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Commerce au Burkina : Les acteurs dénoncent une concurrence déloyale

Les commerçants ne sont pas contents de la manière dont leur secteur d’activités est actuellement géré. Au cours d’une conférence de presse animée dans la soirée du vendredi 5 juillet 2019, ils ont dénoncé une concurrence déloyale dont ils sont victimes ces derniers mois. La rencontre a été initiée par l’Organisation nationale des commerçants du Burkina (ONACOM-B).

Face à la presse, les conférenciers ne sont pas allés du dos de la cuillère pour décrire la situation qu’ils vivent actuellement. « L’ordre du jour de notre rencontre porte sur la règlementation du commerce et les ouvertures des magasins dans les quartiers par les fabricants qui veulent faire du détail », a indiqué d’entrée Moussa Dabo, vice-présent de l’ONACOM-B.

Sur le premier point, les commerçants estiment que leur domaine d’activités n’est pas suffisamment protégé par les textes. Ils en veulent pour preuves certains agissements qui altèrent leurs activités. « Nous avons beaucoup de difficultés. Si vous prenez le cas des boutiques, nous travaillons pratiquement pour payer les loyers. Au niveau des banques, nous avons l’impression que ces dernières ne sont pas là pour véritablement aider les commerçants à se développer. Et il va falloir que le gouvernement fasse quelque chose pour nous aider », a ajouté Moussa Dabo.

A propos des boutiques qui s’ouvrent dans les quartiers, les conférenciers estiment que c’est la principale plaie de leurs activités. « Des fabricants viennent ouvrir des magasins dans les quartiers de Ouagadougou pour vendre en détail et cela n’est pas normal parce qu’ils tuent notre économie », s’est offusqué le principal orateur de la soirée.

Il cite le cas très évocateur des commerçants de carreaux. « Il y a quelques années, un fabricant de carreaux avait pris contact avec huit commerçants ici pour vendre ses produits au Burkina Faso. Ces derniers achetaient les carreaux qu’ils revendaient ici. Ils faisaient un chiffre de 2,5 milliards de francs par mois. Mais il y a quatre mois, le fabricant en question s’est installé au Burkina, a recruté des commerciaux qui sillonnent les provinces pour proposer les carreaux aux populations. Ceux avec qui il travaillait ont été simplement et purement mis à la touche », s’est indigné le vice-président de l’ONACOM-B.

En plus de cela, les conférenciers ont aussi pointé du doigt le fait que des expatriés représentent des sociétés étrangères au Burkina. « Nous pensons que cela n’est pas normal. Ils ont mis en place un système pour piller le Burkina », a regretté Moussa Dabo.

En organisant l’Assemblée générale, l’Organisation nationale des commerçants du Burkina veut tirer la sonnette d’alarme afin que le gouvernement prenne à bras le corps leur situation et qu’il y apporte des solutions. « Sinon, la prochaine fois que nous allons vous inviter, ce sera soit pour vous dire que nos doléances ont été entendues et des solutions y sont apportées, soit pour qu’on se retrouve dans la cour de la Bourse du travail et ce sera pour nous faire entendre bruyamment », a prévenu le principal conférencier.

Mais avant cela, une plateforme sera déposée très bientôt sur le bureau du ministre du Commerce, Harouna Kaboré, pour un examen minutieux et des solutions idoines.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net 

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