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Electrification rurale : sortir des « ténèbres » pour impulser le développement

Le Burkina Faso reconnait l’accès aux services énergétiques modernes comme une composante essentielle pour atteindre les objectifs de développement durable. C’est ainsi que pour s’approprier la politique régionale de la CEDEAO et de l’UEMOA pour l’accès aux services énergétiques, une«Vision 2020» pour l’accès aux services énergétiques modernes au Burkina Faso a été définie, ainsi qu’un Livre Blanc National (LBN), le tout assorti d’un programme d’investissement d’un montant global de plus de 200 milliards de FCFA sur une période de 8 années, 2012‐2020.

Conformément à «Vision 2020» et au LBN, l’accès aux services énergétiques repose sur trois piliers interdépendants que sont l’accès aux combustibles modernes pour la cuisson et le chauffage, l’accès à l’électricité et l’utilisation de l’énergie pour les usages productifs. Aujourd’hui, 90 % de Burkinabè n’ont pas accès aux combustibles modernes de cuisson. Ils utilisent essentiellement la biomasse traditionnelle pour les besoins de cuisson et de chauffage. Le taux d’accès des ménages au gaz butane est de 4,8% au plan national. Le taux de couverture en matière d’électrification est de 28,6% et présente des fortes disparités entre les milieux urbain et rural. En effet, 46% de la population urbaine bénéficie de l’électricité alors que seulement 2% de la population rurale est électrifiée. Le Burkina Faso s’est fixé comme objectifs, d’atteindre un taux d’électrification de 100% à l’horizon 2020 en milieu urbain et de 49% en milieu rural. C’est dans ce cadre que le Programme National des Plates formes Multifonctionnelles (PN‐PTFM) a été lancé. Aujourd’hui, le fond de développement de l’électricité (FDE) promeut l’électrification en milieu rural. Les différentes localités sont électrifiées soit par interconnexion au réseau de la Société nationale burkinabè d’électricité, soit par centrale autonome ou par système photovoltaïque hybride. Les plates-formes multifonctionnelles avec mini réseau électrique constituent aussi des sources de production d’électricité. Ce dispositif permet le développement d’activités génératrices de revenus, l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations (santé, éducation, téléphonie mobile, etc.) et la réduction de l’exode rural. La gestion est confiée à des coopératives. Le financement des projets d’électrification rurale repose sur le principe d’une subvention de 60% accordée aux coopératives et d’un prêt de 40% à rembourser sur une période de 10ans.

L’expérience heureuse des « mamies » solaires

Toujours dans l’optique de la promotion de l’électrification solaire, le Burkina Faso a envoyé en septembre 2010, 06 grands mères âgées de 40 à 51 ans et désignées par leurs communautés aller apprendre l’ingénierie solaire pendant 06 mois au Barefoot College à Tilonia, dans le nord-ouest de l’Inde. Le principe de ce collège est de placer les technologies entre les mains des populations pauvres pour leur en garantir l’accès. Depuis leur retour, leurs villages se sont transformés car elles savent désormais installer des panneaux solaires. Elles branchent, débranchent, vérifient la charge de la batterie… et se mettent à danser quand la lumière jaillit.

Le projet a été financé par FEM/ONG ; le Fonds pour l’environnement mondial. Chacune des six femmes avait pour mission d’installer 100 unités solaires dans son village non électrifié à partir d’ une lampe portative et d’un panneau photovoltaïque alimentant deux ampoules et des portables. Chaque foyer bénéficiaire devait cependant s’acquitter de 180 000 francs CFA payables en trois ans, pour la maintenance et le renouvellement. Le matériel en provenance de Barefoot, aurait une garantie de 15 ans. Grâce à un accompagnement de l’Etat à hauteur de 375 millions de FCFA, elles ont déjà éclairé plus de 1000 ménages dans 10 villages du Burkina Faso et formé une vingtaine de consoeurs à l’installation ainsi qu’à la maintenance des systèmes solaires. Le 16 mars dernier, le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique a accueilli 07 autres grands-mères solaires de retour d’Inde. Chacune a reçu un kit solaire. C’est dire toute la pertinence de la formation . Du reste, le Burkina Faso envisage l’ouverture d’un centre régional de formation en 2017 à Nobili, dans la province du Zoundwéogo. Ce centre accueillera des femmes analphabètes du Mali, du Togo, du Ghana, du Bénin, du Niger, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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