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CEMAC: des crédits bancaires plus chers et peu tournés vers le financement de l’investissement au cours du second semestre 2018

Les pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale et les banques qui y opèrent, semblent en légère déconnexion quant aux objectifs et ambitions annoncés de diversification des économies. Au total, le système bancaire de la communauté a octroyé pour 4 796,7 milliards FCFA de nouveaux crédits au cours du deuxième trimestre 2018, apprend-t-on d’un récent rapport de la Banque centrale de la sous-région (BEAC)

Ce chiffre qui est relativement important, dissimule un certain nombre de réalités. La première est le coût moyen du crédit. On note en effet que le Taux effectif global (rémunération du crédit incluant l’ensemble des charges) pratiqué par les banques de la CEMAC, se situait à une moyenne de 9,71% à la fin du second semestre 2018. Il était de 6,65% au premier semestre 2017.

Des experts du secteur justifient cette hausse par une augmentation du volume des créances douteuses qui aurait eu pour conséquence, la hausse des coûts du risque, qui entre dans le calcul du taux d’intérêt effectif. Mais une partie de l’opinion oppose le fait que le gros de ces créances douteuses est surtout causé par les Etats et des administrations liées, et perçoit mal pourquoi les clients individus et PME devraient en supporter le prix.

La deuxième chose qu’on note c’est que l’essentiel des crédits (3 046 milliards FCFA) a été accordé aux grandes entreprises qui bénéficient aussi des taux effectifs d’intérêt moyen de 8,6%, au détriment des PME qui non seulement ont reçu moins de crédit (904,4 milliards FCFA) mais aussi des taux effectifs moyens de 12,6%. Or ces entreprises sont très souvent présentées comme la base même des économies de la CEMAC et le principal levier de diversification.

Enfin, on note que les banques opérant en zone CEMAC ont privilégié le placement des crédits à court terme, non susceptible de soutenir l’investissement productif à long terme. Plus de 75% des crédits octroyés l’ont été, pour aider les structures bénéficiaires à gérer leurs problèmes de trésorerie.

Confrontés à une crise des devises depuis 2016, les gouvernements de la CEMAC, entre autres mesures, avaient décidé de travailler à une diversification de leurs économies. Un objectif qui suppose non seulement améliorer les variétés de production, mais aussi soutenir une première consommation de ces produits sur un marché interne estimé à 43 millions d’habitants. Il semble au final que la cohésion avec les banques, en vue d’atteindre cet objectif, n’ait pas été suffisamment solide.

Idriss Linge

agenceecofin

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