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Burkina Faso: Opinion – « La dissolution du RSP n’est pas une prérogative de la transition »

Ceci est une déclaration du Mouvement Soyons sérieux (MSS) qui donne son avis sur le débat de la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

La transition a, une fois de plus, mal à sa gouvernance. En effet, le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) a manifesté le mercredi 4 février 2015 pour demander entre autres la démission du Premier ministre.

Ce mouvement d’humeur fait suite à la non tenue des engagements qu’aurait pris le Premier ministre Yacouba Isaac ZIDA vis-à-vis du RSP en fin décembre 2014 (Cf. L’évènement n°295 du 10 janvier 2015). S’il faut déplorer de telles situations, le Mouvement Soyons Sérieux (MSS) dans le présent écrit souligne tout de même le caractère légitime de la revendication et interpelle tous les acteurs à cultiver l’esprit de la responsabilité et le sens du discernement.

De la légitimité de la revendication du RSP

La liberté de manifester est un droit garanti et reconnu par les lois et règlements en vigueur au Burkina Faso. Et l’article 1er de la constitution stipule que « Tous les burkinabè naissent libres et égaux en droits ». C’est donc sur cette base légale et constitutionnelle que des Burkinabè ont manifesté et obtenu, d’une part les démissions des ministres de la culture, du transport et des infrastructures ; et d’autre part l’annulation de nominations de certaines personnalités.

Les soldats du RSP étant aussi des Burkinabè, appartenant à un corps d’élite de l’armée, le Mouvement Soyons Sérieux estime qu’ils sont dans leur droit de manifester. Ils revendiquent donc en toute légitimité la démission de leur ministre de tutelle, en l’occurrence le ministre de la défense nationale et des anciens combattants qui se trouve être le Premier ministre.

De l’esprit de la responsabilité et du sens de discernement

Le mouvement d’humeur du RSP même s’il est légitime, il porterait un coup dur à la transition si la revendication aboutissait. En effet, la démission du Premier ministre mettrait fin automatiquement aux fonctions des membres du gouvernement (article 69 de la constitution).

On assistera ainsi à un nouveau gouvernement avec de nouvelles nominations et éventuellement un bouleversement du calendrier électoral.

Cette situation détruira les plans obscurs conçus dans les laboratoires pour s’assurer une main mise des organes de la transition dont dépendrait indéniablement la victoire aux prochaines élections.

Le Mouvement comprend les agitations actuelles de certains leaders de formations politiques et d’organisation de la société civile, qui sont acteurs et bénéficiaires de la partialité de la transition. Ils jouent donc leur va-tout pour éviter la survenue d’un pareil scénario. Mais il faudrait tout de même attirer l’attention sur les aspects suivants :

D’abord, le problème de fond qui existe entre le RSP et ZIDA est connu de tous. La dissolution de cette unité ne le résoudra pas. L’envisager même paraît absurde, voire utopique. Ces évènements viennent mettre à nu les conséquences du non respect de l’ordre constitutionnel dans la gestion de la transition.

Si non, pourquoi rétablir la constitution et élaborer ensuite une Charte comme fondement du pouvoir transitoire ? La réponse est dans le lien suivant : http://www.lefaso.net/spip.php?article62444. Toutefois, le Mouvement félicite le Président du Faso, Michel KAFANDO pour la mise en place d’une commission pour se pencher sur la question spécifique du RSP.

Au Premier ministre, le Mouvement l’invite à tirer toutes les conséquences de ces remous au sein de ses frères d’armes afin de prendre des décisions fortes, courageuses et républicaines pour une réussite de la transition.

Ensuite, les autorités de la transition ont mandat de conduire le Burkina Faso à des élections libres, inclusives, transparentes et acceptées de tous en octobre 2015. Elles doivent se pencher également sur la satisfaction de certaines revendications légitimes de toutes les couches socio professionnelles.

La question de la dissolution du RSP n’est ni une prérogative, ni une priorité de la transition. Toute action de quelque ordre que ce soit qui tendrait à manifester pour la dissolution du RSP est contreproductive et ne rendra point service à la transition et au peuple burkinabè. C’est pourquoi le Mouvement invite tous les acteurs à faire preuve, de responsabilité, de discernement et à taire leurs intérêts égoïstes et individuels au profit de l’intérêt général, c’est-à-dire celui de toute la Nation.

Aussi, le Mouvement les invite à se départir des amalgames et des allégations malveillantes et infondées qui peuvent mettre en mal l’unité et la cohésion nationales. Car avant d’être militants ou membres de partis politiques ou d’OSC, nous sommes d’abord des citoyens burkinabè ; fils et filles de ce Pays.

Dieu bénisse le BURKINA FASO !

Ni ingérence, ni indifférence pour un Burkina Faso meilleur !

Pour le MSS

Le Coordonnateur National

Sâga Frédéric ZOUNGRANA

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