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Burkina Faso : élections couplées, le tournant majeur

Quelque 5,5 millions d’électeurs burkinabés prennent le chemin des urnes, ce dimanche 29 novembre 2015, pour élire leur président, après la Transition, menée par le tandem Kafando – Zida, et leurs représentants au Parlement. Les deux grands favoris du scrutin, qui met en lice 14 candidats dont deux femmes, sont Marc Roch Kaboré et Zéphirin Diabré.

Une nouvelle ère démocratique souffle sur le Burkina Faso. Sur un potentiel électoral de 8 millions de personnes, quelque 5,5 millions devront départager, ce dimanche 29 novembre 2015, les 14 candidats en compétition vers le palais Kosyam et choisir leurs représentants à l’Assemblée nationale. Ces élections couplées, qui ont coûté la bagatelle de 35 milliards de f CFA, soit 60 millions d’euros, constituent un enjeu crucial pour les Burkinabés. On peut le croire, dans la mesure où ils comptent à tout prix tourner la page de ces nombreuses années de tumultes. L’Etat a dû débloquer sur les livres du Trésor public une enveloppe de 25 milliards f CFA aux côtés des partenaires internationaux. Le gouvernement taïwanais a fourni des équipements informatiques, ultras sophistiqués et modernes, à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dispositif névralgique tripartite, constitué de représentants de l’opposition, de la majorité et de la société civile. Hormis, l’appui logistique des puissances étrangères, l’Etat nigérian a mis à la disposition des autorités un important parc automobile, afin de sillonner l’ensemble du territoire national. A l’issue du scrutin, les tendances et résultats provisoires devraient être proclamés rapidement.

Pour la première fois dans les annales politiques au Burkina, l’église catholique observe ces élections couplées. Selon le ministre de la Sécurité publique, Jean Claude Zabré, tout le dispositif électoral est sur place et les conditions de sécurisation du scrutin sont assurées. Le président de la CENI, Me Barthélemy Kéré, réputé brillant et rigoureux, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, a présenté la nouvelle technologie du dispositif électoral allant de la collecte à la décentralisation du système informatique.


 

Sécurité maximale


 

Quand on circule à Ouagadougou, un constat s’impose. Celui du défi sécuritaire que comptent, vaille que vaille, à assurer les autorités de la Transition aux électeurs et aux 17 000 observateurs internationaux et nationaux dépêchés dans le pays. Les forces de sécurité sont postées devant plusieurs établissements hôteliers de la capitale ainsi que sur les artères névralgiques de la ville. Le syndrome du Radisson Blu de Bamako y est pour quelque chose. Le dernier conseil des ministres, avant la prochaine installation du gouvernement post Transition Michel Kafando – Yacouba Zida, avait annoncé la couleur et mit les bouchées doubles.

Assoiffés de changement, les Burkinabés interrogés veulent passer à la vitesse supérieure. Dans ces élections couplées, un an après le départ forcé de l’ancien chef de l’Etat, Blaise Compaoré, balayé par une insurrection populaire, la jeunesse joue le rôle de vigie. Dans certains quartiers de Ouaga, autour des séances de thé, connues sous le nom de «grain», beaucoup de jeunes soutiennent mordicus que rien ne sera plus comme avant. «Nous sommes fatigués avec des dirigeants qui ne pensent qu’à eux et à leurs proches. Nous les connaissons tous et ferons le bon choix pour un Burkina émergent», pestent ils. Ce matin, les électeurs sont allés voter, tôt vers 6 heures 30, heure d’ouverture des bureaux de vote, dans leurs centres respectifs. Le leader du MPP, Marc Kaboré Roch a voté peu avant 8 heures, dans un centre non loin de la cité universitaire, le Premier ministre Yacouba Zida glissera son bulletin de vote à Koulouba avant 8 heures 30. Ils seront suivis respectivement par le président de la Transition, Michel Kafando qui votera au Lycée Bambata à Gougin, avant de s’envoler pour Paris et le charismatique opposant Zéphirin Diabré, alias Zéph, annoncé lui à l’école Medersa dans le quartier Zogona. Le leader sankariste, Me Bénéwendé Sankara, vote à Toessin (province du Passore, au nord du pays). La grosse révélation de la présidentielle est sans doute le jeune candidat Tahirou Barry (40 ans) qui a fait une bonne campagne et dont l’aura et le charisme politique joueront à pleins pots auprès des franges juvéniles.

PAR ISMAEL AIDARA, ENVOYÉ SPÉCIAL À OUAGADOUGOU.
lesafriques.com

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