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Aridité des sols au Burkina : Le désert avance chaque année de « 100 000 hectares »

A l’initiative conjuguée de l’association de journalistes ‘’Médias’Vert’’ et la Fondation des amis de la nature (Naturama), une conférence- débat a été animée le 17 juin dernier sur le thème « Changements climatiques et zones humides ». C’est une conférence- débat qui entrait dans le cadre des préparatifs de la COP21 (21è conférence des parties de la Convention des Nations-Unies sur les changements climatiques). En marge de la conférence- débat, nous avons eu une interview avec le directeur exécutif de Naturama, Idrissa Zeba. Une interview riche d’enseignements sur la lutte contre la désertification dans notre pays et sur les efforts face à l’adversité des changements climatiques. Lisez plutôt, la part de vérité d’un passionné de l’environnement !

D’entrée de jeu, quelle est, à ce jour, la cartographie des terres arides au Burkina Faso, quand on sait que vous êtes le premier responsable d’une ONG qui s’active dans la lutte contre la désertification ?

La réponse à cette question est bien difficile, puisque l’un des défis majeurs de nos pays en développement, c’est de disposer en temps réel, d’informations scientifiques. Le niveau technologique ne permet pas d’avoir ces informations en temps réel. Même les questions de météorologie, quelques fois, c’est de l’à peu près, parce que justement les équipements manquent, les hommes manquent, les ressources financières manquent.
Il en est de même pour les questions environnementales d’ordre général. Pour vous prendre un exemple, je dirai que les connaissances que nous avons des forêts datent de 30 à 40 ans. Pourtant, nous savons tous que les forêts ont évolué. Ce n’est que récemment en 2013, le Burkina a pu avoir les ressources nécessaires pour conduire ce qu’on appelle l’inventaire forestier national. Le pays venait ainsi de faire son deuxième inventaire forestier. Alors que scientifiquement, il aurait quand même fallu que chaque dix ans en moyenne, il y ait un inventaire systématique. Ce qui permet d’avoir des informations actualisées, et cela guide la prise des décisions.
Pour revenir à votre question, je ne saurai vous le dire avec exactitude. Je sais seulement que plus de la moitié du territoire national est emprise avec la question de la dégradation des terres, la question du changement climatique, la question de la désertification. Vous conviendrez avec moi que les parties Nord et extrême-Nord du pays, ont atteint un niveau de non-retour, si on peut appeler les choses ainsi. Dans ces parties, les questions d’aridité sont les plus accrues, les questions de température sont les plus élevées, la survie de l’Homme est quasi-impossible. Il faut même féliciter les populations qui vivent dans ces espaces.
Du reste, selon les statistiques des spécialistes du ministère de l’environnement et des ressources halieutiques, nous perdons chaque année, environ 100 000 hectares de terres. C’est vous dire le niveau ou l’ampleur de la dégradation des terres dans notre pays.

Parlant des parties Nord du Burkina, vous avez laissé entendre que le niveau est celui du « non-retour » en termes de dégradation. Est-ce à dire que tout effort de récupération de terres dans ces parties est voué à l’échec ?

Idrissa ZebaNon. Je voulais seulement dire que la dégradation a atteint un seuil très élevé, un seuil critique. Mais il y a, chaque jour, des femmes et des hommes qui se battent contre cette adversité de la nature. Cela se traduit par différentes actions de bonnes pratiques agricoles, de bonnes pratiques d’élevage, des actions d’adaptation des populations aux effets du changement climatique, des actionsde reboisement, des actions de régénération naturelle assistée, des actions de construction de retenues d’eau. Certaines de ces actions sont posées par des Organisations non-gouvernementales (ONG), par la société civile pour améliorer le rythme de la vie dans ces zones. Donc, ce n’est pas perdu ; il y a un espoir.
Les petites actions que nous, au niveau de Naturama, avons pu mener depuis une dizaine d’années dans les zones de Gorom-Gorom et d’Oursi, montrent qu’on peut bien reverdir le sahel. Il y a de l’espoir, pour peu que tout le monde en soit conscient, à commencer par le gouvernement, les collectivités territoriales, mais aussi les partenaires privés que sont les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers, les populations locales. Si chacun prend conscience et joue sa partition, on peut bel et bien renverser la tendance de dégradation des terres dans le pays, et surtout dans sa partie Nord.

Quels sont les impacts visibles de ces « petites actions » que vous avez menées dans des zones comme Gorom-Gorom ?

