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Burkina : La Coalition des syndicats en lutte, toujours déterminée contre l’extension de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités

En février 2020, le gouvernement Christophe Dabiré a rendu effectif, l’élargissement de l’application de l’IUTS (l’Impôt unique sur les traitements et salaires) aux primes et indemnités des travailleurs du public, obligeant une coalition d’une cinquantaine d’organisations syndicales à se mobiliser contre la décision. Ce mercredi, 22 avril 2020 à Ouagadougou, l’ensemble de ces organisations de travailleurs ont animé une conférence de presse pour analyser la situation et réitérer leur détermination à mettre fin aux injustices sociales.

Selon les responsables de la faîtière, malgré la mobilisation des travailleurs, le gouvernement est resté de marbre. « Le choix délibéré du Chef de l’Etat de passer sous silence cette crise sociale majeure dans ses dernières adresses à la nation participe de cette option  », étaye le porte-parole de la coalition des syndicats, Bassolma Bazié, ajoutant qu’en lieu et place de solutions, le pouvoir MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) et ses alliés ont plutôt opté de réprimer le mouvement.

Le pouvoir « a choisi d’ignorer la coalition et de s’affranchir délibérément de la loi pour recourir à une répression sauvage des travailleurs ». Bien plus, il a opté de faire dans la répression : coupures et suspensions illégales de salaires d’au moins 739 agents publics relevant du seul MENAPLN (ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales), parmi les travailleurs dont les salaires ont été suspendus (on y trouve trois dames en congé de maternité) ; trois licenciements de travailleurs dans les boulangeries ; un agent relevé de ses fonctions à l’Ambassade du Burkina Faso au Sénégal ; des coupures de salaires atteignant la moitié du salaire et parfois plus de la moitié du salaire chez certains agents ; des procédures disciplinaires arbitraires engagées contre certains agents.

Bassolma Bazié, porte-parole de la coalition des syndicats en lutte

« Le mouvement que nous traversons est un mouvement historique »

« Face aux nombreuses dénonciations de son attitude, le pouvoir, à travers M. Fulgance Dandjinou, porte-parole du gouvernement, a cru bon de ruser par des amalgames pour tromper l’opinion. Ainsi, il ne s’est pas gêné d’évoquer une correspondance adressée par le Premier ministre à l’UAS qui aurait signifié de reporter la rencontre Gouvernement/Syndicats afin de se préparer et d’aviser. Pourtant, il sait bien que la correspondance à laquelle il fait référence, concerne la rencontre Gouvernement /Syndicats avec pour objet, les réponses du gouvernement au cahier de doléances 2017 ! Du reste, ce n’est pas l’UAS (Unité d’Action syndicale) qui porte actuellement le dossier de l’IUTS mais bien la coalition de syndicats constituée à l’initiative du Collectif syndical CGT-B qui est restée toujours en phase avec la revendication initiale qui est la suppression de l’IUTS sur les primes et indemnités de l’ensemble des travailleurs. Du dépôt du préavis le 27 février 2020 à la grève du 16 au 20 mars 2020, le gouvernement n’a entrepris aucun contact avec la coalition syndicale, porteuse de la lutte », dévoile M. Bazié.

Les conférenciers qui sont également revenus sur des cas de violation de textes par le gouvernement (affaire sit-in ; répression des marches de syndicats, refus de délivrer un récépissé à l’Alliance Police Nationale (APN), malgré les décisions de justice y relatives ….) ont conclu que le Burkina n’est pas loin d’un Etat d’exception, dans les façons de faire. « Le MPP est sur les traces d’un régime d’exception. (…). Tous ceux qui se sont sacrifiés à travers l’insurrection espérant un changement ont eu un réveil douloureux. (…). Nous avons un système politique qui nous dirige qui vit sous le sang des hommes », dresse Bassolma Bazié.

« Le mouvement que nous traversons est un mouvement historique », a indiqué Bassolma Bazié, appelant l’ensemble des travailleurs à rester vigilants et surtout à ne pas céder aux manœuvres de division des dirigeants politiques. Le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B) rassure que la volonté du pouvoir de contrer la lutte pour la justice sociale n’entamera nullement le mouvement syndical au Burkina.

Une chaîne de solidarité bien alimentée !

Dans ce contexte de répression donc, la coalition a lancé une souscription en vue de venir en soutien aux responsables et militants frappés par les suspensions de salaires. Un montant de 53.369.825 francs CFA a ainsi permis d’apporter un appui financier à 756 travailleurs « victimes de la répression barbare » du pouvoir du MPP et de ses alliés. « La souscription qui se poursuit, donne un point global, à la date du 21 avril 2020, de la somme de 67 628 763 FCFA dont un solde provisoire de 14.144.913 FCFA  », ont expliqué les responsables de la coalition des syndicats en lutte (voir organisations au bas de page).

« Notre coalition syndicale œuvrera, en plus de la satisfaction de sa plateforme, å ce que ces coupures et suspensions illégales s’arrêtent et les sommes déjà coupées restituées aux travailleurs », a affiché le porte-parole de la coalition, principal intervenant à la conférence.

Au regard des « périls » qui menacent les droits des travailleurs et des citoyens, les syndicats membres de la coalition en lutte décident de tâches urgentes soumises à la diligente exécution de tous les militants desdites organisations et de tous les travailleurs adhérant au mouvement.

Il s’agit, et entre autres, de mener une campagne de dénonciation de l’attitude du pouvoir MPP et alliés, son mépris pour les organisations syndicales authentiques et le peu de cas que lui-même fait de la loi et des textes de la République et en s’appuyant sur le document de base qui leur parviendra à cet effet ; poursuivre avec constance et détermination le renforcement de la mobilisation autour de la plate-forme prenant en compte les préoccupations actuelles du peuple.

Du coronathon de l’Assemblée nationale …

Dans l’analyse de la situation nationale, les responsables de la coalition ont aussi dénoncé la gouvernance basée sur le mensonge, l’hypocrisie et la division du peuple. « La pandémie de coronavirus est pour certains un champ de cacao et pour d’autres, une forêt de refuge où ils se cachent pour s’en prendre au mouvement syndical, espérant naïvement venir à bout de sa détermination », relève le porte-parole de la coalition, Bassolma Bazié. Sur ce sujet de la gestion du COVID-19, la Coalition des syndicats en lutte s’interroge sur plusieurs aspects, notamment le « coronathon » de l’Assemblée nationale.

« Comment vous pouvez lancer un coronathon, qui va du 9 avril au 14 mai, et le 21 avril, vous appelez le gouvernement pour vous donner des informations sur les contours et la gestion de cette crise sanitaire. Mais, c’est d’abord l’information qu’il faut chercher et voir ensuite s’il faut lancer un coronathon ! Ici, l’Assemblée nationale se comporte comme quelqu’un qui voit une mangue mure, il en veut, il monte sur le manguier, il touche la mangue, qu’effectivement la mangue est mure. Et au lieu de la cueillir, il redescend et il cherche des cailloux pour lapider la mangue. (…). », scrute Bassolma Bazié, qui rappelle ici les missions assignées à l’Assemblée nationale par la Constitution (voter la loi, consentir l’impôt et contrôler l’action du gouvernement).

La coalition estime que l’Assemblée nationale aurait pu, sur la base de ses compétences, jouer pleinement son rôle à travers plusieurs questions liées à la gouvernance sur lesquelles elle était plus attendue par le peuple.

lefaso

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