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BRVM-Burkina Faso : Entretien avec le Directeur de l’Antenne Nationale…

BRVM-Burkina Faso : Entretien avec le Directeur de l’Antenne Nationale, Léopold Ouédraogo

Dans le monde de l’économie et de l’investissement financier, la Bourse reste un secteur en vogue et très prisé aujourd’hui dans le monde et au Burkina Faso en particulier. Au pays des hommes intègres, si, elle est encore assez mal maîtrisée par le commun des mortels, il y a des acteurs qui travaillent à renverser la tendance. Pour mieux éplucher et pénétrer les profondeurs de l’investissement boursier nous avons rencontré le Directeur de l’Antenne National de la BRVM au Burkina Faso, Léopold OUEDRAOGO. Lisez plutôt !

Ecodufaso.com : Pour un novice comment lui définirez-vous la bourse ?

Léopold Ouédraogo : La bourse c’est un marché spécialisé qui est organisé et officiel. A titre d’exemple si vous allez au marché de cycle pour chercher des légumes vous ne risquez pas d’en trouver. En fait dans ce marché organisé les produits sont les valeurs mobilières. Il n’y a que les valeurs mobilières qui y sont vendus et acheté sur ce marché. Il est organisé de telles sortes que les vendeurs et les acheteurs peuvent se rencontrer tous les jours ouvrés de la semaine. Les vendeurs proposent leurs produits qui sont des valeurs mobilières et proposent aussi leur prix. Les acheteurs regardent les prix si ça les intéressent ils achètent. L’autre aspect du marché boursier, c’est qu’une société qui a un projet et qui veut collecter des financements à long terme peut y venir créer des valeurs mobilières pour les placer et récupérer en retour le prix payer pour ces valeurs mobilières. Cette ressource financière va être utilisée pour financer le développement de l’entreprise. Ce qu’il faut aussi dire pour la bourse et les marchés financiers, c’est que les capacités de mobilisations sont très importantes. Sur le marché financier, vous mobilisez facilement cent milliards sans trop d’effort et dans des délais acceptables. Bien sûr il y a une procédure qu’il faut suivre pour y arriver.

Présentez-nous l’Antenne Nationale de la BRVM au Burkina Faso

L’Antenne Nationale de Bourse est la représentation entière de la Bourse Régionale de Valeurs Mobilières et aussi du Dépositaire Central Banque de Règlement au Burkina Faso (DCBR). C’est le lieu où les acteurs du marché financier installés au Burkina Faso se réfèrent pour l’ensemble de leurs activités. Son rôle c’est entre autres de mettre à la disposition des acteurs du marché financier installés au Burkina Faso, les services que la Bourse leur offre et leur permet de participer notamment aux activités de négociation et de cotations des titres. En plus de cela, un des rôles les plus importants et dévolu aux antennes nationales, de bourse, c’est la promotion de la culture boursière dans la zone UEMOA et notamment pour ce qui nous concerne au Burkina Faso. Cette activité se traduit par les formations et les conférences que nous donnons ainsi que des activités promotionnelles que nous organisons assez régulièrement pour donc faire connaître le marché financier et son fonctionnement. Par-delà, il y a d’autres activités mais à caractère administratif, telles les relations avec les tiers et l’Etat du Burkina Faso.
En termes de statut, l’Antenne National est une organisation autonome au Burkina Faso. Nous sommes logés certes à la Chambre de Commerce et de l’Industrie, mais nous ne sommes pas une structure de la CCI-BF. La Bourse Régionale est en fait une Société Anonyme qui a son siège à Abidjan et qui est concessionnaire de services publics c’est-à-dire gestionnaire de services publics concédés par les Etats, de l’UEMOA et qui à l’exemple de la BECEAO a dans chaque pays une direction nationale. Donc l’Antenne Nationale est la Direction nationale de la BRVM et d la DCBR au Burkina Faso.

Aujourd’hui quelle lecture faites-vous de l’investissement Boursier au Burkina Faso ?

