Connecte-toi avec nous

Développement

   |

Burkina Faso : Lecture du Journaliste spécialiste des questions économiques Nadoun Coulibaly à propos de la situation économique

Monsieur Nadoun Coulibaly est un journaliste traitant des questions économiques et correspondant de Jeune Afrique au Burkina Faso. Dans un précédent entretien accordé à Djembe Consutants, le spécialiste fait une analyse de la situation économique du pays des Hommes intègres. Lisez plutôt !

Cher Nadoun, pouvez-vous nous donner un aperçu du contexte économique du Burkina Faso en ce début d’année 2020 ?

Le contexte économique du Burkina en ce début d’année reste fortement contraint par les perturbations liées à la propagation d’épidémies de coronavirus qui a fait près de 100 cas confirmés (courant avril 2020). Malgré l’insécurité qui frappe le nord du pays et la fronde dans le secteur public, l’économie est demeurée résiliente et le taux de croissance du pib s’est établi autour de 6% l’an dernier. Cette performance macroéconomique est tirée par le boom aurifère et les bonnes récoltes agricoles. Mais, c’est une économie largement tributaire des chocs exogènes et des aléas climatiques.

Pour vous, le développement des PME peut-il avoir un impact sur le développement économique global du pays et plus globalement du continent ? De quelles façons et quels sont les principaux challenges d’après vous ?

Evidemment, le développement des pme est intimement lié à celui d’un pays comme le Burkina Faso où 90 % du tissu économique est fait d’entrepreneurs informels ou d’entreprises individuelles. Une des façons d’aider ces entrepreneurs qui sont paradoxalement les plus grands pourvoyeurs d’emplois est de fournir les outils pour améliorer leur gouvernance. Avec une bonne gestion des comptes , ces pme peuvent accéder a des financements structurés auprès des banques commerciales. Car très souvent, elle se plaignent de ne pas disposer de garanties suffisantes pour prétendre aux prêts bancaires. Il faut donc envisager un dispositif, incluant une panoplie de mesures comme l’informatique financière, la gestion des comptes, l’exécution des contrats publics, etc pour permettre aux pme de monter en gamme. Cela est d’autant plus utile qu’il s’agit in fine d’accroître les possibilités de recouvrement d’impôts au profit de l’Etat.

Quelle est votre vision, en tant qu’expert, sur le futur du secteur des PME du Burkina Faso et plus globalement du continent ?

Selon moi, le secteur des pme est résilient. Malgré les difficultés, il se construit patiemment.  Ce secteur a encore une belle histoire à écrire devant lui. C’est pourquoi, il est important pour nos États de surveiller l’évolution de ces entreprises comme du lait sur le feu et ayant des politiques volontaristes pour assurer l’essor des Pme. De leur croissance, dépendra la capacité de l’Etat à prélever des revenus pour financer son développement à travers la construction des routes, des écoles et des hôpitaux. C’est enfin dans ce secteur qu’il faut préparer l’émergence des futurs champions africains à l’image d’un Dangote au Nigeria ou d’un Mahamadou Bonkoungou, le patron d’Ebomaf roi du BTP en Afrique de l’Ouest.

 

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.