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Casablanca, la financière

Enfin ! Le 18 décembre, après l’offre publique de vente cette semaine, une nouvelle valeur fera son apparition à la Bourse de Casablanca. Il s’agit de Dar Saada, l’un des gros promoteurs immobiliers du pays. Cette filiale du groupe familial Palmeraie veut lever 110 millions d’euros pour financer ses programmes de logement sociaux et intermédiaires, au Maroc et en Afrique. Si l’affaire est notable, c’est que cette introduction en Bourse sera la seule de l’année ! Déjà, en 2013, il n’y avait eu qu’une IPO (JLEC, une centrale à charbon). Bref, en dépit de quelques poids lourds comme Maroc Telecom ou Attijariwafa, la première banque du pays, la corbeille marocaine manque d’animation, une vingtaine de valeurs ont même été retirées de la cote en dix ans.

Dernier épisode en date, la décision choc prise par l’État du retrait de CGI, une société immobilière liée au groupe public CDG, plombée par des malversations. À son pic, avant la crise de 2008, la Bourse pesait 80 % du PIB, avec 45 milliards d’euros de capitalisation, son poids actuel n’est plus que 50 %. Ce ratio reste l’un des meilleurs en Afrique, mais est loin d’être suffisant aux yeux des autorités ou du petit monde du business chérifien. Si la profondeur de sa Bourse est importante, c’est que le Maroc a des ambitions en matière financière. Grandes. Casablanca s’est mis en tête de devenir l’une des principales places du continent, au moins sa façade ouest. La ville met en avant plusieurs atouts : la stabilité du pays, un cadre réglementaire moderne et un système bancaire solide. Dominé par Attijariwafa, lié à la famille royale, le secteur compte une dizaine de banques de bonne taille (dont des filiales de groupes français).

Trois d’entre elles pointent même dans le top 10 africain rivalisant avec les géantes sud-africaines. Mais il s’agit d’aller au-delà. Le Maroc a donc créé, en 2010, le label Casablanca Finance City ou CFC, cadre légal ouvrant droit à des avantages fiscaux ou opérationnels sur les changes. Le but est de constituer un écosystème complet : finance de marché ou corporate, audit, fonds, assureurs, avocats d’affaires… servant de base pour mener des deals jusqu’en Afrique centrale, sur un continent qui captive de plus en plus le monde de l’argent. Après un démarrage poussif, cela répond plutôt bien. Coface, BCG, AIG, Wendel, un cumul de 60 labels CFC auront été attribués à fin 2014, un triplement en un an. Cet été, Casablanca a même attiré le siège d’Africa 50, ce gros fonds en création voué aux infrastructures. La ville veut aussi devenir une place de référence pour l’arbitrage. Mais la concurrence sera rude pour la « City » chérifienne en devenir : Lagos et Abidjan ont le même objectif.

Pierre-Olivier Rouaud
usinenouvelle.com

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