Connecte-toi avec nous

Développement

   |

Biodigesteur : La technologie aux multiples vertus

Le Burkina Faso, pays sahélien enclavé avec un taux annuel de déforestation de l’ordre de 4%, compte une population rurale à 85%. Les énergies traditionnelles (bois de chauffe, charbon de bois, résidus agricoles) représentent près de 86% de la consommation énergétique nationale et seulement 18% de la population a accès à l’électricité. En plus du déficit énergétique, le pays fait face depuis quelques années à une insécurité alimentaire due aux aléas climatiques, à la pauvreté des sols et aux techniques agricoles rudimentaires (agriculture extensive et saisonnière) ce qui ne permet pas d’obtenir de bons rendements agricoles. La technologie du biodigesteur vient en ce sens diversifier l’offre énergétique en mettant à la disposition des populations rurales et péri-urbaines du biogaz pour la cuisson et l’éclairage d’une part et du compost pour améliorer la productivité agricole et de la production animale.et bien d’autres avantages connexes (santé, protection de l’environnement et changement climatique,….) d’autre part.

Le biodigesteur est une construction dans le sol, en maçonnerie de moellons, de briques ou en béton. La technologie est destinée à recevoir des déjections d’animaux mélangées à l’eau en vue de produire du gaz appelé biogaz. La technologie consiste à construire une fosse et à y mettre des déjections animales de porcs ou de bovins de manière à ce que le processus de fermentation se mette en route et aboutisse à la production biogaz qui servira à la cuisson et à l’éclairage. Le biogaz peut être utilisé avec des réchauds à gaz pour la cuisson et dans des lampes pour l‘éclairage. Le restant du processus, génère un excellent engrais organique servant à accroître la productivité agricole. Les agriculteurs ayant au moins deux vaches ou quatre porcs peuvent générer suffisamment d’énergie pour répondre à leurs besoins quotidiens en cuisson et en éclairage.

Les avantages du biodigesteur sont perceptibles au niveau de l’amélioration de la santé et des conditions de vie des femmes et des enfants, de l’accroissement des productions animales et végétales, de la réduction des besoins en bois de chauffage, de la réduction de l’émission des gaz à effet de serre,… D’abord développés en Asie et en Amérique latine (Bengladesh, Cambodge, Equateur, Honduras, Indonésie, Laos, Népal, Nicaragua, Pakistan, Pérou, Salvador, Vietnam), les biodigesteurs ont démontré toute leur importance et sont maintenant utilisés en Afrique, et particulièrement au Burkina Faso.

Plus de 4000 biodigesteurs au Burkina

Grâce au Programme National de Biodigesteurs (PNB-BF), le Burkina Faso est passé d’un biodigesteur en 2009 à 4013 en 2014. La phase 2 du programme couvre la période 2014-2017. Il vise à réaliser 18 200 nouvelles installations et à mieux intégrer la technologie dans les systèmes de production des ménages ruraux. Les biodigesteurs sont construits avec des matériaux locaux et par des maçons burkinabé dont la main d’œuvre est prise en charge. Leur durée de vie est estimée à 20 ans. Il en existe en différentes dimensions, notamment en 6m³, 8m³ et 10m³ au Burkina Faso. Actuellement, les dispositifs les plus réalisés sur le territoire sont ceux de 6m³ et de 10 m³.

Le coût du biodigesteur est de 393 225 F CFA. Le PNB subventionne ce montant à hauteur de 160 000 F. Le reste est supporté par les ménages. Le biodigesteur peut aussi être une source de revenus pour les ménages. Certains revendent la fumure organique, d’autres utilisent également la technologie dans la restauration. L’un dans l’autre, le biodigesteur améliore les conditions de vie des bénéficiaires et permet de lutter contre la déforestation.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles