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Energies renouvelables au Burkina Faso : Entretien avec le Coordonnateur du SIERO, M. Cheick Omar Yéyé

Lancé depuis 2011, le Salon International des Energies Renouvelables (SIERO) est devenu au fil des éditions l’un des grands évènementiels au Burkina Faso. Il draine chaque édition des milliers de visiteurs, exposants, étudiants et spécialiste de la question. Chaque édition les acteurs de l’environnement et des énergies renouvelables se concertent en toute transparence sur les questions de l’environnement et des énergies renouvelables combien importantes pour le monde aujourd’hui, et le Burkina Faso en particulier. Le SIERO constitue aussi depuis son lancement une tribune d’exposition des outils d’innovations technologiques. Son Coordonnateur, M. Cheick Omar Yéyé nous en dit plus dans l’entretien qui suit.

Ecodufaso.com : Après 4 éditions du SIERO, quel bilan pouvez-vous faire ?
Cheick Omar Yéyé : Le bilan du SIERO après 4 éditions est globalement positif. Depuis l’avènement de la 1re édition en 2011, la question des énergies renouvelables est posée et abordée par divers publics. Pour dire que le SIERO a été un élément déclencheur, un déclic. Nous avons vraiment un motif de satisfaction pour ce que l’organisation d’une telle activité apporte aux populations en termes d’informations, de technologies à découvrir, de sensibilisation sur les questions environnementales, de changement climatique, d’économie d’énergie et d’énergies renouvelables. Nous pensons également que le SIERO est une tribune pour la formulation de plaidoyer en direction des pouvoirs politiques pour une meilleure prise en compte des questions de développement durable dans les programmes de gouvernance. L’essentiel pour nous c’est que ce salon puisse contribuer à une prise de conscience sur les sujets auxquels l’humanité entière fait face.
Aussi, nous est-il revenu que pour les entreprises participantes à l’exposition, le SIERO est une plateforme idéale pour promouvoir leurs produits et services. De ce point de vue, ils réalisent de bonnes affaires pendant et après le salon.
En plus, depuis la première édition, l’activité est organisée sans discontinuité malgré les difficultés de tout ordre que la Coordination du SIERO rencontre.

Ecodufaso.com : Quelles sont les difficultés liées à l’organisation d’une activité comme le SIERO ?
COY : Les difficultés liées à l’organisation d’une activité comme le SIERO concernent essentiellement la mobilisation des ressources financières. C’est déterminant pour la réussite de toute activité, et plus encore pour une activité comme le SIERO dont le budget organisationnel est très élevé. Sans les ressources financières escomptées les résultats ne peuvent qu’être mitigés. Vous savez un salon c’est une activité de communication. Avant, pendant et après le Salon, il faut communiquer et cette communication a un coût. Ce n’est pas plus que cela. Sachez que la communication d’une activité comme le SIERO absorbe plus du tiers du budget prévisionnel. Or les sponsors se font de plus en plus rares. Et même, si un sponsor vous accompagne, en retour il vous demande plus et si vous ne faites pas attention, vous allez gruger sur une autre ligne du budget pour le satisfaire. Il manque a certaine de nos entreprises une certaine culture en matière de sponsoring et c’est ce qui pourrait expliquer que les initiatives qui sont lancées ici et là donnent de modestes résultats.
Une autre difficulté serait liée, jusque-là au manque de soutien de certaines structures œuvrant pourtant dans le domaine des énergies renouvelables et de l’environnement quoique nous ayons entrepris des démarches vers elles. C’est un paradoxe. Loin de donner une leçon sur le développement à ces structures, je dirai que pour se développer, il faut conjuguer les intelligences, les ressources financières, humaines, etc. bref, il faut se mettre ensemble pour se développer. Je demeure convaincu que l’accompagnement de ces structures fera du SIERO une véritable vitrine de promotion des énergies renouvelables en Afrique.
Une autre difficulté concerne la mauvaise lecture faite par certains prestataires du Salon sur la nature de l’activité. En effet, certains prestataires et partenaires pensent que c’est une activité très lucrative. Je voudrais rappeler que c’est une activité à but non lucratif, notre motivation tient de notre engagement à l’effort global de mobilisation pour la survie de l’humanité. C’est le lieu pour moi de leur demander compréhension et faveurs. Les questions environnementales nous concernent et nous engagent tous.
Pour me résumer, les difficultés ne manquent pas, c’est pourquoi on va faut travailler à les résoudre.

