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Corruption : Une gangrène pour l’économie

Du 1er au 09 décembre 2015, le réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC) a organisé la 10ème édition des journée nationales de refus de la corruption (JNRC) autour du thème:« Engageons nous pour l’application effective de la loi anti-corruption ». Le 9 décembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, les acteurs ont mené la réflexion sur la thématique « loi anticorruption, contenu et rôle des acteurs pour sa mise en œuvre ». Ces tirs groupés sur la corruption, nous amènent à nous interroger sur les impacts de ce fléau sur le tissu économique.

Considérée par les uns comme la plaie des sociétés modernes, par les autres comme le monstre de Lerne dont les têtes se multiplient au fur et à mesure qu’on les coupe, la corruption est un phénomène mondial qui frappe particulièrement les pays en voie de développement. Selon l’article 156 du code pénal burkinabè, «la corruption est le fait d’agréer des offres ou promesses, de recevoir des dons ou présents, pour faire ou s’abstenir de faire un acte de ses fonctions ou de son emploi, même juste mais non sujet à salaire». La corruption est aussi considérée comme l’utilisation d’une charge publique ou privée pour un profit personnel dans l’inobservation des règles d’éthique ou de la morale. La corruption a des effets délétères et souvent ravageurs sur le fonctionnement de l’administration ainsi que sur le développement économique et politique. Le RENLAC a publié le rapport 2014 sur l’état de la corruption le 30 juin 2015. Dans le classement 2014, la douane cède sa première place aux marchés publics qui étaient 4e dans le classement de 2013. 2è, la douane est suivie de la Police municipale qui conserve sa 3e place. La Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes (DGTTM) passe de la 2e place à la 4e. L’administration judiciaire passe de la 7ème à la 6e place. Dans la même lancée, le trésor public est passé de la 12ème place à la 9ème.L’ONG Transparency International a aussi publié son classement mondial de la corruption. Ce rapport qui classe 175 pays sur une échelle de 0 à 100, du plus corrompu au plus vertueux, est établi en fonction d’avis d’experts d’organisations comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de Développement. Le Soudan, la Corée du Nord et la Somalie sont perçus comme les pays les plus corrompus au monde, alors que le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Finlande sont considérés comme les plus vertueux. La France se trouve au 26e rang de ce classement. Le Burkina Faso se classe 85ème sur 175 pays.

De la nécessité de mesures énergiques

Face à la persistance de la corruption, de nombreux efforts ont été déployés par les pouvoirs publics. En ce sens, le 03 mars 2015, le Conseil national de la transition (CNT) a adopté la loi portant prévention et répression de la corruption. Il y’ a eu également des audits des marchés publics, gestion 2010, 2011, 2012 et 2013, des interpellations et mises en accusation de certains hauts responsables,… Mais pour le RENLAC, ces efforts ne sont pas suffisants. Il faut maintenir la lutte. Les Journées Nationales du Refus de la Corruption (JNRC) obéissent à cette logique. Elles concourent à la célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption qui se tient le 09 décembre de chaque année. Elles s’inscrivent dans une double logique: conscientiser la population et interpeller les pouvoirs publics. Pour Claude Wetta, secrétaire exécutif du REN-LAC loi anti-corruption « ne saurait être effective et traduite dans les faits sans une réelle et sincère volonté politique ». Le Pr Luc Marius Ibriga, contrôleur général d’Etat, à la tête de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) est également du même avis. Pour lui, il faut passer des discours aux actes. Présent le 09 décembre à la cérémonie commémorative de la journée internationale de refus de la Corruption, le Président de la Transition Michel Kafando a encouragé les nouvelles autorités qui seront installées à « prendre toutes les mesures nécessaires pour combattre la corruption sous toutes ses formes de façon à ce que notre pays retrouve honorablement son rang de pays intègre, comme notre nom l’indique ». Parmi ces mesures, figurent la promotion de la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, la lutte contre la politisation de l’administration, la promotion de la méritocratie,…

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/groupe Ecodafrik

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