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Bissa Gold : des employés réclament des conditions de travail décentes

Des travailleurs d’Extérhum Africa, un sous-traitant de la mine d’or Bissa Gold ont tenu un sit-in, le mercredi 12 août 2015 à Ouagadougou, pour réclamer l’identification immédiate de leur employeur et de meilleures conditions de travail.

«Un employé pour deux employeurs, nous disons non !» «Nous voulons savoir pour qui nous travaillons» ; «nous sommes exposés à des produits dangereux pour notre santé et nous ne gagnons rien !». C’est au rythme de ces slogans chantés en chœur que des travailleurs mécontents ont exprimé leur ras-le-bol le mercredi 12 août 2015 dans la matinée devant le siège d’Extérhum Africa, un sous-traitant à Bissa True Gold à Ouagadougou. A leur arrivée, les manifestants ont été accueillis par l’Administratrice générale d’Extérhum Africa, Dina Yanogo qui s’est refusée à tout commentaire sur le sujet. Selon le délégué du personnel, Rasmané Yelbéogo, Exterhum appartiendrait à l’expert comptable Eddie Komboïgo. Et d’ajouter que l’entreprise préleverait une partie du salaire de chaque agent. Contacté, M. Komboïgo a nié être le propriétaire de cette entreprise. Il a admis en revanche que Extérhum Africa est en location dans son immeuble. M. Yelbéogo a expliqué que les recrutements se font par Bissa Gold et à la grande surprise des ouvriers, on exige d’eux une signature d’un contrat d’un an renouvelable avec la structure «Extérhum Africa» dont ils ignoraient encore l’existence et l’objectif. Joint au téléphone, un responsable de la société minière russe a confirmé sous couvert de l’anonymat, que les employés relèvent bel et bien de Extérhum Africa. «Ils n’ont pas de contrat avec Bissa Gold», a indiqué cette source. «Etant sur le site, si nous avons un problème, ils nous indiquent un employeur qui est à Ouagadougou, et quand nous venons à Ouagadougou pour revendiquer nos droits, ils nous renvoient encore à Bissa Gold. Et du coup, on se retrouve dans une ambiguïté», a-t-il fait savoir. Les manifestants reprochent aussi à leur employeur, de mauvaises conditions de travail. Les doléances transmises depuis novembre 2014 sont restées lettre morte, a fustigé M. Yelbéogo. Pour lui, depuis le début de l’exploitation, les travailleurs n’ont pas eu satisfaction. C’est pourquoi, a-t-il dit, «mes camarades et moi exigeons, entre autres, que les jours fériés et les heures supplémentaires soient payés, une augmentation de la prime d’écart, l’attribution des Contrats à durée indéterminée (CDI) et aussi un salaire de base comme tous les autres employés de ‘’Nord Gold’’». «Je travaille à Bissa Gold depuis 2011 et dans les termes de mon contrat, il est prévu des jours fériés. Mais depuis mon transfert à cette structure de sous-traitance, je travaille les jours fériés et je ne suis pas payé», s’est exprimé un manifestant, Hyacinthe Ouédraogo. Les protestataires réclament également l’application du règlement intérieur par les responsables de la mine au profit de tous les travailleurs. Après la rencontre avec Mme Yanogo, aucune des revendications n’a trouvé satisfaction, a laissé entendre le délégué adjoint du personnel, Amédée Sawadogo, avec la tristesse au visage. Néanmoins, se console M. Yelbéogo, une commission tripartite entre ‘’Extérhum Africa’’, les travailleurs et Bissa Gold verra le jour pour tenter de désamorcer la crise. «Si cette commission n’y arrive pas, nous saisirons la justice et l’inspection du travail pour nous faire entendre», a-t-il prévenu.

Amadou DICKO
sidwaya.bf

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