Connecte-toi avec nous

ACTUALITES FINANCIERES: AFRIQUE

   |

EXCLUSIF : Le Président du CAVIE, Guy Gweth à propos des Etats Généraux de l’Intelligence Economique Africaine

Les Etats Généraux de l’Intelligence Economique Africaine (EGIEA) s’ouvrent les 29 et 30 avril 2019 à Dakar au Sénégal. En prélude à cette importante rencontre de l’Etat-major des entreprises et des pouvoirs publics africains, le Président Fondateur du Centre Africain d’Intelligence Economique (CAVIE), Guy Gweth fait l’état des lieux de l’IE en Afrique, les acquis du CAVIE, la spécificité des EGIEA pour le continent dans un entretien accordé à ECODAFRIK.

 

Ecodafrik : Le Centre Africain d’Intelligence Economique (CAVIE) dont vous en êtes le président vient d’enregistrer une centaine de certifiés à ce jour. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Guy Gweth : Franchir la barre des 100 certifiés, c’est à la fois beaucoup et très peu. Beaucoup, parce que nous partons de très loin. Avant le début de nos opérations, l’Afrique comptait à peine une vingtaine d’experts locaux reconnus par la communauté de l’IE et par les entreprises. Ils avaient quasiment tous été formés à l’international et il était impossible de tracer le canevas de leur formation et de répertorier leurs compétences avec précision. Aujourd’hui, il existe une centaine d’acteurs formés aux mêmes méthodes, techniques, outils et surtout dans le même état d’esprit. C’est très peu, parce que 100 acteurs africains, à l’échelle du continent, ce peut être vu comme une poignée d’étoiles dans une nuit noire, mais aussi comme une goutte d’eau dans un océan. C’est vous dire le travail qu’il nous reste et l’enthousiasme qui nous habite, singulièrement sur le terrain des formations longues qui, à l’instar de notre MBA Intelligence économique et marchés africains installé à l’ESG, forment de véritables experts du domaine.

Vous êtes l’un des précurseurs de l’intelligence économique en Afrique. Comment les dirigeants et les managers africains perçoivent-ils l’IE qui aujourd’hui est très indispensable ?

Trois catégories de décideurs se côtoient sous nos yeux. La première et la plus importante est composée de chefs d’entreprises n’ayant jamais ou très rarement entendu parlé d’intelligence économique. Au mieux, ceux-là pensent, quelques fois non sans raison, que c’est encore un de ces concepts abscons, importé par des intellectuels n’ayant jamais créé de richesse, pour occuper l’espace. La seconde catégorie comprend des acteurs relativement sensibilisés à l’intelligence économique, mais qui restent prudents à l’idée de confier leur patrimoine informationnel ou leurs besoins en informations au premier expert venu. Ceux-là doivent être convaincus, non par la propagande mais par l’action continue et des retours d’expérience. La troisième catégorie, la moins fournie hélas est faite d’acteurs totalement engagés dans une démarche d’intelligence économique. C’est le cas du groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) qui a poussé le bouchon jusqu’à signer un partenariat stratégique avec le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique en mars 2019.

Les Etats Généraux de l’Intelligence Economique sont prévus se tenir du 29 au 30 Avril 2019 à Dakar au Sénégal. De quoi sera -t-il question concrètement ?

Les états généraux de l’intelligence économique prévus à Dakar du 29 au 30 avril 2019 sont un instant de gravité pour deux raisons. D’abord parce qu’un groupe d’acteurs non africains tente actuellement d’influencer l’intelligence économique africaine en l’inféodant quelques esprits faibles, comme autrefois dans la douloureuse histoire de notre continent. C’est un peu comme si quelqu’un venait nous aider à le vaincre… La deuxième raison, c’est que les acteurs africains qui prétendent faire de l’intelligence économique y mêlent toute une série de pratiques dans lesquelles il est impérieux de mettre de l’ordre si nous voulons convertir rapidement les pouvoirs publics et les entreprises à notre discipline. Pour ces deux raisons, le CAVIE a trouvé impérieux de réunir les acteurs les plus pertinents, en la matière, aux fins de dresser un état des lieux et de prendre des mesures en vue d’une meilleure lisibilité.

Quelle sera la spécificité des présents Etats Généraux 2019 ?

J’en énoncerai quatre. La première spécificité de ces états généraux, c’est d’exister. Il n’y en a jamais eu dans le champ de l’intelligence économique, ni en Afrique, ni ailleurs. La seconde, c’est qu’ils vont réunir, d’une part, des délégués de plusieurs pays ayant en partage des valeurs, des méthodes et des techniques communes ; et, d’autre part, le monde de l’entreprise et les pouvoirs publics venus exprimer leurs besoins et entendre les réponses de la communauté de l’intelligence économique africaine. La troisième singularité est la « clinique du CAVIE » qui fournira à chaque entreprise participante, l’occasion de bénéficier d’une consultation auprès des experts présents sur tout sujet lié à la veille et à l’intelligence économique. Le quatrième signe distinctif, par rapport à des manifestations tentant de s’en rapprocher, est la présentation de projets concrets à l’instar de la Revue Africaine de Veille et d’Intelligence Economique (RAVIE) dont le premier numéro sera présenté à cette occasion.

Qu’est ce qui est attendu à l’issue de ces rencontres ?

A l’issue de ces travaux, nous sortirons avec une feuille de route, des objectifs précis pour les Etats et les entreprises du continent et un rendez-vous pour évaluer, voire améliorer, les actions menées. La gravité de l’instant est telle qu’il y aura un avant et un après EGIEA.

Le CAVIE fait de la promotion de l’intelligence économique son cheval de bataille. Mais pensez-vous que les entreprises et les Etats africains sont assez solides pour appliquer l’IE ?

Vous savez, le CAVIE n’aurait absolument aucun sens s’il ne constituait une réponse africaine originale et incisive aux questions particulières posées par l’histoire, la structure et l’épaisseur des marchés africains. Que ce soit en termes d’information, de formation, de dispositifs clé en main ou sur mesure, le CAVIE fait tout pour que les Etats, les entreprises et les organisations non gouvernementales africaine soient capables de se battre sur le terrain de la compétition mondiale, lucidement, avec leurs propres moyens et dans le respect de leur identité.

Un mot pour conclure ?

Oui, j’invite les entreprises et les décideurs africains qui le peuvent à nous rejoindre à Dakar les 29 et 30 avril 2019, pour exprimer leurs besoins, tisser des liens qualifiés avec des conseils venus des quatre coins du continents et d’ailleurs ; d’en profiter pour bénéficier de consultations gratuites d’experts de plusieurs pays. J’invite les médias, Ecodafrik en particulier, à venir célébrer avec nous, dans la belle ville de Dakar, cette grand-messe. Car c’est à vous qu’incombe la lourde responsabilité de rapporter la bonne parole au peuple.

La Rédaction

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

 

 

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles