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Dianguinaba Barro, PDG du Groupe SOBA : Le self made man de Diéri

El Hadj Dianguinaba Barro aurait pu rester simple berger ou cultivateur anonyme dans son village natal, Diéri, à quelques encablures de Orodara, chef-lieu de la province du Kénédougou. Son courage et son ambition ont fait de lui l’un des hommes d’affaires les plus importants du Burkina Faso. La masse de ses activités économiques vaut au bas mot quinze (15) milliards de F CFA.

El Hadj Dianguinaba Barro. Un nom qui ne passe pas inaperçu dans les milieux des affaires au Burkina Faso et même au delà dans la sous-région ouest-africaine. Agriculteur, éleveur, commerçant, transporteur, transitaire, industriel, il est présent dans tous les secteurs de l’économie nationale.

Pourtant rien ne prédisposait cet enfant de Diéri dans le département de Orodara (province du Kénédougou) à une telle renommée. Le président-directeur général (PDG) du Groupe SOBA aurait pu demeurer au village à garder les moutons et à cultiver la terre s’il n’avait pas fait preuve très tôt de courage et d’ambition. « A chaque fois, j’étais guidé par une volonté d’améliorer ma condition de vie », confie-t-il.

El Hadj Dianguinaba Barro a bâti sa fortune à l’image d’une termitière. Il quitte d’abord les champs pour apprendre la mécanique à deux roues à Orodara et vendre des pièces détachées. Après s’être acheté une bicyclette, il se lance ensuite dans le commerce général et acquiert dans les années 1950 son premier véhicule pour le transport.

Enfin à 69 ans, époux de trois femmes et père de 30 enfants, M. Barro est à la tête d’un groupe, propriétaire de trois (3) entreprises (SOBA, SOFIB, SOTRACI) et actionnaire dans quatre (4) autres sociétés (SN SOSUCO, FASOPLAST, FONCIAS, FASO COTON). Mieux, le président de la section territoriale de la chambre de commerce de Bobo-Dioulasso est Président du conseil d’administration (PCA) de la SN SOSUCO, FASO PLAST et FASO COTON. « On ne peut pas avoir de l’argent si on n’inspire pas confiance », conseille le vice président de la chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat du Burkina Faso (CCIA-BF).

Il est l’un des principaux partenaires de l’Aga Khan au pays des « Hommes intégres ». Son groupe, SOBA, emploie aujourd’hui 200 personnes permanentes et pèse environ quinze (15) milliards de F CFA dans l’économie nationale. Malgré cette réussite dans les affaires, El Hadj Dianguinaba Barro ne veut en aucun cas abandonner ses anciennes amours : « Je cultive toujours 100 hectares d’anacarde et 30 de banane. A cet effet, je suis président de l’Association nationale des exportateurs de produits d’élevage et du cru ».

Le « Molière » des affaires au Burkina Faso

Pour Dianguinaba Barro, un opérateur économique n’est pas forcément un diplômé mais quelqu’un qui sait s’attacher les services des personnes instruites voire avisées et compétentes. Fort de cette conviction, il va se mettre une autre corde à son arc (apprendre le français) pour parler le même langage avec ses interlocuteurs, surtout ses collaborateurs. A partir des années 70, il s’entoure d’enseignants pour prendre des cours à domicile sur l’apprentissage de la langue de Molière.

En 1996, ses professeurs jugent son niveau supérieur à celui d’un élève de la classe de sixième. « Je n’ai pas jugé utile de me présenter à l’examen du Certificat d’Etudes Primaires (CEP) car je ne compte pas sur un diplôme pour obtenir du boulot. D’ailleurs, mon fils a effectué de longues études mais c’est moi qui l’emploie » explique le PDG du groupe SOBA. El Hadj Dianguinaba Barro ne se gêne pas à faire savoir à ses interlocuteurs qu’il est bilingue : « dioula, français ».

Quitte à eux de trouver les synonymes appropriés pour déchiffrer son message. « Surveillant de moutons » pour parler de « berger » ou « cinquante (50) féminines dans ma délégation » pour désigner « 50 femmes », il s’exprime sans complexe en français. Il est un opérateur économique autodidacte qui parle et se fait entendre dans la langue de Molière.

Il n’a pas besoin d’interprête pour communiquer. Les échanges avec lui sont directs. Et c’est cela l’essentiel. Cet avantage l’aide énormement dans ces missions d’affaires en Europe et en Asie. Toutefois avec son expérience dans les affaires, l’enfant de Diéri sait faire la part des choses entre ses activités premières et ses occupations extra commerciales.

Quoique président des « Amis de Blaise Compaoré » (ABC) dans le grand Ouest, il refuse d’être assimilé à un politicien. « Je demeure un opérateur économique. Je ne suis pas engagé dans la politique. J’apporte seulement mon soutien à l’œuvre d’un ami, Blaise Compaoré », précise-t-il. Car pour El Hadj Barro, les hommes d’affaires doivent œuvrer aux côtés des politiciens pour préserver la paix au Burkina Faso et bénéficier d’un climat propice à leurs activités économiques.

Jolivet Emmaüs (joliv_et@yahoo.fr)
Rabankhi Abou Bâkr ZIDA (rabankhi@yahoo.fr)
Sidwaya/lefaso.net

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