Ecodufaso.com : Quelles sont les solutions que vous envisagez pour venir à bout de ces difficultés ?
COY : Les difficultés ne doivent pas venir à bout de notre engagement à promouvoir les énergies renouvelables et à sensibiliser sur les questions environnementales. Avec le contexte actuel de changement climatique, de crise énergétique et du coût de plus en plus élevée des produits pétroliers, nous demeurons plus que jamais convaincus que la solution passe par le recours aux énergies renouvelables.
Il nous faut alors davantage nous mobiliser et agir en faveur des initiatives comme le SIERO. De ce point de vue, nous avons un projet de restructuration du SIERO qui va se traduire par la mise en place d’un conseil d’administration et d’un secrétariat permanent. Avec cette restructuration, le SIERO pourra se doter de plus de capacités et de moyens pour atteindre les objectifs fixés.
Enfin, nous pensons relever le défi de la recherche de partenaires techniques et financiers par la mise en place d’une bonne stratégie de communication.

Ecodufaso.com : Comment voyez-vous l’organisation des prochaines éditions du SIERO ?
COY : Nous avons capitalisé les acquis des éditions passées, ce qui nous permet d’avoir une vision claire de comment organiser les prochaines éditions du SIERO. Comme je l’ai dit, la restructuration du SIERO va, à n’en point doute, offrir plus de possibilités pour une meilleure organisation des prochaines éditions du SIERO.
Ecodufaso.com : Quel est le thème et la date du prochain SIERO ?
COY : La prochaine édition du SIERO est prévue pour se tenir du 28 avril au 1er mai 2016 autour du thème:  »Financement des sources d’énergie pour soutenir l’adaptation de l’Afrique aux changements climatiques ».

Ecodufaso.com : Pourquoi le choix de thème précisément?
COY : (rire) Vous n’êtes pas sans savoir que l’Afrique est le continent le plus exposé aux conséquences du changement climatique causé par le réchauffement climatique. On sait aussi que pour réduire, freiner le réchauffement climatique et inverser la tendance du changement climatique il faut, entre autres, recourir à l’utilisation des énergies renouvelables, car elles n’émettent pas de gaz à effet de serre ou très faiblement, ce sont ces gaz qui sont responsables en partie du réchauffement climatique. Dans le temps même, le problème de financement de ces sources d’énergie constitue une difficulté majeure aussi bien pour les acteurs que pour les populations.
Il s’agira pour nous de poser le problème afin de dégager des pistes de solutions pour ce pan de l’adaptation de l’Afrique au changement climatique. La question de l’adaptation demande beaucoup de moyens. Nous envisageons d’inviter toutes les structures de financement des questions d’énergies renouvelables et de développement durable du continent et d’ailleurs au prochain SIERO.
C’est un thème d’actualité et nous comptons l’aborder avec tout le sérieux possible bien entendu en faisant recours aux expertises qu’il faut.

Ecodufaso.com : Quelles sont les innovations majeures attendues ?
COY : A chaque édition nous essayons d’introduire des innovations. De ce point de vue, des innovations avaient été programmées lors des éditions précédentes mais n’ont pas pu se tenir pour des raisons indépendantes de notre volonté. Nous allons les reconduire car nous sommes convaincus de leur pertinence. Je citerai par exemple la distinction à décerner au journaliste qui se serait le mieux illustré à travers son œuvre à la promotion des énergies renouvelables. Pour tout vous dire, beaucoup d’innovations sont au programme.

Ecodufaso.com : Merci M. Yéyé
COY : C’est moi qui vous remercie

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

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