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Etudiants : De petits boulots pour survivre

Confrontés à une situation économique difficile, les étudiants burkinabè sont obligés d’allier petits boulots et études pour joindre les deux bouts.

Photographe, gérant de kiosque, maçon, vigile, commerçant, vendeur de journaux, de cartes téléphoniques, répétiteur de cours à domicile,… Pour subvenir à leurs besoins et pouvoir poursuivre dans une relative sérénité leurs études, les étudiants burkinabè s’adonnent à une panoplie de petits boulots. Compte tenu de cette forte propension d’étudiants qui cumulent étude et travail, il est nécessaire de s’interroger sur les mobiles de leurs actions. De prime abord, le désir d’autonomie est le facteur le plus évoqué. En effet, pour certains étudiants, l’arrivée à l’université constitue une période de transition et de passage à la responsabilité. Cette transition se traduit notamment par un processus d’indépendance et d’autonomisation vis-à-vis des parents. Etudiant en droit à l’Université de Ouagadougou, Ousmane est aussi vigile dans une grande institution de la place. Il nous raconte un bout de son expérience : « Si je ne travaillais pas, j’allais être dans une situation critique. Je n’allais pas pouvoir payer mon loyer et vivre comme il le faut aussi. Je suis quelqu’un qui n’aime pas dépendre des gens. Je veux être autonome. Je préfère vivre de moi même que de vivre sur le dos des gens. A 25 ans, j’estime que ma famille a tout fait pour moi. C’est à mon tour de lui venir en aide en commençant déjà à ne plus compter sur elle pour mes petits besoins ». Cet étudiant met en exergue le rapport entre l’âge et la prise de responsabilité qui se traduit par sa capacité à se prendre en charge.

De nombreux étudiants sont obligés de travailler car issus de famille n’ayant une pas une situation financière solide. « Travailler comme photographe en étant étudiant est formateur pour moi. Cette activité me permet d’évoluer et de faire ce que je veux, d’acheter ce que je veux. C’est moi même qui me prends en charge. » Témoignage d’Harouna étudiant en 2è année de sociologie de l’UO. Son camarade de Classe Wilfried travaille comme ouvrier sur un chantier à Saaba. Cette activité lui permet, selon ses dires, d’avoir 4000 FCFA par jour. Mais il doit véritablement jouer à l’équilibriste pour suivre les cours. Parfois, il sèche purement et simplement certains car Saaba est loin de l’UO et qu’il a peur de perdre sa place et son gain journalier. Lorsqu’il arrive à se dégager pour les cours, il dort très souvent en classe parce que son activité physique l’épuise. « Qu’à cela ne tienne, je dois absolument le faire pour survivre dans cette jungle qu’est l’université. Tout est cher ici et le pauvre n’ y a pas sa place ».

L’obsession de travailler peut être aussi le fruit d’un comportement altruiste de ses étudiants. En d’autres termes, ils travaillent pour envoyer de l’argent parce qu’ils souhaitent par eux même soutenir leur famille qui sont parfois aussi dans le besoin. En réalité, quelques uns expliquent leurs activités rémunérées par le fait de vouloir aider leurs familles. Ces derniers évoquent toujours un sentiment de redevance vis-à-vis de leurs parents. Ils estiment que ces derniers ont tout fait pour eux et que c’est à leur tour de rendre la monnaie de la pièce. Il s’agit d’une sorte d’exécution d’un contrat moral par lequel l’étudiant cherche tant bien que mal à satisfaire en aidant à son tour ses parents. Certains étudiants bénéficient d’aides, de bourses ou de prêts accordés par le biais du fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER). Mais ils trouvent les montants insignifiants par rapport à l’immensité de leurs besoins. Du coup, le travail devient obligatoire. Même s’ils comprennent la situation de précarité dans laquelle se retrouvent les étudiants, les enseignants estiment tout de même qu’ils doivent accorder la priorité à leurs études afin de réussir et décrocher un emploi décent plutôt que de se contenter de « miettes ». Pour eux, ces activités parallèles, somme toute nécessaires, ne doivent en aucun cas empiéter sur l’assiduité aux cours et la réussite aux examens. « Il faut être méticuleusement organisé et savoir réellement ce que l’on veut ». Conclut un autre enseignant.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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