L’investissement Boursier au Burkina au connu plusieurs étapes. Il a été un temps notamment au départ dans les années 98 -2000 ou les Burkinabè étaient timorés face à l’investissement et au placement boursier. A cette période on se demandait si le public, les particuliers et un lieu de placements rentables. Ceci dit il y a eu ensuite quelques opérations notamment l’emprunt de l’Etat Burkinabè. C’était le tout premier emprunt obligataire public qui a emmené beaucoup de gens à prendre des titres et à ouvrir des comptes titres à la SGI qui existait à l’époque. Ce qui a déjà changé un peu les choses. Le grand changement est arrivé avec l’entrée de l’ONATEL en bourse, avec l’Offre Public de Vente, les Titres qui ont été cédés au public. Ensuite il eut l’introduction de l’action ONATEL à la BRVM, et ceci a permis la création donc des milliers de comptes. Ceci à créer un engouement tel que quand BOA a entrepris de faire son introduction, les titres se sont vendus en quelques jours, j’allais même dire en quelques heures. Donc, l’engouement est certain aujourd’hui. Il faut peut-être même regretter le fait qu’il y ait ce qu’on appelle un manque de papier c’est-à-dire il n’y a pas de nouvelles introductions qui permettent aux gens de placer leur argent sur le marché boursier.

Parlez-nous des Journées de la Bourse au Burkina Faso.

Les 9 et 10 juin se tiendront les journées de la BRVM. Ces journées sont à l’initiative de la BRVM depuis le siège jusqu’à l’Antenne Nationale. Ces journées se tiennent par ce que nous sommes partis du fait qu’aujourd’hui il faut insérer la BRVM dans le quotidien des Burkinabè et des citoyens de l’UEMOA. Cela est devenu une nécessité. Et il faut accroître le nombre des entreprises cotées à la Bourse. Pour se faire, nous avons décidé d’organiser ses activités de la BRVM au Burkina Faso. Et à travers cette activité nos objectifs sont entre autres de deux ordres notamment rapprocher les populations de la Bourse et faire la promotion des acteurs du marché financier que sont les SGI, les SGO, les Sociétés Cotées , les investisseurs institutionnels, et donc montrer les opportunités qu’offrent le marché financier à l’ensemble des investisseurs et des entreprises qui veulent venir chercher de la ressources financières longues sur notre le marché.
Nous ciblons un certain nombre de personnes pour les activités proprement dites. Il s’agit des dirigeants et cadres d’entreprises, les intervenants du marché financiers, les investisseurs institutionnels, le public investisseurs les universitaires notamment les enseignants chercheurs, étudiants des universités des grandes écoles. Nous demandons aussi aux journalistes de participer à cette activité car cela nous permet d’avoir un public qui va servir de relai en ce qui concerne les informations notamment financières ou non qui viendraient à paraître sur le marché et qui aurait besoin d’être commenté avant d’être livré au public.
Il y a des partenaires qui organisent la manifestation avec nous, notamment les Société Gestionnaires d’Intermédiations, les sociétés cotées en bourse, les clubs d’investissement, les investisseurs institutionnels, les sociétés d’assurance, les banques, les émetteurs et il y a aussi le patronat la Chambre de commerce, la Maison de l’Entreprise, la Commission de l’UEMOA entre autres.

Comment la journée va se passé très concrètement ?

Pour la première journée, nous aurons une cérémonie d’ouverture présidée par le Premier Ministre ensuite s’en suivront une table ronde modérée par le Directeur Général de Bourse. Cette table ronde sera étalée sur toute la matinée avec des panélistes de haut niveau tels que le Président de l’Association des Professionnels de Banques, le PCA de la SBIF, le PDG de Coris Bank International entre autres. Il y aura d’autres activités comme les ateliers thématiques portés sur « le financement de l’entreprise par la Bourse » et « le placement de l’épargne en Bourse ». Il y aura aussi un atelier dédiée spécialement aux hommes de médias ou on va les transmettre quelques notions sur les commentaires dans la rédaction des questions financières. Ce dernier atelier va se terminer par un mini concours où on va demander aux uns et aux autres de produire un mini papier sur un thème donné, et les premiers, deuxième et troisième seront primés.
En marge de ces activités, il y aura un salon d’exposition, ou les partenaires pourront rencontrer le public et présenter leurs produits et leurs prestations. Cela va permettre au public de mieux connaître ces partenaires qui sont des acteurs du marché financier.
…Et en termes d’attentes ?
Nous attendons vraiment de ces journées, que le public soit sensibilisé d’avantages sur nos activités, informé des opportunités qu’offre le marché financier notamment la BRVM et enfin que les activités des acteurs du marché financier qui sont au Burkina notamment les SGI, les SGO , des sociétés cotées des investisseurs institutionnels soient mieux connues du public et qu’il y ait un renforcement, une amélioration de la culture boursière au Burkina Faso.

