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Entreprises : La problématique du financement

Lors de sa création, puis au cours de son développement, l’entreprise a nécessairement besoin de ressources financières pour faire face à ses différents défis. Il lui faut donc déployer une stratégie de financement.

Pour exercer son activité, l’entreprise doit d’abord engager des dépenses avant de percevoir des recettes. Ce décalage crée des besoins de financements que l’entreprise devra couvrir en partant du fait qu’elle est une entité économique combinant les facteurs de production (capital, travail, matières premières) dans le but de produire des biens et services destinés à être vendus sur un marché solvable. Le financement conditionne la survie de l’entreprise. Il dépend de sa forme, de sa taille car l’entreprise peut être individuelle ou collective. Elle peut donc recourir à différents types de financement.

Le financement du cycle d’investissement

Le cycle d’investissement concerne l’acquisition et l’utilisation des immobilisations nécessaires à l’activité de l’entreprise (machines, moyens de transports, matériel informatique) qui constituent ses outils de travail. Ce cycle s’étend sur plusieurs années. Il démarre dès la constitution de l’entreprise. Chaque année, l’entreprise doit réaliser des investissements de nature variée correspondant à des objectifs multiples en vue d’assurer sa survie (par le renouvellement et l’adaptation de ses matériels) et son développement (par l’accroissement de ses installations). Le cycle d’investissement comporte les investissements corporels et des investissements incorporels.
Les investissements corporels (terrains, locaux, équipements, installations) répondent à des objectifs variés:
-Création d’une capacité de production compte tenu de la demande prévue lors de la constitution de l’entreprise,
-Maintien de la capacité par le renouvellement des immobilisations au terme de la durée de vie: investissement de remplacement,
-Accroissement de la capacité pour assurer le développement: investissement de capacité,
-Orientation vers de nouvelles activités: investissement de modernisation,
-Réalisation de gain de productivité afin de réduire les coûts, accroître les marges, la compétitivité: investissement de productivité
Les investissements incorporels sont complémentaires des investissements matériels qu’ils précèdent, accompagnent ou suivent. Ainsi les investissements de recherche précèdent les investissements matériels lorsqu’ils aboutissent à améliorer, adapter ou imaginer des procédés et matériels nouveaux. Les investissements en formation accompagnent les investissements matériels dont ils permettent l’usage efficace par l’adaptation des qualifications des utilisateurs. Les investissements en logiciels se poursuivent au delà de l’acquisition des matériels informatiques et, de même, les investissements dans l’action commerciale se poursuivent après la mise en fabrication du produit.
Il faut aussi tenir compte des investissements financiers relatifs à l’acquisition de titres de participation, de titres immobilisés qui donnent le droit de propriété ou de créances. En résumé, les investissements corporels, incorporels et financiers sont complémentaires. Ils représentent les moyens de mise en œuvre de la stratégie de l’entreprise dont ils constituent les éléments du développement futur.

Entreprises burkinabè et accès au financement

Au Burkina Faso, les entreprises sont confrontées à de nombreuses contraintes en terme de financement. Selon M. Yamsékré TIENDREBEOGO du ministère de l’économie et des finances, la première de ces contraintes réside dans l’absence ou l’insuffisance de fonds propres et autres ressources longues, qui constituent un élément essentiel de la solidité financière d’une entreprise. Le manque de fonds propres limite la capacité d’endettement de l’entreprise et amplifie le risque encouru par les banques. La solvabilité de l’entreprise est assurée par la disponibilité de ressources stables à un niveau suffisant pour faire face aux besoins ponctuels de trésorerie suscités par son cycle d’exploitation. En outre, la faiblesse des fonds propres se traduit par des difficultés pour les entreprises à présenter des garanties suffisantes, notamment les actifs immobiliers. En particulier, elle explique l’impossibilité pour les petites et moyennes entreprises burkinabè d’accéder au marché financier régional, sur lequel des ressources longues peuvent être levées.

La faible rentabilité des entreprises constitue également une contrainte. Les coûts élevés des facteurs de production grèvent la compétitivité des entreprises et affectent leurs résultats. La faible capacité managériale des dirigeants, en particulier des petites et moyennes entreprises, se traduit par l’inexistence ou le manque de fiabilité des états financiers qui constituent le matériau de base de l’instruction par les banques des dossiers de demande de crédit. Par ailleurs, les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises connaissent des difficultés d’accès aux marchés publics dont les conditions d’attribution, en particulier les garanties et les cautions bancaires exigées, paraissent par moment difficiles à réunir.
Dans les prochains articles, nous parlerons des formes de financement ainsi que de leurs limites.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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