Connecte-toi avec nous

Développement

   |

Elevage : Le secteur représente plus de 18% du PIB au Burkina

Au Burkina Faso, l’élevage et l’agriculture, emploient plus de 80% de la population active et génèrent 80% des recettes d’exportation. Ils contribuent pour 40% à la formation du PIB. L’élevage est la 2ème source de recettes d’exportation après le coton et contribue pour plus de 18% à la formation du PIB. Malgré cet énorme potentiel, les performances du secteur restent encore modestes. Il convient de s’interroger sur les causes qui entravent son épanouissement.

Sur le plan des pratiques, on distingue deux types d’élevage : le moderne et le traditionnel. L’élevage traditionnel ou extensif comporte l’élevage de ruminants, l élevage avicole et l’ élevage porcin. L’élevage extensif de ruminants est un système à faible utilisation d’intrants. Plusieurs sous-types se rencontrent dans ce système. L’élevage transhumant en zone sahélienne, et l’élevage sédentaire, qui se subdivise en sous-système agropastoral au centre et au sud, et en sous-systèmes mixtes intégrés au centre et au sud, en zone cotonnière notamment. Ces systèmes, qui reposent essentiellement sur l’utilisation des ressources naturelles, restent vulnérables sur plusieurs plans. L’agriculture extensive, consommatrice d’espace, restreint chaque année les parcours utilisables par le bétail, avec comme conséquence des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Ces systèmes paient également un lourd tribut à la sécheresse. D’autres contraintes sont liées au développement des productions animales. Sur le plan naturel, par exemple les disponibilités fourragères sont tributaires des conditions climatiques. Ces disponibilités s’amenuisent d’année en année en raison de la sécheresse. Les points d’eau, en nombre également insuffisant, deviennent de plus en plus inaccessibles du fait de la colonisation de leurs abords par les champs. La persistance de nombreuses maladies du bétail malgré les efforts d’éradication constitue également une contrainte. Enfin le potentiel des races locales montre ses limites, notamment en matière de production laitière. Sur le plan technique, le mode de production traditionnel privilégie le nombre de têtes au détriment de la productivité. Les systèmes d’élevage transhumants, basés sur l’exploitation des grands espaces s’adaptent mal à la réduction des effectifs.

Commercialisation des productions animales

Il s’agit essentiellement du bétail, de la viande, du lait et des autres produits. Pour le bétail, les acteurs sont nombreux dans toutes les filières. Les principaux sont : le vendeur-propriétaire, le vendeur collecteur, l’intermédiaire, le démarcheur, l’employé de l’exportateur et l’exportateur. Les modes de transports du bétail sont variés. Du campement au marché de collecte, les animaux sont convoyés en général à pied. Du marché de collecte au marché de regroupement, les animaux sont conduits à pied et en camion. A l’exportation, c’est le train et le camion qui sont les modes de transport dominants. Les informations sur la situation du marché circulent de bouche à oreille. Les circuits de commercialisation vont du campement (troupeau) au marché de collecte où une partie des animaux est vendue pour la consommation locale (boucherie, culture attelée, élevage etc..). Les autres animaux sont acheminés vers les marchés de regroupement, à partir desquels ils seront exportés. Les exportations ont connu un boom après la dévaluation. La Côte d’Ivoire reste le premier pays importateur d’animaux du Burkina. Selon la Direction Générale de la promotion du secteur de l’élevage, en 2010, le cheptel burkinabè était estimé à 8.400.000 bovins, 8.200.000 ovins, 12. 300.000 caprins, 2.200.000 porcins et 37.500.000 têtes de volaille. Le cheptel bovin burkinabé se place au second rang des pays de l’UEMOA en importance, derrière celui du Mali. Le pays est doté d’abattoirs frigorifiques, d’abattoirs séchoirs de brousse et d’aires d’abattage dans la plupart des chefs lieu de département.

D’intéressantes pistes d’action

Bien que constituant, avec l’agriculture, un des fondements de l’économie burkinabé, l’élevage a relativement peu bénéficié d’investissements par le passé. C’est notamment pour remédier à cette situation que le plan d’Action et de Programme d’Investissement du secteur Elevage (PAPISE) a été adopté en novembre 2000. Il visait à préserver l’élevage traditionnel comme facteur d’équilibre en matière de gestion des ressources naturelles et à accroître sa productivité pour contribuer à l’amélioration des revenus des éleveurs. Le PAPISE révisé en 2005 prévoit l’amélioration de la productivité des animaux par la maitrise de l’alimentation animale, de la génétique et de la santé ; l’amélioration de la compétitivité des produits animaux ; un renforcement de la capacité des acteurs et une meilleure prévention et gestion des effets néfastes de crise.Des opportunités économiques sont à prévoir notamment dans le domaine de l’amélioration de la génétique. Quatre projets portés par des financements extérieurs sont en cours dans la filière bovine : importation de reproducteurs brésiliens dans le Soum, soutien à la diffusion du zébu Azawak dans le nord, projet d’amélioration génétique sous couvert du Liptako gourma basé à Dori, projet de développement du Zébu Peul. La stratégie nationale dans ce domaine est mise en œuvre au travers du centre national d’élevage et d’amélioration. Les autres perspectives de développement reposent essentiellement sur la filière laitière fortement demandeuse d’équipements adaptés et de partenariats techniques et financiers.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

 

 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles