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Développer le potentiel agricole grâce à la microfinance

La 7e édition du cadre national de concertation des acteurs de la microfinance (CNCAM) s’est tenue le 21 mai 2015 en présence du ministre de l’économie et des finances. Pour cette édition, professionnels de la microfinance et acteurs du monde agricole ont axé leur réflexion sur le financement de l’agriculture.

« Financement du secteur agricole au Burkina Faso : quelles contribution des systèmes financiers décentralisés ? ». Tel était le thème du 7e cadre national de concertation des acteurs de la microfinance (CNCAM). L’enjeu du thème est de taille car le secteur agricole représente 40% du produit intérieur brut (PIB) du Burkina Faso et emploie environ 86% de la population active. Il occupe donc une position centrale dans le développement socio-économique du pays. Qu’à cela ne tienne, les acteurs du monde agricole sont encore confrontés à de nombreux problèmes car le secteur agricole reçoit peu d’investissements de l’Etat comparativement au secteur minier. Les investissements agricoles sont essentiellement concentrés dans la filière cotonnière. Au niveau des systèmes financiers décentralisés, la situation n’est guère meilleure car les institutions de microfinance (IMF) rechignent à investir dans l’agriculture, le retour sur investissement n’étant pas certain. Les agriculteurs, eux, de leur côté se plaignent des garanties matérielles, des taux d’intérêts élevés, des frais liés aux différentes procédures administratives, de la TVA,… Il était donc important que les différents acteurs échangent en toute franchise pour identifier les goulots d’étranglement et envisager les solutions idoines.

Un milliard de FCFA pour le plan d’actions de microfinance

Au terme des échanges, plusieurs propositions ont été formulées. Elles sont relatives à la priorisation des populations du milieu rural dans l’octroi de fonds par les institutions de financement, au renforcement de la fonctionnalité et de la performance des groupements villageois qui peuvent devenir des partenaires fiables et viables pour les institutions de financement, à la mise en place d’un système de financement réellement adapté au milieu rural et à ses réalités. La rencontre propose également l’accroissement des appuis et allocations budgétaires au niveau étatique avec un ciblage des petits exploitants agricoles, la multiplication des cadres de concertation et de réflexion entre les acteurs du monde rural pour mieux cibler les problèmes qui minent ce milieu.

Dans sa volonté d’améliorer la situation, le gouvernement de transition a décidé d’allouer, en 2015, un milliard de francs CFA pour la mise en œuvre du plan d’actions de la stratégie nationale de microfinance. Il en est de même de l’inscription dans la loi de finances d’une exonération fiscale des matériels informatiques et de logiciels de gestion au profit des SFD. Selon Jean Gustave Sanon, Ministre de l’économie et des finances, le gouvernement procédera en outre au lancement d’un programme d’appui au financement adapté à l’agriculture familiale dénommé « AgriFinance ».

La microfinance est bien établie au Burkina Faso, avec un réseau en expansion bien qu’inégal. Après plus de 20 ans de construction, le secteur a connu une croissance rapide et diversifiée, suivie d’une phase de consolidation depuis l’adoption en 1994 d’un cadre légal spécifique. Selon les indicateurs des systèmes financiers décentralisés (SFD) de la BCEAO, le pays comprend fin 2014, 85 IMF et 402 points de services pour 2 247 812 clients/membres. Le montant total des dépôts s’élève à 151, 9 millions Fcfa et l’encours des crédits à 110,7 millions Fcfa.

Selon l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Burkina Faso (APSFD-BF), en termes d’implantation géographique, chaque province compte au moins une IMF. Cependant, il existe une grande disparité entre les provinces : plus de 80% des provinces hébergent moins de 6 institutions dont un quart n’en compte que deux ; 18% accueillent entre 6 et 8 institutions ; le Kadiogo, province abritant la capitale, compte 18 institutions.

Aimé Florentin BATIONO
ecodufaso.com

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