Connecte-toi avec nous

Finances

   |

Budget 2019-BF : Une baisse des investissements absorbés par le coût de fonctionnement de l’administration

LAssemblée Nationale Burkinabè a adopté le mardi 18 décembre la Loi de finances portant exécution du Budget gestion 2019. Il se chiffre à 2 237,42 milliards de FCFA en recettes et à 2 503,59 milliards de FCFA en dépenses dégageant ainsi un solde budgétaire global de -266,17 milliards de FCFA.

Madame Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori a décortiqué le budget 2019 dans son ensemble

Le Budget 2019 enregistre des recettes totales avec une hausse de 219,26 milliards de F CFA par rapport aux prévisions de 2018, soit un taux de 10.86% en valeur relative. Autres points essentiels du Budget 2019 porte sur la situation des fonds de motivation (fonds communs) qui sont désormais encadrés et ne devraient plus dépasser 25% du salaire du travailleur. Egalement le budget de la Sécurité et de la Défense est en hausse. Le Budget 2019 affiche un déficit de plus de 250 milliards de F CFA. Tout autre fait majeur est la baisse des investissements.

48heures après l’adoption du Budget 2019, le Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori a saisi l’occasion d’un point de presse pour revenir sur les points clés.

A propos de la baisse des investissements dans la nouvelle Loi de finances 2019, il ressort qu’il y a une baisse significative des investissements entre 2018 et 2019. Par exemple il y a une baisse de plus de 20% des investissements de façon globale dans tous les fonds confondus. Du reste, pour les investissements exécutés par l’Etat c’est plus de 30%.  Ce qui peut être évalué à plus de 100 milliards FCFA. Le plan d’investissement se chiffre à 628, 057 milliards de FCFA en 2019 contre 790, 555 en 2018 soit une baisse nette de plus de 162 milliards de FCFA.

Selon la Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori, cette baisse se justifie par le fait que le budget est absorbé par le fonctionnement de l’administration. La conséquence de cela crée un manque de marge pour financer certains secteurs importants. Le gouvernement a fait le choix de maintenir un certain nombre de projets au détriment des investissements a-t-elle poursuivi. C’est le cas du programme de développement intégré de la vallée de Samandeni, évalué à 7,757 milliards FCFA, le programme de mobilisation de ressources en eau de plus de 19 milliards de FCFA, l’accès à l’eau potable, le pôle de croissance de Bagré, le secteur des infrastructures et d’aménagements des voieries urbaines à plus de 158 milliards de FCFA pour consolider ce qui avait déjà été amorcer en 2016 et 2017. Aussi, il est envisagé près de 19 milliards de FCFA pour la cantine scolaire au primaire, la politique de gratuité de soins de la mère et de l’enfant pour plus de 26 milliards de FCFA, les ressources transférées aux collectivités plus de 38 milliards entre autres.

Les nouvelles taxes inscrites dans budget dégagent une incidence financière

A propos des nouvelles taxes inscrites dans la nouvelle loi de finance gestion 2019, l’incidence se déclinent ainsi qu’il suit : la taxe plus-values est de 200 000 000 de FCFA, le secteur boisson, 3 695 228 000 de FCFA, les véhicules à 7 355 323 417 de FCFA. Les billets d’avions ainsi que les boissons non alcoolisées affichent respectivement 3 000 000 000 de FCFA et 600 000 000 de FCFA. Le café et thé ressortent à 100 000 000 de FCFA, la parfumerie, 200 000 000 de FCFA et enfin les armes 17 512 108 FCFA.

Depuis quelques années et dans la logique de financer ses projets structurants le Burkina Faso s’est tourné vers le marché financier à travers l’émission de bons et d’obligations et aussi des emprunts obligataires. A ce sujet, Madame le ministre s’est réjoui de la réponse des investisseurs au niveau de la sous-région car le pays enregistre un taux de rendement d’environ 90%. Preuve que le gouvernement Burkinabè paie ses dettes. « Au 20 décembre 2018, 671,875 milliards de FCFA ont été mobilisés sur les 780 milliards de FCFA soit un taux de réalisation global de 86,13% dont 337,889 milliards au titre des obligations du trésor et 333,986 milliards au titre des bons de trésor. »

Le Budget 2019 sensible au social

En outre, le Budget 2019 prend en compte le contexte sécuritaire qui prévaut dans le pays et qui impacte l’économie. A cela il faut ajouter, la forte demande sociale ainsi que les attentes des populations. Malgré tout, le gouvernement à travers ce budget compte maintenir un certain nombre de dépenses sociales qui touche aux plus pauvres. Ce budget est sincère, c’est un budget de vérité et pro-pauvre a renchérit Madame Coulibaly/Sori.

En termes d’objectifs, il est envisagé un taux de croissance de 6% en 2019 avec le respect d’un certain nombre d’engagements internationaux et sous régionaux tels la maîtrise de l’inflation, une sensible hausse de la pression fiscale, des investissements dans le secteur de l’énergie, de la sécurité et de l’agriculture.

Tout autre point et non des moins importants, porte sur le fait que ce budget sera sensible au genre. Madame Couliby/ Sori a rassuré qu’il est prévu un suivi-accompagnement des différents programmes ministériels portant sur cette question.

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

Annonce publicitaire