sur YouTube), une parodie de Star Wars de l’humoriste français Rémi Gaillard plus de 10 millions de fois…
Pour les annonceurs, la force de frappe de la société californienne est gigantesque : elle s’adresse tous les mois à 1,35 milliard d’utilisateurs actifs. Récemment, Perrier a mené une campagne sur le réseau social : celle-ci a touché 6,7 millions de personnes en seulement 24 heures. 25% des Français de 18 à 49 ans y ont été exposés. La publicité a été visionnée 3,3 millions de fois et 1,1 million de personnes l’ont vue en entier. Une illustration de la contraction géographique et temporelle de ces plates-formes multinationales, capables de toucher des audiences très larges, très vite. La montée en puissance de Facebook sur la vidéo pourrait redistribuer certaines cartes dans le secteur.

Logique de l’algorithme
Cette stratégie en dit en tout cas long sur les opportunités que génère le numérique, si l’on est capable de devancer les attentes des clients. Les géants du Net ont mis la technologie au service de cet objectif. Ainsi, sur le sujet de la vidéo, c’est l’algorithme de Facebook qui définit les contenus à faire remonter auprès des utilisateurs, selon leurs goûts, et qui permet de diffuser la « bonne publicité, au bon moment, au bon utilisateur ».
Des ingrédients qui peuvent aussi être utilisés en France, au vu de la qualité des ingénieurs et de son environnement technologique. Encore faut-il favoriser le développement des prochains Facebook dans l’Hexagone, par des écosystèmes appropriés ou encore par une fiscalité incitative pour leur financement.

PIERRE GATTAZ
lesechos.fr

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles