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Exploitation minière au Burkina Faso : L’ORCADE tire la sonnette d’alarme sur le cas de Mogtédo

L’état des projets miniers au Burkina Faso, selon la Chambre des Mines du Burkina, fait ressortir 2 mines en construction, 2 en arrêt, 2 en fin d’exploitation, 6 approuvées et enfin 9 en production. Et la vision du Président du Faso, Roch Marc Christian KABORE, est de faire des mines et des carrières à l’horizon 2026, «Un sous-secteur compétitif et un levier important de développement socio-économique durable du Burkina Faso». C’est dans cette optique que l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) a animé une conférence publique le 3 octobre 2019, pour se pencher sur le cas d’une mine en implantation au Burkina Faso, celle de Bomboré, dans la commune de Mogtédo.

L’exploitation de la mine de Bomboré se fera en carrière à ciel ouvert et son permis d’exploitation couvre une superficie de 25 km2. Le Président Directeur Général (PDG) de Orezone Bomboré SA, Jean Marie André BAYA faisait savoir lors du lancement des travaux de la mine, qu’avec la construction, ce sont quelques 2 400 unités résidentielles qui doivent reloger près de 650 familles, soit plus de 4 100 personnes à réinstaller. Qu’en est-il à ce jour ?

Selon le directeur des programmes de l’ORCADE Jonas Hien, quand on parle d’exploitation minière au Burkina Faso, il faudra aller au-delà des chiffres et poser les vrais problèmes afin de trouver des solutions. Après avoir entretenu l’audience avec un film rapportant les propos des habitants de Mogtédo, place a été faite aux échanges avec les représentants  des parties concernées, à savoir Orezone, les habitants de Mogtédo, majoritairement des femmes, et le ministère en charge des mines et des carrières. Selon les représentants de la commune de Mogtédo, les travaux d’implantation de la mine leur a fait plus de tort que de bien. Cela s’explique par le fait que la population ne semble pas accueillir favorablement le projet. Aussi, elle estime n’avoir pas été impliquée à la base. Aussi, les travaux d’implantation ont occasionné le déplacement des populations et l’exode rural chez les plus jeunes. Toute chose qui nécessite une compensation, qui n’est pas non plus à la hauteur des attentes de la population selon leur dire. La population déplore également l’usage abusif de la force publique, alors qu’elle a été dépourvue de sa source principale de revenus. En effet, la mine a un potentiel de réserves minérales évaluées à 31 tonnes d’or brut minimum, une teneur moyenne de 0,76 grammes par tonnes de minerai et un taux de récupération de 87%. Selon Rasmata Kaboré, ressortissante de la commune de Mogtédo, l’orpaillage était la seule activité qui lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille. Elle ajoute « On nous avait promis une cohabitation pacifique et gagnant-gagnant mais ce n’est pas le cas. Si on ne travaille pas, qu’allons-nous faire. Nous voulons manger ».

Quant au représentant de la mine, il soutient que la société minière Orezone a entrepris des démarches depuis 2011 mais la cohabitation est «Difficile». « Nous avons formé 300 jeunes à différents métiers », a-t-il laissé entendre.

Entre plaintes et complaintes, c’est l’Etat qui est pointé du doigt. La population  lance un appel afin que des solutions soient trouvées le plus tôt possible.

Sombéwendin Micheline Nanéma

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

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