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Economie informelle et Covid-19 : Le GRAAD Burkina recommande la mise en place d’un mécanisme de microasssurance adapté aux entreprises

Les mesures gouvernementales prises par le Burkina Faso pour contenir la pandémie de la Covid-19 ne sont pas restées sans effet. Le couvre-feu, la fermeture des marchés et yaars, la fermeture des établissements scolaires et universitaires, la fermeture des frontières terrestres et ferroviaires entre autres, ont affecté l’activité économique en général. Le Groupe de recherche et d’analyse appliquées pour le développement Burkina (GRAAD), s’est ainsi penché sur l’impact de la Covid-19 sur les entreprises informelles dans les centres urbains. C’est autour d’un café de presse, organisé le 07 Novembre 2020, que le GRAAD a restitué les résultats de son étude.

L’objectif général de cette recherche est d’évaluer les effets socioéconomiques de la crise sanitaire de la Covid 19 sur les activités des entreprises informelles au Burkina Faso. Il s’est donc agi d’identifier les mesures lourdes en termes d’impact et d’analyser la typologie des entreprises les plus touchées en prenant en compte le secteur d’activité et le genre dans un premier temps. Ensuite, d’identifier et estimer les effets de la crise sur les entreprises informelles. Enfin, de proposer des options stratégiques pour réduire l’impact des mesures barrières en situation de crise sanitaire, confie le secrétaire exécutif et Directeur de la Recherche au GRAAD, Gountiéni D. Lankoandé.

Les participants

Ce sont au total 730 entreprises informelles qui ont été enquêtées, avec 391 entreprises enquêtées dans les grandes villes (Ouagadougou et Bobo Dioulasso) et 339 entreprises dans les villes secondaires (Fada N’Gourma, Koudougou et Ouahigouya).

L’étude révèle que l’interdiction des transports en commun à l’intérieur du Burkina Faso (65,2%), la fermeture des grands marchés et yaars (61,7%) et l’instauration du couvre-feu (48,4%) sont les trois principales mesures qui ont eu les impacts négatifs les plus importants sur les activités des entreprises informelles. Les deux autres mesures les plus citées sont la fermeture des frontières terrestres et ferroviaires (40,3%) et la fermeture des établissements scolaires et universitaires (19,4%).

Ces impacts ont été transmis à la sphère économique par le biais de contraction de l’offre et/ou de la demande provoquée par les mesures gouvernementales mises en place pour maitriser la propagation de la pandémie. Ainsi, la Covid-19 s’est traduite, pour de nombreuses entreprises informelles, par un arrêt total de la production, suite aux mesures prises par le gouvernement. A travers une baisse de la demande, la pandémie de la Covid-19 s’est traduite par ailleurs par une baisse de plus de moitié (55,5%) des chiffres d’affaires. Elle a causé également une perte d’emploi (temporairement 534 employés) relativement importante dans l’intervalle des trois mois qu’a duré la période la plus critique de la crise. L’étude confirme par ailleurs que la Covid-19 touche différemment les agents économiques et aggrave les inégalités entre hommes, femmes et jeunes au Burkina Faso.

En termes de chiffres d’affaires, l’impact négatif de la Covid-19 a davantage frappé les femmes et les jeunes comparativement aux hommes. Par ailleurs, la Covid 19 a entrainé une hausse globale du chômage de 24 points de pourcentage. « Ce chômage touche plus de 90% les jeunes. En ce qui concerne spécifiquement la baisse du chiffre d’affaires, la Covid 19 a affecté plus les hommes que les femmes. Cette baisse a été de 44% pour les entreprises dirigées par les hommes et de 40,7% pour celles dirigées par les femmes. », le secrétaire exécutif et Directeur de la Recherche au GRAAD, Gountiéni D. Lankoandé.

Les résultats de la présente étude apportent quelques pistes de réflexion. Il s’agit notamment de développer un mécanisme de microasssurance adapté aux entreprises avec une bonne catégorisation de celles-ci, de prendre des mesures publiques spécifiques qui épargnent et /ou soutiennent les entreprises par les femmes afin de mieux conserver leurs emplois, de mettre un fonds de crise de soutien aux entreprises informelles.

 

Sombéwendin Micheline Thiombiano/Nanéma

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

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