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Elevage de porcs: Un marché juteux !

La viande de porc est très prisée au Burkina Faso. Des milliers de têtes sont abattues par jour à Ouagadougou. Chez certains vendeurs de porc au four, il faut faire les commandes longtemps à l’avance car le « produit » ne suffit guère. Selon les chiffres fournis par la Direction générale de la prospective et des statistiques d’élevage (DGPSE), le cheptel était estimé à 584 000 têtes en 1996, puis est passé à 1 778 000 têtes en 2000 pour se situer à 2 042 000 têtes en 2007, puis à 2 083 000 têtes en 2008.

La production porcine est, avec la production aviaire, le secteur de l’élevage avec la croissance la plus élevée au Burkina Faso. Le rôle que joue l’élevage porcin dans certaines communautés, et notamment les petites exploitations familiales, va bien au -delà de la production de viande et de la génération de revenus. Les porcs représentent une épargne sur pied ou un filet de sécurité pour les périodes de crise, sans compter leur rôle irremplaçable au cours de cérémonies traditionnelles ou de certains actes de la vie courante. Dans certains milieux culturels, les porcs constituent la principale source de revenus pour les femmes ou les groupes marginalisés de la société.
Au Burkina Faso, l’élevage des porcs date des années 1900. Cet élevage aurait été introduit par les missionnaires. Le porc est élevé dans toutes les régions du pays avec toutefois de grandes disparités régionales. Mais la région du Centre Ouest (Koudougou, Sanguié, Sissili, Ziro) arrive en 1ère position avec près de 60% de la production. Les autres grandes zones sont celles de la boucle du Mouhoun, du Sud Ouest, de l’Est, du Centre et du Centre Est. Le plateau central, l’ouest, le sud-ouest et le centre est du Burkina Faso sont des zones de forte consommation de viande de porc. Sur la base des chiffres de 2007 de la DGPSE, les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou ont des pourcentages d’abattages contrôlés supérieurs aux autres villes. De 2000 à 2008, la quantité de viande porcine consommée par habitant et par an est passée de 1,72 kg à 2,71 kg soit une augmentation de près de 58% selon la FAO. La production de viande de porc est stimulée par une demande très forte dont la marge de progression est encore très importante. Ce succès s’explique par le prix relativement faible de cette viande, son mode de consommation lié aux loisirs et à la convivialité ainsi que par les nouveaux adeptes qui se lancent dans la consommation de viande de porc, convaincus de la qualité actuelle des produits d’origine porcine. Cette augmentation de la consommation du porc doit beaucoup au talent des rôtisseurs de «porc au four»qui redoublent d’imagination pour proposer des recettes originales qui font l’unanimité auprès des consommateurs.

Les races de porcs

On dénombre de part le monde une gamme de races de porcs. Au Burkina Faso, on distingue la race locale, la race Large White et la race Korogho.
Avec de grandes qualités d’adaptation, la race locale a une bonne résistance à la chaleur et à l’insolation. Elle manifeste également une grande tolérance aux irrégularités alimentaires, au manque de soins de santé et se singularise parfois par une bonne fécondité (entre 10 à 12 petits par portée). Ce type de porcs se caractérise par un groin allongé, de petites oreilles à port dressé ou port horizontal. Le corps est étroit et recouvert de soies longues et grossières. La peau est souvent noire, parfois pie mais rarement blanche. La race Large White et la race Korogho sont des races améliorées. La race Large White est la race pure européenne la plus connue des éleveurs du Burkina Faso. Elle présente une bonne adaptation aux températures élevées. Son phénotype présente une tête imposante, un groin large à profil concave. Les oreilles sont grandes, triangulaire. Les membres sont solides et les jambons imposants. La race Korogho est issue d’un croisement d’absorption entre le porc Ibérique (dit race locale) et la race Large White. Un centre national d’élevage et d’amélioration génétique existe. Certains producteurs achètent des verrat et des truies respectivement autour de 400 000 et de 300 000FCFA.

Importante source de revenus

Dans les marchés populaires, la vente de la viande de porc se fait au tas et non au poids. Le prix peut varier d’un acheteur à l’autre selon qu’il s’agisse d’un client habituel ou pas. Au marché de Réo, le prix du morceau est marchandé en fonction de plusieurs critères dont la qualité de la pièce anatomique d’où provient le morceau vendu ainsi que la présence ou non de peau et de gras de couverture. Les morceaux provenant de la cuisse et de la longe sont les plus prisés mais aussi les plus chers. Les morceaux proposés coûtent généralement 100/ 200 FCFA (intestins), 500 FCFA ou 1000 FCFA. Dans le circuit de distribution moderne, la viande de porc subit une première transformation qui consiste en une découpe et une production de spécialités fraîches (rôti ficelé, côtelettes de porc,etc.) ainsi qu’une deuxième transformation (jambon, saucisson, pâté, etc.), avant d’être proposée au consommateur.

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Le Burkina Faso est autosuffisant en viande porcine. Le pays n’importe pas officiellement de porcs sur pied à l’exception d’importations occasionnelles de porcs exotiques destinés à l’amélioration génétique. Le Burkina Faso exporte occasionnellement des carcasses de porc dont l’essentiel est destiné au marché ivoirien. Un porc digne de ce nom peut couter au bas mot 50 000 FCFA. A travers le pays, de nombreux producteurs se font donc des chiffres d’affaires de plusieurs millions par mois tant la demande est forte.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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