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Coup d’Etat : Comment le gouvernement a pu payer les salaires de septembre ?

Le coup d’Etat du 17 septembre dernier a eu de fâcheuses conséquences sur l’économie nationale. Si le gouvernement évalue les pertes à plus de 50 milliards de FCFA, les syndicats de commerçants eux, estiment les préjudices subis à plus de 100 milliards de FCFA. Aucune couche de la société n’a été épargnée par ce putsch. Avec la grève illimitée, les fonctionnaires avaient beaucoup d’inquiétudes quant au versement de leurs salaires du mois de septembre. Mais le gouvernement a pu honorer ses engagements. Qu’en sera-t-il pour les mois à venir ?

« Gouverner, c’est prévoir ». L’adage semble s’être vérifié avec le coup d’Etat. En effet, dès le 23 septembre, les salaires des agents de la fonction publique étaient disponibles. Les mesures adéquates ont été prises par la Direction générale de la solde et de l’ordonnancement et la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique avant et pendant les évènements. Mais la fermeture des banques a fait que les travailleurs n’ont pu tous avoir leur argent en temps voulu. L’administration public burkinabè compte 135.563 agents. La masse salariale brute mensuelle de ces agents est de 29,211 milliards de F CFA. Le net à payer est estimé à 25,920 milliards de F CFA. Pour une meilleure gestion de ces ressources humaines, le Burkina Faso s’est doté du Système Intégré de Gestion Administrative et Salariale du Personnel de l’Etat (SYGASPE) dont le lancement est intervenu le 10 janvier 2014. Depuis quelques années, le Ministère des Finances et du Budget se modernise dans le cadre de son ambitieux Plan d’Action pour la Modernisation de la Gestion des Finances Publiques (PAMFIP). Ce processus passe par une informatisation accrue, systématique, sécurisée et qualitative. Les résultats attendus de cette modernisation sont une fourniture de services plus performante au profit de tous les usagers (opérateurs économiques, administrations, partenaires techniques et financiers, citoyens,…). Il s’agit également d’assurer un meilleur contrôle des dépenses et des recettes, et de leur utilisation optimale au profit du développement économique et social. Le SIGASPE est l’un des volets de cette informatisation. Avec ce système, l’agent, s’il est bancarisé, perçoit son salaire sans attente par l’automatisation des virements bancaires via le Système de Télé compensation de l’Afrique Centrale (SYSTAC) mis en place au Trésor.

Les opérations généralement prêtes autour du 21 du mois

Avant tout paiement de salaire, la solde effectue les calculs et vérifications à travers le logiciel SIGASPE. Pour les salaires du mois de septembre, ces opérations avaient déjà été faites depuis le 16 septembre, jour de la prise en otage du gouvernement. Dès que la solde finit son travail, la paierie générale prend la relève pour préparer les bons de caisse et les virements des salaires dans les différentes banques. Des agents ont travaillé clandestinement malgré les risques pour que ces éléments soient disponibles dès le 21 septembre. Une fois que les virement sont effectués, les banques procèdent au positionnement des salaires entre le 21 et le 22 du mois, sur la base des chèques trésor et des bordereaux émis par le Trésor Public. Malgré la situation trouble, les banques ont pu travailler avec célérité afin de disponibiliser les salaires dès le 23 septembre. Le lendemain donc, les travailleurs ont donc pu retirer de l’argent pour la tabaski. Certains travailleurs du privés eux, ont du attendre autour du 27 ou 28 septembre pour percevoir leurs salaires. Mais avec les énormes pertes engendrées par le coup d’Etat, les travailleurs se demandent bien si leurs salaires seront payés dans les délais en octobre et dans les mois suivants.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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