Cette activité est-ce une première au Burkina Faso?
C’est la première édition sous cette forme. Nous avions eu il y a maintenant trois ans ce que nous avons appelé les « Medias Days », qui n’intéressaient que les hommes de médias. Pour cette édition, considérez que les « Medias Days » ont été inclus dans une activité plus large.
Quelle sera la périodicité de ces journées dorénavant ?
Notre fonctionnement fait que tout est multiplié par un facteur 8. C’est-à-dire il y a huit pays, et il faut le répéter dans huit pays. Si nous voulions être efficaces il faut tenir compte de cela et penser à l’organiser à des dates à étudier. Dans tous les cas après cette expérience une certaine périodicité pourrait être arrêtée.
M. Ouédraogo, au Burkina Faso, la majorité des opérateurs économiques burkinabè ne sont pas instruits à ces nouvelles notions d’investissement. De l’œil de l’expert que vous êtes, quel avenir pour l’investissement boursier?
Il y a deux aspects. Dans la situation passée, ceux qui détenaient le pouvoir financier étaient des personnes qui avaient un système de penser qui s’accommodaient mal avec l’investissement boursier mais je constate que de plus en plus il y a un changement. Et même ces personnes commencent à s’ouvrir du fait de l’exemple, en regardant quelques personnes faire et en, écoutant quelques personnes elles ont commencé a changer d’esprit et à venir vers les marchés financiers.
Mais il faut aussi signaler que la bourse ne s’adresse uniquement qu’à ces personnes. Elle s’adresse aussi aux particuliers aux fonctionnaires, aux instituteurs aux infirmiers, aux policiers aux militaires, à tout le monde. Et je vais vous surprendre mais parmi les milliers de comptes qui ont été ouverts auprès des sociétés de Bourse que sont la SBIF et Coris Bourse, l’essentiel ne sont ni des commerçants ni des opérateurs économiques mais des particuliers. Par ce qu’on dit sur le marché financier que les premiers investisseurs sur le marché boursier se sont les ménages. C’est l’économie des ménages qui est placé en bourse. Tout le monde peut venir sur le marché boursier. Par exemple, les étudiants qui ont pu dégager une petite épargne peuvent acheter des OPCVM s’ils ne peuvent pas acheter des actions. Et avec le temps ses OPCVM prendront de la valeur et ils tireront un profit sur ce placement.
La bourse est un marché certes, mais aussi un lieu de financement. C’est un lieu ou les sociétés viennent chercher les financements. C’est sur cet aspect qu’il y a toujours quelque chose à faire. Il y a un retard. Les sociétés ne viennent pas chercher suffisamment de financements sur le marché. Pourtant le marché est là pour ça également. Il y a des sociétés qui ont des projets importants qui demande une grande mobilisation des fonds importants, qu’elles peuvent difficilement mobilisés par le système traditionnel, mais au lieu de venir vers le marché financier, elles tournent en rond et le projet ne se réalise pas.
Un mot pour conclure notre entretien
Ce qui va se passé le 9 juin est exceptionnel. C’est une activité entièrement dédiée à la finance, et sur cette question, nous serons accompagnés par l’association des professionnels des Banques. C’est une journée de la finance au Burkina Faso. Et ceci étant, il faut une forte participation de la part du public à cette activité afin qu’il puisse tirer un meilleur profit des informations qui seront données. Merci à vous.

Merci de nous avoir reçus.

Entretien réalisé et retranscrit par Balguissa Sawadogo

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

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