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Entreprises : Les oubliées de l’insurrection

Les 30 et 31 Octobre 2014 resteront à jamais dans la mémoire des Burkinabè. A la veille de cette date anniversaire, soit quatre ans après, de nombreuses questions restent sans réponses. L’on se souvient des nombreuses pertes enregistrées au niveau du privé et du public pendant ces évènements. Et, les interrogations portant sur l’indemnisation des entreprises victimes des casses subsistent toujours.

En effet, la situation n’est pas très reluisante. Par exemple, un rapport d’étude menée par l’Institut Free Afrik en date de mai 2017 indique que l’économie burkinabè, subit les effets de ce « printemps de revendications » dans les secteurs public et privé et a été affectée par les chocs sociopolitiques dont les effets n’ont pas été entièrement enrayés.

Le rapport précise que l’infrastructure publique et les secteurs productifs ont été directement affectés par des pillages et des actes de vandalisme lors de ces différents évènements. A titre d’illustration, des estimations diligentes des dégâts et coûts de l’insurrection populaire d’octobre 2014 ressortent à près de 120 milliards de francs CFA (Institut FREE Afrik, novembre 2014). Toujours dans le même rapport, il ressort qu’une centaine d’entreprises sinistrées à l’occasion des protestations d’octobre 2014, selon une enquête réalisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) en décembre 2014, estimait les pertes financières est à plus de 42 milliards de francs CFA (actualisées à plus de 52 milliards).

Indemnisation des entreprises victimes des casses, le dossier confié au HCRUN

Pourtant, le gouvernement avait mis un fonds d’indemnisation en place en vue de soulager les familles des victimes et des blessés. On se rappelle un montant de 4 milliards de FCFA avait été abondé par le projet de budget gestion 2018 de l’Etat.

 En février 2017, le président de la Commission de la CEDEAO, Marcel De Souza, avait remis un chèque de 500.000 Dollars. Ce montant représente une partie de l’engagement de la conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO, sous l’impulsion du président sénégalais Macky Sall, de contribuer à la prise en charge des victimes pour un million de Dollars.

A la date d’aujourd’hui le paiement des indemnités de ces entreprises reste visiblement un sujet tabou. En effet sur un total de cinq hommes d’affaires contactés, seulement deux ont acceptés échanger avec nous sous couvert de l’anonymat. Notre première source confie n’avoir rien perçu pour le moment comme indemnité. Intervenant dans les bâtiments et les travaux publics (BTP), il dit avoir réhabilité son infrastructure à son propre compte. « On nous a dit que tout a été confié au HCRUN (Haut Conseil Pour la Réconciliation et l’Unité Nationale). Donc personnellement j’attends. Je ne sais pas pour les autres hommes d’affaires mais je n’ai rien perçu jusqu’à aujourd’hui » explique -t-il. Le deuxième, qui exerce dans le secteur du commerce, moins bavard confirme les propos de son prédécesseur.

« Une estimation financière de plus de 60 milliards de Fcfa » des pertes

Au niveau du HCRUN, une tête à tête a eu lieu le 19 octobre 2018, entre ses représentants et le président de la Chambre de commerce et de l’Industrie du Burkina Faso, Mahamadi Savadogo. Cette rencontre était une première étape pour les différents acteurs de voir l’évolution du dossier d’indemnisation des pertes enregistrées par le privé. « C’est une estimation financière de plus de 60 milliards de Fcfa (biens, meubles et immeubles) qui nécessite, conviennent les deux parties, qu’elles s’asseyent pour s’accorder sur la manière de travailler en revisitant la base des montants déclarés afin de voir ce qui est possible de faire. »  Les deux structures procéderont à la confrontation des listes et des estimations afin de faire ressortir une décision unanime.

Nul ne sait combien de temps ce dossier va encore prendre. En tous cas, les données montrent que de nombreuses entreprises ont dû surmonter les difficultés pour demeurer et participer à la revitalisation de l’économie nationale.

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

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