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Economie sociale et solidaire : Créer de la richesse à la base

Au Burkina Faso, comme partout ailleurs en Afrique de l’Ouest, on assiste actuellement à une explosion des initiatives d’économie sociale (associations, coopératives, mutuelles, organisations professionnelles, etc.). L’un des principaux motifs à l’origine de ce phénomène est l’appauvrissement accru des populations et la chute de l’offre des services sociaux de base (éducation, santé, logement, sécurité sociale, …), conséquence de la réduction drastique des dépenses publiques. Devant cette situation, les populations n’ont d’autre alternative que de compter sur leur propre initiative et leurs propres ressources, et de développer de nouvelles formes d’entraide, de solidarité et de protection sociale.

L’économie sociale et solidaire associe au développement économique une finalité sociale. Elle est portée par un champ très large d’acteurs : associations, mutuelles, coopératives, fondations… Elle se décline dans de très nombreux domaines (microfinance, commerce équitable, tourisme solidaire…) qui ont comme dénominateur commun l’innovation sociale, des logiques participatives de fonctionnement et un fort ancrage territorial. Dans les pays du Sud, l’économie sociale et solidaire est devenue une réalité du développement. L’Alliance coopérative internationale évalue à près d’un milliard le nombre de personnes membres de coopératives dans le monde, et à plus de 100 millions le nombre d’emplois générés par ces organisations. L’Organisation internationale du travail s’est emparée du sujet et travaille sur l’économie sociale et solidaire comme une des réponses à la crise mondiale. L’économie sociale et solidaire occupe donc désormais une place significative dans le champ du développement.
Au Burkina Faso, toutes les coopératives, tous les groupements et toutes les associations dont la finalité est l’amélioration du revenu de leurs membres peuvent être considérés comme des unités qui influencent positivement la sécurité alimentaire. En effet, en partant d’une analyse de leurs fonctions et de leurs activités, ces unités contribuent à la disponibilité alimentaire en facilitant l’accès des producteurs à un ensemble des services nécessaires à la modernisation de leur exploitation et aux ressources monétaires. Elles jouent un rôle stratégique dans l’approvisionnement des villes en aliments de base (riz, céréales et légumes notamment). La grande majorité de ces organisations œuvrent directement dans le domaine de la production agricole, de la production des outils agricoles et de la lutte pour la sauvegarde de l’environnement et la restauration de la fertilité des sols. C’est le cas, notamment, des unités d’économie sociale présentes dans la région du plateau central, du Nord et du Sahel au Burkina et particulièrement actives dans les travaux de conservation des eaux et des sols qui constituent leur première activité. Les coopératives d’épargne et de crédit contribuent aussi à cette disponibilité alimentaire à travers les expériences des microcrédits aux femmes qui ont contribué à diversifier leurs activités productives, à améliorer leur revenu et à avoir finalement un impact significatif sur le niveau de sécurité alimentaire des ménages. Il faut noter également à ce niveau l’apport important des unités d’économie sociale de transformation alimentaire (groupements féminins de transformation artisanale): transformation des céréales, des oléagineux, des fruits, séchage de fruits et de légumes etc. Elles contribuent aussi à la stabilité des approvisionnements sous les formes diverses telles les banques de céréales, les boutiques villageoises et, plus récemment, les bourses paysannes. Les coopératives, les groupements et les associations dans le domaine agricole et artisanal, contribuent à la réduction du déficit extérieur. C’est le cas, notamment ,des réseaux d’économie sociale et solidaire spécialisés dans l’exportation de fruits et légumes (Cercle des sécheurs, Fédération nationale des groupements Naam, etc.), des produits d’élevage (Union nationale des bouchers et charcutiers, des produits d’artisanat (FENABF), des produits du commerce équitable ou des produits biologiques. La contribution des organisations de l’économie sociale et solidaire au développement du Burkina Faso est substantielle. A elles seules, les caisses populaires ont par exemple mobilisé plus de 164 milliards de FCFA en 2014.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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