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Face aux réfugiés climatiques, promouvoir la justice climatique

Au moment où les dirigeants du monde entier sont réunis à Paris pour la conférence internationale sur le climat (COP21), intéressons-nous à la problématique des « réfugiés climatiques ». C’est une donnée essentielle à prendre en compte dans la conception des projets et programmes de développement. Ces réfugiés climatiques sont en effet, beaucoup plus nombreux que les réfugiés de guerre !

Le problème des réfugiés climatiques pourrait bien être le défi majeur du XXIème siècle. D’après le rapport annuel Global Estimates du Conseil norvégien pour les réfugiés, 22 millions de personnes ont dû abandonner leur domicile en 2013 à la suite d’une catastrophe naturelle, soit trois fois plus que les personnes déplacées à cause d’un conflit. Sur ces 22 millions, 31% ont été déplacées à cause de désastres hydrologiques (inondations) et 69% à cause de catastrophes météorologiques (tempêtes, ouragans, typhons). L’Afrique n’échappe pas à ce phénomène qui constitue un enjeu contemporain.
L’expression « réfugié climatique » date des années 80. En 1985, un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) désigne par ce vocable, « ceux qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d’une rupture environnementale (d’origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie». Le terme s’applique tout autant à une personne qui doit quitter son domicile en raison d’une catastrophe naturelle soudaine qu’à un individu qui voit son habitat se dégrader progressivement, par la sécheresse par exemple. Si aucune région du monde n’est épargnée, l’Asie reste de loin la plus touchée avec 19 millions de déplacés à cause d’inondations, de tempêtes ou de séismes. La surpopulation et la fréquence des cataclysmes font du continent asiatique le théâtre privilégié de l’exode climatique: entre 2008 et 2013, 80% des réfugiés climatiques venaient d’Asie. Le typhon Haiyan qui s’est déchaîné aux Phillipines en novembre 2013 a battu tous les records, provoquant le déplacement de 4,1 millions de personnes.

Nécessité d’une justice climatique

Durant les six dernières années, les pays où l’on trouve le plus de réfugiés environnementaux sont les Philippines, la Chine, le Pakistan, le Bangladesh, le Nigeria, les Etats-Unis, le Japon. Mais huit des 20 catastrophes les plus graves ont eu lieu en Afrique subsaharienne. Le continent risque à l’avenir d’être de plus en plus touché en raison de la croissance plus forte qu’ailleurs de sa population. La région du Sahel, qui est une bande de terre s’étendant de l’Atlantique à la mer Rouge, est l’une des plus touchées. Cette région est caractérisée par un climat aride, où les précipitations sont anémiques et concentrées durant la saison des pluies. Les populations du Sahel vivent d’une économie de subsistance. Elles sont donc déjà dans un état de précarité. De plus, elles dépendent crucialement de la saison des pluies pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Cependant, cette dernière est de plus en plus irrégulière, les précipitations se faisant rares ou trop fortes, ce qui accentue la détresse des populations locales. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs pour le contrôle des points d’eau et des meilleures terres sont en hausse depuis quelques années; coïncidant ainsi avec la réduction des terres cultivables en raison des changements climatiques. Face à cette situation, il faut renforcer la résilience des populations. Il faut aussi et surtout promouvoir la « justice climatique » par l’application du principe du « pollueur payeur ». La communauté internationale doit donc faire preuve de solidarité envers les pays et populations les plus vulnérables. Sans financements, ces derniers ne pourront pas lutter contre le changement climatique. Les différents Etats doivent s’engager pour une transition vers un monde sobre en carbone, résilient au changement climatique et juste pour tous les habitants de la planète.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe ecodafrik

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