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Débrouillardise : Vendre des journaux pour vivre

Tous les matins, des centaines de jeunes burkinabè prennent d’assaut les différentes artères de la capitale Ouagadougou pour la vente à la criée des journaux. Certains arrivent sur leur site entre 5h et 6h du matin et ne repartent qu’entre 14h et 15heures en fonction de la demande des titres. Ces jeunes mènent leurs activités dans une certaine quiétude. Dans certains pays de la sous région, sous prétexte qu’ils n’ont pas d’autorisation d’exercer une activité commerciale, ces vendeurs à la criée sont parfois la cible de policiers qui procèdent à la rafle de leurs journaux. Cette situation les plonge davantage dans la précarité quand on sait que la vente à la criée constitue leur unique gagne-pain.

Plus de 10 ans d’expérience

A Ouagadougou, les vendeurs sont présents très tôt le matin aux coins des grandes artères de la capitale et proposent des journaux aux citoyens devant les feux tricolores. Véritables auxiliaires des entreprises de presse, ils aident à faire apprécier les titres et à faire vendre les journaux. Ils arrivent même à conditionner les journalistes dans leur manière de titrer leurs Unes. Les journaux aux Unes sensationnelles sont généralement mieux vendus que les autres. Ils ont la chance d’être montrés en premier aux passants. « Nous achetons les journaux avec notre propre argent. Nous avons donc intérêt à vendre le plus possible. Nous montrons donc, en priorité, les journaux dont les titres semblent plus vendables ! Il nous arrive aussi d’avoir des clients réguliers mais ils ne sont pas nombreux. » Ces propos sont de Tidiane. Il est fréquent au niveau du feu de la station total faisant face au rond-point des Nations Unies à Ouagadougou.Il totalise déjà plus de 10 ans d’expérience et déclare tirer son épingle du jeu même si, constate-t-il, « les Burkinabè lisent de moins en moins. Il y’a quelques années, je pouvais vendre plus de 100 journaux par jours. Aujourd’hui j’arrive à écouler difficilement une trentaine. Mais que voulez-vous ? Je n’ai pas eu la chance d’avoir de grands diplômes. Je me contente donc de cette activité pour faire vivre ma petite famille ». Tidiane gagne 25FCFA sur chaque exemplaire de journal vendu. Pour « joindre les deux bouts », il est également obligé de proposer des cartes téléphoniques à ceux qui s’arrêtent occasionnellement pour réclamer leur journal. Ce n’est pas une activité aisée car il faut par moment se faufiler entre les véhicules et motos, essuyer la colère et les injures de certains citoyens qui assimilent son activité à du harcèlement, être extrêmement rapide. Il faut arriver à dénicher le client, à lui vendre le journal et à lui restituer sa monnaie avant que le feu ne passe au vert. « Le travail exige habilité et technicité » nous confie Oumarou.

Certaine femmes s’intéressent aussi à la vente à la criée qui fut pendant longtemps l’apanage des hommes. C’est le cas de Safiatou rencontrée juste après l’hôpital Yalgado. Contrairement à ses collègues, elle, a l’avantage de disposer d’un kiosque grâce auquel elle effectue aussi des transferts monétaires aux clients qui le désirent.

Mode opératoire

Au niveau des quotidiens, la commission reversée aux revendeurs peut osciller entre 10 et 15%. Ils peuvent ainsi se retrouver avec 20 ou 30 FCFA par quotidien vendu. La commission peut remonter à 40 ou 50 FCFA pour les hebdomadaires, 70 F CFA pour les bimensuels,… Pour pouvoir être revendeurs, ils doivent signer des conventions avec les médias et verser une certaine caution en fonction des quantités demandées. Les grossistes font leur versement dans l’intervalle d’un mois. Les détaillants à la criée versent le fruit de leur vente dans la journée.

Les journaux sont en général disponibles très tôt le matin vers 4 ou 5 heures. Au niveau des quotidiens, le tirage moyen est de 6000 exemplaires par jour. Pour la distribution, les abonnements peuvent absorber 1 500 numéros / jour, les ventes à la criée ; entre 2 000 et 4 000 numéros/ jour, les dépôts en surface et en provinces entre 1000 et 1 500 numéros / jour, à travers les dépositaires, les distributeurs agréés, etc. Pour mieux défendre leur cause, les revendeurs de journaux se sont regroupés en association.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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