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Développement

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C’est quoi la croissance économique ?

« Où va l’argent de la croissance ? » La question revient très souvent à chaque fois que le ministère de l’économie et des finances présente ses statistiques faisant état d’une augmentation du taux de croissance. Il faut donc clarifier ce concept pour lever les ambiguïtés.

Selon le ministère de l’économie et des finances, la croissance économique mesure l’évolution de l’activité économique d’un pays sur une période donnée. Elle correspond pour une nation à l’augmentation de la production globale, c’est-à-dire celle de toutes les unités économiques présentes dans le pays. Plus précisément, elle traduit la richesse supplémentaire créée dans un pays d’une année à l’autre. A titre illustratif, si l’on suppose que le secteur agricole passe d’une production en valeur de 100 milliards de francs CFA en 2014 à 110 milliards de francs CFA en 2015, alors le secteur agricole aura ainsi créé une richesse supplémentaire de 10 milliards de francs CFA (analyse en valeur) et de 10% (analyse en pourcentage). On dira donc que le secteur agricole a une croissance de 10% sur la période 2014-2015. En appliquant le même raisonnement à tous les secteurs et en additionnant la richesse supplémentaire créée par l’ensemble des secteurs d’activités (secteur primaire, secondaire et tertiaire) ou l’ensemble de la population (entreprises, producteurs des secteurs informel et agricole…), on obtient la croissance économique de tout le pays. En somme, à travers la croissance, on tente de mesurer l’accroissement de la richesse de l’ensemble des acteurs de la nation d’une année à une autre.

Ce que la croissance n’est pas

Le ministère précise que la croissance, n’est pas forcément de « l’argent liquide » ou de « l’argent frais » disponible ou encore de l’argent à la disposition de l’Etat. Définie comme la somme des améliorations de la production de tous les agents économiques, elle peut s’exprimer pour une bonne partie en termes de volume, par exemple la production de mil, de sorgho, de maïs, etc., directement consommée par les agriculteurs. De ce fait, la croissance économique peut être de la richesse en nature et non pas de « l’argent frais » disponible. La croissance n’est pas non plus forcément de l’argent à la disposition de l’Etat car la richesse générée est d’abord une propriété des agents économiques qui l’ont créée, et dont l’Etat n’en prélève qu’une portion pour ses besoins de redistribution.

Mécanismes de répartition des fruits de la croissance

On distingue deux (02) modes de répartition des fruits des richesses : la répartition primaire ou directe et la répartition secondaire ou redistribution. La répartition primaire correspond à la rémunération des agents économiques ayant participé à la création de la richesse. Elle se fait directement au sein des entreprises entre les actionnaires, les travailleurs, l’Etat et l’entreprise à travers respectivement le paiement des dividendes, des salaires, des impôts et taxes et l’amortissement qui permet le renouvellement des investissements pour le développement de l’entreprise. Dans le cas spécifique du secteur agricole, la force de travail est généralement celle de la famille. Contrairement aux autres secteurs, le secteur agricole notamment l’agriculture de subsistance ne fait pas l’objet de taxation de la part de l’Etat. Par conséquent, toute la croissance générée est la propriété du ménage qui l’utilise selon ses besoins. Quant à la répartition secondaire ou la redistribution par l’Etat, elle vise à modifier la première, dans le but de réduire les inégalités de revenus entre les couches sociales et de favoriser plus de justice sociale. L’impôt y joue un rôle important, les impôts et taxes prélevés sur la richesse créée permettant de financer aussi bien le fonctionnement des administrations que les interventions publiques aux profits des populations. Les dépenses courantes de l’Etat comprennent pour une grande part des salaires. L’Etat intervient aussi au niveau de l’éducation, de la santé, de la réduction de son train de vie. Les secteurs de soutien à la production ne sont pas en reste avec les nombreux chantiers de bitumage de routes, de pistes rurales et de barrages ainsi que l’aménagement de périmètres irrigués. Selon les explications du ministère, les fruits de la croissance prélevés par l’Etat à travers les impôts et taxes servent donc à financer notamment des dépenses de soutien à la production dans le but d’obtenir plus de richesse mais aussi d’engager des actions de développement au profit des populations.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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