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Baisse de la production cotonnière 2017-2018 : Des cotonculteurs à couteaux tirés

Les cotonculteurs des 28 provinces membres de l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB) ont tenu une conférence de presse ce mardi 20 mars 2018 au sein de leur faitière à Bobo-Dioulasso. A travers cette conférence portée par le Conseil d’Administration de l’UNPCB, ces producteurs de coton veulent selon eux, apporter leur part de vérité et d’éclairage face à la crise que traverse la filière cotonnière au Burkina Faso.

 

Depuis un certain temps déjà, le monde cotonnier burkinabè traverse une crise, principalement dans des zones relevant de la sphère géographique de la Société des Fibres Textiles du Burkina (SOFITEX). Une crise liée d’une part aux résultats obtenus à l’issue de la campagne cotonnière 2017-2018 et d’autre part, à la décision prise par l’Association Interprofessionnelle du Coton du Burkina (AICB), de se retirer momentanément de la culture du coton génétiquement modifié.

En effet, la campagne cotonnière en cours n’a pas atteint son objectif de production initialement fixé à plus de 800 000 tonnes de coton graine au plan national.
Principale raison évoquée par ces conférenciers, la pluviométrie qui, après un bon début plein d’espoir, s’est avérée par la suite très capricieuse et avec un arrêt brutal des pluies sur une bonne partie des exploitations. « Les rendements à l’hectare ainsi que la production globale attendus ont pris un coup », a indiqué Myriam Ouédraogo, chargée de communication de l’UNPCB, dans la déclaration liminaire.

Droit de réponse aux frondeurs des cotonculteurs

Cette conférence fait suite à la sortie médiatique d’un groupe de frondeurs des cotonculteurs avec à leur tête, le pasteur Gnoumou Casimir, le 13 mars dernier dans la ville de Bobo-Dioulasso. Au cours de leur point de presse, ces derniers sont montés au créneau et ont accusé la mauvaise qualité des intrants mis à leur disposition par la SOFITEX, d’être à l’origine de la baisse de la production da la campagne cotonnière en cours. Ils ont souhaité également le retour du coton BT (coton génétiquement modifié) en lieu et place du coton conventionnel.

Le conseil d’administration de l’UNPCB pour sa part, estime que ces sujets ont plusieurs fois fait l’objet de nombreuses explications et mises au point, tant par l’AICB que par les premiers responsables de la SOFITEX qui, pour l’occasion, avaient souvent à leurs côtés des représentants de l’UNPCB.

C’est pourquoi, il conteste les « affirmations gratuites » de ces frondeurs.
Pour les conférenciers, cette campagne 2017-2018 aurait pu tenir toutes ses promesses si dame nature avait été plus clémente. Ainsi, ils recommandent à l’ensemble des cotonculteurs de s’en tenir à la démarche de concertation et de veiller à ce que les « perturbateurs » ne mettent pas en péril la campagne à venir et partant, la survie de la filière coton.

Quelles sont les motivations réelles des frondeurs ?

« Le Conseil d’Administration de l’UNPCB, soutenu par une forte majorité de cotonculteurs, ne peut cacher son étonnement et son amertume de voir une minorité ramer à contre-courant de la vérité. Si fait que l’on ne peut s’empêcher de se poser les questions suivantes : A quelle partie jouent ces dits cotonculteurs ? Sont-ils réellement des producteurs de coton ? Qui tire les ficelles en cachette et à quelles fins ? Quels sont les enjeux qui se cachent derrière tout ceci ? », a lancé Myriam Ouédraogo.

Elle a par ailleurs noté que ces individus ne connaissent pas la structuration de l’UNPCB et de ses instances dirigeantes, bien que le pasteur Gnoumou ait été candidat malheureux lors des élections de 2017. C’est pourquoi, au regard de la structuration de la faitière, Myriam Ouédraogo a indiqué dans sa déclaration, qu’il est inconcevable que des individus isolés veuillent parler au nom des producteurs de coton et demander le départ du DG de la SOFITEX.
Sur la question du retour du coton génétiquement modifié (CGM), la position de l’UNPCB est sans équivoque.

« Certes, l’UNPCB est pour le CGM mais pour un CGM qui réponde à toutes les qualités requises sur le marché international », ont souligné les conférenciers.
Au cours de cette conférence de presse, le conseil d’administration de l’UNPCB a ainsi affirmé sa détermination à défendre les intérêts des producteurs et à préserver les acquis de la filière cotonnière.

Sans demander aux frondeurs de se départir des « mauvais calculs et des intentions égoïstes, il (le conseil d’administration) les invite par ailleurs à se ressaisir et à rallier les rangs de la majorité pour qu’ensemble, ils relèvent les nombreux et grands défis qui se profilent à l’horizon.

A en croire les conférenciers, une rencontre sollicitée par l’UNPCB auprès de l’APROCOB a été organisée par l’AICB pour examiner les inquiétudes soulevées par les cotonculteurs pour la campagne en cours et proposer éventuellement des solutions.

Il s’agit entre autres de :
- Situer les producteurs sur les causes de la mauvaise campagne agricole 2017-2018 ;
- Trouver une formule pour réduire de moitié les crédits intrants afin de soulager les producteurs (les producteurs supportent une partie et les sociétés cotonnières supportent l’autre partie) ;
- Échelonner le reste du crédit des producteurs de ladite campagne sur 2 à 3 ans ;
- Ne plus mettre en place les intrants qui ont fait l’objet de polémique sur le terrain ; etc.

Si Casimir Gnoumou affirme que le Burkina Faso est passé de la première place des pays producteurs de coton en Afrique à l’avant dernière place, le premier vice-président de l’UNPCB a souligné qu’aucun classement n’est fait pour le moment.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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