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Comment les déchets plastiques peuvent être source de revenus

Le plastique est un véritable fléau pour la planète. Résistant, il met plus de 100 ans avant de se dégrader. Les déchets plastiques sont donc dangereux pour l’écosystème et on parle de plus en plus de péril plastique en référence à leur caractère nocif. Pour atténuer cet effet, de nombreuses personnes s’adonnent à la récupération et au recyclage des sacs plastiques à Ouagadougou. Une forme d’économie de subsistance prend racine car de nombreux collecteurs, usines de traitement de récupération proposent une seconde vie aux déchets.

Les services d’hygiène de la ville de Ouagadougou sont formels. Plus de 300 000 tonnes d’ordures ménagères et assimilées sont générées annuellement dans la ville. 16.000 tonnes sont constituées de déchets plastiques. Ces détritus sont en général composés de sachets et de polypropylène (le plastique dur, les anciens seaux, bouilloires, bassines,…) Ces tonnes de déchets brûlées ou éparpillées menacent l’homme, les animaux et l’agriculture car ils ne sont pas biodégradables. Il faut donc nécessairement trouver une solution pour leur recyclage car leur prolifération est une sérieuse menace pour la ville. En ce sens, l’association internationale des volontaires laïcs (LVIA), ONG italienne, appuie régulièrement les structures oeuvrant dans le domaine du recyclage des déchets. C’est ainsi que 8000 poubelles en plastique ont été fabriquées et remises à la mairie de Ouagadougou en 2013 pour assainir la capitale. Pour y parvenir, des femmes étaient chargées de collecter 150 à 200 kg par mois de déchets auprès des populations à raison de 50 FCFA le kg. Les mêmes déchets qui ont servi à fabriquer les poubelles, ont été transformés en granulés qui peuvent servir pour la fabrication de moustiquaires et d’autres objets comme des planches, des armoires et des meubles. Des granulés de déchets plastiques du centre de valorisation de Ouagadougou sont déjà vendus aux industries de plastique du Niger pour la fabrication de sachets d’emballage à partir de déchets recyclés. Engagée dans la lutte contre les sachets plastiques, la ville de Ouagadougou a lancé un concours inter arrondissements en 2011. En l’espace d’une semaine, les cinq arrondissements de la capitale ont ramassé 350 tonnes de déchets plastiques avec la participation de près de 7 000 personnes dont plus de 80% de femmes et 122 associations et groupements. Le mécanisme était simple: pendant une semaine, chaque kilogramme de plastique collecté était acheté à 75 FCFA par la ville. Cette approche a permis de mobiliser 25 millions de francs CFA. Sacré lauréat de la compétition pour avoir ramassé plus de 90 tonnes de déchets, l’arrondissement de Bogodogo a remporté 2,5 millions de FCFA. A une échelle plus grande, le Burkina Faso a lancé le projet national de traitement et de valorisation des déchets plastiques en avril 2015 pour une durée de trois ans. Ce projet permettra l’organisation de la collecte, du transport, du stockage et de la valorisation des déchets plastiques à travers la construction de centres de collecte et de traitement des déchets plastiques, l’organisation des acteurs de la filière et l’acquisition d’équipements. Aujourd’hui, de nombreuses familles vivent du recyclage des déchets plastiques. Elles fabriquent des produits (jouets, sacs, chaises,…) qu’elles revendent sur la place du marché. A Bilbalogho par exemple, grâce à l’appui de l’association française Filles du Facteur, des femmes confectionnent divers accessoires de mode ou de décoration (corbeille, sac à main, panier,…) Elles peuvent percevoir jusqu’à 60% des ventes de ces produits écoulés parfois en Europe.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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