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Datajournalisme : Une quarantaine de journalistes formés à Bobo-Dioulasso

Du 12 au 16 Novembre 2018, la ville de Bobo-Dioulasso a accueilli une quarantaine de journalistes dans le cadre d’une formation en datajournalisme. C’est une initiative de l’Association des Journalistes du Burkina Faso (AJB). Cette session a été placée sous le signe, le data journalisme ou journalisme des données, une science au service des professionnels des médias.

 

La formation en data journalisme s’inscrit dans le cadre d’un projet que l’AJB met en œuvre depuis 2017 en partenariat avec le Projet de gouvernance économique et de participation citoyenne (PGEPC) qui est un projet de l’Etat burkinabé et de la Banque Mondiale. « Il s’agit de renforcer les capacités des journalistes pour qu’ils jouent davantage et efficacement leur rôle d’interpellation et de contrôle citoyen des politiques publiques. Dans ce sens trois secteurs nous intéressent, il s’agit du secteur de l’économie et des deux secteurs sociaux que sont l’éducation et la santé. Nous avons alors organisé les journalistes en trois pools (économie, éducation, santé) d’une quarantaine de membres chacun» a précisé le Secrétaire général de l’AJB, rédacteur en chef du journal Mutations, Ouoba Boukari.

Le journaliste, de par son rôle social, rapporte fidèlement les faits, mais il lui revient également de les analyser, de les commenter pour permettre à son audience de faire les choix qui conviennent. Cependant, le journaliste ne se limite plus à dire les faits, il a le «pouvoir» de les faire voir, d’où le data journalisme ou journalisme des données.

Mais que représentent ces données et comment les interpréter ?

« Qui parle d’économie, de finances, parle de chiffres, de statistiques, de données tout simplement. Or le constat est que la presse burkinabé dans son ensemble est trop littéraire. Pour leur permettre de mieux mettre en pratique les formations sur le budget il fallait ajouter cette formation très particulière sur l’utilisation des données, leur exploitation et leur meilleure présentation dans la presse que ce soit en presse écrite, presse en ligne, télévision et même radio» a expliqué le Secrétaire Général de l’AJB.

Le data journalisme est également du journalisme d’investigation. Le journaliste utilise les nouvelles technologies permettant de faire le tri et le traitement de données. Il fait également un travail de Statisticien, en se réappropriant les données, en adoptant une méthode de travail basée sur les chiffres. A ce niveau, le journaliste prend les données comme des faits, les analyse, les commente, les vérifie et les explique.

 

AJB

 

Cinq jours durant, l’atelier s’est articulé autour des exercices pratiques sur la collecte, le traitement et l’interprétation des données. «C’est une initiative de l’AJB qu’il faut saluer. » déclare Abdou Zouré, journaliste à Burkina 24, avant d’ajouter « Elle a permis d’outiller les journalistes sur une meilleure façon de traiter l’information chiffrée et de la rendre plus digeste aux lecteurs. Avec l’open data, les gouvernants donnent à provision des chiffres, des statistiques, qui, si on ne les décortique pas, peuvent cacher des anguilles. Vivement que les journalistes puissent mettre à profit ces nouvelles armes pour mieux éclairer la lanterne du citoyen ».

Les données sont la source du datajournalisme. Il permet de raconter une histoire avec les graphiques. Les données comme n’importe quelle source, doivent être traitées avec scepticisme. Et, tout comme n’importe quel outil, il est important de prendre conscience de leurs limites et de leur influence sur la forme des histoires qu’elles nous permettent de créer.

 

Sombéwendin Micheline Nanéma

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

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