Connecte-toi avec nous

Développement

   |

Crise du marché du sucre au Burkina Faso : Entre fraude et corruption massive

L’Institut FREE Afrik a tenu une conférence de presse à Koudougou le 16 octobre 2015. Objectif partager avec les hommes de médias les résultats d’une étude menée par l’Institut sur « la crise du marché du sucre » au Burkina Faso.

La SN SOSUCO (Nouvelle Société Sucrière de la Comoé) agonise : cela n’est plus un secret de polichinelle. D’aucuns même vont jusqu’à prédire sa fermeture si rien n’est fait. Toute chose qui pourrait entrainer avec elle, un fort taux de perte d’emplois (environs 3000 source FREE AFRIK) sans précédent. Et selon L’Institut FREE Afrik, cette situation que vit la société est la conséquence d’un climat du marché de sucre frappé par la fraude et la corruption. Cette nouvelle a constitué en substance l’ordre du jour de la rencontre avec les journalistes.
La pilule est dure à avaler le diront certains mais si rien n’est fait ce sera catastrophique. En effet, le marché du sucre est devenu un véritable « marché noire ». La situation de ce marché est l’on peut le dire très sombre. Le Directeur Exécutif de l’Institut FREE AFRIK, Dr Rasa-blga Seydou Ouédraogo a dépeint une situation très délétère. Il explique : « Le marché du sucre au Burkina Faso à l’instar de plusieurs pays de l’UEMOA est composé de producteurs locaux. En l’occurrence ici on en a un seul producteur local, la SN-SOSUCO et d’importations. (…) En ce qui concerne notre marché, la quantité demandée de sucre par an, en d’autres termes le volume de sucre que nous consommons chaque année est estimée entre 100 et 125 000 tonnes de sucres. Sucre en granulé comme sucre en poudre. Sur ce marché, le tiers du marché est occupé par la SN-SOSUCO. Donc la production locale. Et les deux tiers sont occupés par des importations, essentiellement des importations de commerçants particuliers qui sont on pourra dire aux bas mots, une vingtaine de personnes. Mais il s’agit en réalité d’une petite douzaine de personnes, d’entreprises, de sociétés ou d’établissements. Et que sur cette douzaine dans la réalité il y a un, deux gros majors, qui dominent le marché de l‘importation du sucre au Burkina Faso. » Malheureusement même si leur nombre semble être insignifiant les importations massives du sucre du fait que les prix de vente du sucre importé revenaient moins cher frappe concomitamment le marché de fraudes et d’incivisme fiscal. A cela il faut compter la mauvaise gouvernance dans le secteur, la monopolisation par quelques acteurs du marché du sucre qui se cacheraient derrières des prêts noms, les fraudes entrainant des pertes de recettes fiscales et la corruption au niveau des autorisations d’importation. Toute cette cacophonie laisse prévoir des lendemains sombres pour le marché du sucre au Burkina Faso et bien sûr avec ses corollaires de conséquences socio-économiques a résumé Dr Ouédraogo. Il a cependant ajouté que ceci n’est pas une fatalité.
Pour cela, l’Institut FREE Afrik propose des solutions pour tirer le marché de son gouffre : il s’agit de la défense des consommateurs, la régulation des prix, la suspension de l’importation de façon effective, diligenter une enquête sur les autorisations d’importer le sucre, l’engagement de la justice fiscale sur les sociétés importatrices, l’amélioration de la gouvernance au niveau de la SN SOSUCO, etc. La rencontre qui a duré plus d’une heure, a finalement pris fin avec une séance de questions réponses entre chercheurs de FREE AFRIK et journalistes, preuve du grand intérêt pour le sujet.

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com / Groupe Ecodafrik

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles