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Développement

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Economie verte : La protection de l’environnement, enjeu majeur de développement

« Economie verte », « croissance verte », « green new deal », « développement durable », toutes ces notions englobent aujourd’hui les engagements en matière de protection de l’environnement, d’innovations et de création d’activités et d’emplois. Pour certains, c’est aussi l’émergence d’un nouveau modèle de croissance. Qu’est-ce que l’économie verte ? Est-ce un nouveau mode de croissance ou une simple adaptation de la croissance actuelle ? Quelles alternatives aux ressources naturelles surexploitées et en voie de disparition ?

Du développement durable…

En 1987, « Notre avenir à tous », le rapport de la Commission mondiale pour l’environnement et le développement, présidée par Gro Harlem Brundtland, lance un cri d’alarme. Les menaces environnementales, la mauvaise gestion des ressources naturelles et la misère croissante sont mises en évidence. Le rapport conclut à « l’impossibilité de séparer les questions de développement économique de celles touchant l’environnement ».
Le concept de « développement soutenable » ou « durable » retient l’attention. Solution à la triple crise économique, environnementale et sociale, il est défini comme « un processus de changement dans lequel l’exploitation des ressources, le choix des investissements, l’orientation du développement technique ainsi que les changements institutionnels sont déterminés en fonction des besoins tant actuels qu’à venir ».

… à l’économie verte

Pour le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’économie verte est « une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ». Sous sa forme la plus simple, elle se caractérise par un faible taux d’émission de carbone, l’utilisation rationnelle des ressources et l’inclusion sociale. Dans ce type d’économie, la croissance des revenus et de l’emploi doit provenir d’investissements publics et privés qui réduisent les émissions de carbone et la pollution, renforcent l’utilisation rationnelle des ressources et l’efficacité énergétique et empêchent la perte de biodiversité et de services environnementaux. Il faut que ces investissements soient catalysés et appuyés par des dépenses publiques ciblées, une réforme des politiques et des modifications de la réglementation.
La voie du développement devrait entretenir, améliorer et, si nécessaire, restaurer le capital naturel considéré comme un atout économique crucial et une source de bienfaits publics, surtout pour les populations pauvres dont les moyens d’existence et la sécurité dépendent de la nature.
Le concept d’économie verte ne remplace pas le développement durable. Néanmoins il est de plus en plus largement reconnu que la réalisation du développement durable dépend presque entièrement d’une bonne approche économique. Des décennies de création de nouvelles richesses avec le modèle de l’« économie brune » n’ont pas vraiment réussi à mettre fin à la marginalisation sociale et à l’épuisement des ressources. Le développement durable demeure un but vital à long terme, mais pour l’atteindre, un verdissement de l’économie est nécessaire.

Réorienter les investissements privés et les subventions

En début 2011, le PNUE a publié un rapport intitulé «Vers une économie verte». Selon les conclusions des experts du PNUE, investir 2% du PIB mondial dans dix secteurs clés de l’économie verte permettrait de réduire les émissions de carbone et de réduire la pauvreté dans le monde, sans altérer la croissance économique. Agriculture, bâtiment, énergie, pêche, forêts, transport ou encore eau: le PNUE mise sur ces secteurs pour relancer l’économie mondiale et réduire les inégalités entre les pays. «L’économie verte ne consiste pas à étouffer la croissance et la prospérité, mais à se reconnecter à la véritable richesse, à réinvestir dans le capital naturel au lieu de l’exploiter», explique Pavan Sukhdev, responsable de l’Initiative pour une économie verte au PNUE. Les scénarios du PNUE révèlent un taux de croissance économique mondial d’environ 2,5% entre 2030 et 2050 dans le cas d’une économie verte, contre 1,5 à 2% en cas de statut quo. L’économie verte serait notamment un «catalyseur de croissance et d’éradication de la pauvreté» pour les pays en développement. «2,5 milliards de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour et en 2050 la population mondiale comptera plus de deux milliards de personnes supplémentaires: il est donc clair que nos économies doivent continuer à croître et à se développer. Mais ce développement ne peut se faire aux dépens des systèmes dont dépend la vie sur terre, dans les océans ou dans l’atmosphère», déclare Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE. En pratique, le PNUE veut inciter les entreprises puis les gouvernements à réorienter leurs investissements. L’agriculture est un secteur clé. Une agriculture plus verte permet aux petits producteurs d’augmenter leurs rendements, de ralentir la déforestation. Autre secteur crucial: l’énergie. Selon le rapport, investir 1,25% du PIB mondial dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables diminuerait la demande mondiale d’énergie primaire de 9% en 2020 et de près de 40% en 2050. Toujours selon le rapport, un accroissement des investissements dans le tourisme durable permettrait au secteur de contribuer plus activement à la croissance économique, au développement et surtout à l’emploi tout en faisant face aux principaux défis environnementaux.

Economie verte : les enjeux pour le Burkina Faso

L’économie verte permet donc de garantir au capital de production et aux ressources naturelles la capacité de se reconstituer pour une production économique suffisante à tous. Il s’agit donc, d’adopter des approches plus responsables dans la recherche du développement durable. En quoi l’adoption du concept d’économie verte est-elle nécessaire ? Dans un pays comme le Burkina Faso où environ 85% de la population tire l’essentiel de ses biens d’existence des ressources naturelles, peut-on produire, tout en conservant la fertilité des sols, si les modes de production ne restaurent pas cette fertilité et ne polluent pas ces sols ? Peut-on prétendre disposer en tout temps du bois d’énergie, si la matière prélevée des formations naturelles ou plantations n’est pas restaurée par des aménagements adéquats et/ou reboisements intensifs ? Peut-on éviter la surexploitation des ressources naturelles renouvelables, si celles-ci ne sont pas valorisées pour et par les exploitants potentiels eux-mêmes, c’est-à-dire les populations qui vivent de ces ressources ?
Convaincu donc des avantages certains qu’offre l’initiative économie verte pour le développement durable et la réduction de la pauvreté, le Burkina Faso s’est déjà engagé à accompagner les acteurs du développement sur cette voie. Plusieurs initiatives s’inscrivent dans cette dynamique dont la généralisation des opérations de reboisement avec les espèces utilitaires et adaptées, la valorisation des produits forestiers non ligneux, la promotion de l’agriculture durable, la création d’emplois verts (dans les filières pépinière, déchets, chasse, aquaculture, …), la promotion de l’utilisation de l’énergie solaire, etc. En 2013, le pays s’est doté d’une stratégie nationale économie verte. La même année, le conseil national pour l’environnement et le développement durable (CONEDD) a organisé un séminaire sur le thème : « Economie verte : enjeux et opportunités pour un développement durable au Burkina Faso ». Dans un contexte mondial marqué par les changements climatiques et la raréfaction des ressources l’économie verte est donc une alternative pour développement harmonieux, équitable et écologique.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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