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Développement : le secteur économique burkinabè est négligé par les autorités de la transition, selon Free Afrik

L’institut Free Afrik, spécialisée dans les études économiques vient de rendre public, son rapport annuel sur « l’économie du Burkina Faso » au cours d’une conférence publique, le 29 janvier 2015, à Ouagadougou. La structure estime que le secteur économique du pays est négligé par les autorités en charge de la transition.

Lors de la conférence publique, tenue le jeudi 29 janvier dernier à Ouagadougou, le directeur exécutif de Free Afrik, Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo a décortiqué la situation économique actuelle du Burkina Faso. Il s’est basé sur l’étude annuelle intitulée : « Economie mondiale, économie burkinabè». Ainsi, il en ressort que la situation économique au Burkina Faso n’était déjà pas très reluisante avant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Cette situation, aux dires du conférencier, a été davantage compliquée par les évènements ayant entrainé la chute du régime de Blaise Compaoré.

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Ces évènements, de l’analyse de Free Afrik, ont engendrés des dégâts énormes, notamment sur le plan des infrastructures, aussi bien publiques que privées, avec comme conséquences, des pertes d’emplois et des entreprises à genou. Pour le directeur exécutif de l’institut, l’Etat devrait travailler à aider à relever ces entreprises atteintes. « Pourtant, jusque-là, tous les acteurs, à savoir les syndicats, la société civile, les partis politiques… ont été rencontrés par les autorités de la transition sauf le monde économique », a regretté, Dr Ouédraogo. A l’entendre, cette posture peut s’expliquer par le fait que ce monde économique était largement discrédité par son accointance avec l’ancien régime. Qu’à cela ne tienne, Ra-Sablga Seydou Ouédraogo croit fermement qu’il est important de comprendre que «l’économie tient la société et que, par conséquent, si nous maltraitons notre économie de la sorte, nous sommes en train de faire des dégâts sociaux colossaux ».

C’est à juste titre que le premier responsable de l’institut Free Afrik invite les autorités de la transition à nouer ou renouer le fil du dialogue avec tous les acteurs, surtout avec les opérateurs économiques. Il a indiqué que pour donner confiance aux acteurs, l’Etat doit prendre les devants pour construire un dialogue social en faveur du renouveau économique.

Pour éviter un délitement social et économique important, l’Institut Free Afrik lance un appel à tous les acteurs qui aspirent à diriger le Burkina dans les années à venir à penser à des alternatives pendant qu’il est encore temps.

Evoquant la dette intérieure du Burkina Faso, le directeur exécutif de Free Afrik, a laissé entendre que celle-ci est estimée à environ 200 milliards de francs CFA. Le gouvernement aurait annoncé vouloir traiter cette question. Une décision que Free Afrik a salué avant de révéler que la question a été prise par le mauvais bout. «On a compris que l’Etat veut reprendre ses dépôts au niveau des banques pour payer cette dette intérieure. On pense que ce n’est pas la meilleure des solutions », a souligné Dr Seydou Ouédraogo. Pour lui, tel que proposée, cette façon de résoudre le problème va fragiliser sérieusement les banques.

L’étude de Free Afrik propose plutôt à l’Etat d’envisager un endettement public plus important (un emprunt obligataire par exemple) pour éviter de trop fragiliser les banques tout en permettant à l’économie privée de pouvoir repartir également avec du cash.

L’étude de Free Afrik est désormais annuelle et insiste sur les facteurs au niveau national et international qui ont des effets sur l’économie burkinabè. Elle vise une meilleure compréhension économique de l’année écoulée et les projections pour l’année à venir.

Alex KONE
Pour Les Echos du Faso

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