Je parlais entre-temps de reforestation. C’est dans ce sens que nos actions sont beaucoup plus focalisées. Il y a des mises en défens, des espaces naturels qui sont clôturés. Et par le truchement de la clôture, on extrait l’espace concerné des agressions animales, humaines, anthropiques, et on permet à la nature de se régénérer. Cela est visible.
Il y a même des endroits qui étaient totalement nus et où on ne pouvait pas imaginer qu’une herbe pourrait pousser. Aujourd’hui, quand vous y arriver, vous pouvez trouver de la végétation, vous pouvez trouver de la petite faune, notamment des lièvres, des rats, etc. Cela est un exemple qui montre que c’est possible.
Dans cette partie du pays, ce qui focalise notre attention, c’est la préservation et la gestion de la marre d’Oursi. Vous savez, la marre d’Oursi est l’un des trois premiers sites Ramsar de notre pays, des sites à importance internationalement reconnue. Dans les années 90, le Burkina Faso avait réussi la prouesse de faire classer trois sites sur la liste des sites d’importance internationale pour l’Homme. Il s’agit de la marre d’Oursi, de la vallée du Sourou et du parc W à la frontière avec le Benin et le Niger.
Et donc, ce qui nous fait travailler à Oursi, c’est essentiellement la marre. C’est un site pour lequel notre pays s’est engagé, à travers la ratification de la convention de dite de Ramsar, du nom d’une ville d’Iran où le 2 février 1972, la communauté internationale est tombée d’accord pour signer un texte qui fait obligation aux Etats à s’engager dans la préservation des zones humides. Etant donné que c’est la marre d’Oursi qui focalise notre attention au sahel alors que notre organisation est basée à Ouagadougou, notre premier axe d’intervention se rapporte à la sensibilisation, c’est-à-dire la communication avec les riverains (populations, villages, communes) pour qu’ils comprennent d’abord que leur survie dépend de cette ressource. Ils n’en sont pas suffisamment conscients, quoiqu’on voie leurs actions tous les jours. Ils ne savent pas que ce site, non seulement leur survie en dépend, mais aussi que le gouvernement de notre pays s’est engagé au plan international pour sa préservation. Il convient donc de les sensibiliser sur ces questions.
Il faut aussi responsabiliser ces populations pour ce soit elles-mêmes qui, volontairement et consciencieusement, prennent en charge la préservation de ce site. Mais cela passe par des sessions de renforcement de capacités techniques, des voyages d’études, d’échanges d’expériences sur d’autres sites qui ont réussi. Ce qui leur permettrait de dupliquer de bonnes pratiques et expériences acquises ailleurs.
C’est aussi l’organisation des communautés en associations et autres structures villageoises, pour qu’on élargisse l’assiette en termes de mobilisation de ressources financières à investir sur le site. Et aussi pour qu’il y ait de la relève dans le travail que Naturama conduit sur ce site. Par exemple à Oursi, nous avons réussi à mettre en place, une association-relais constituée de jeunes bénévoles qui, à ce jour, ont les connaissances requises pour faire le dénombrement d’oiseaux d’eau, pour guider des touristes et leur expliquer les problèmes de la marre. Ce sont des jeunes qui aujourd’hui, entreprennent des démarches auprès de partenaires techniques et financiers pour mobiliser de l’argent et venir investir dans la préservation du site.
Il y a des actions purement physiques de conservation. Mais si vous allez aujourd’hui à la marre d’Oursi, vous allez observer un spectacle désolant : la marre a tari ; l’eau qui y existe encore, se trouve dans des puits que des paysans ont creusé dans le lit de la marre pour continuer à avoir la nécessaire pour s’alimenter et pour abreuver le bétail.
Et pourquoi la marre tarit chaque année ? C’est simplement parce qu’il y a un phénomène important d’ensablement. La marre est fortement ensablée à la faveur des pratiques culturales qui se font jusqu’à la lisière de la marre, dans une zone sableuse. Nous essayons de sensibiliser ces paysans en leur demandant de se retirer de ces lisières qui leur sont d’ailleurs interdites par la loi, pour l’agriculture. Au même moment, nous travaillons à la restauration de la végétation emportée par ces pratiques culturales, à la création ailleurs, d’espaces propices aux activités culturales, et des espaces fourragers pour les animaux.
Bien sûr, il y a des actions au niveau législatif, en termes de plaidoyer, pour que les décideurs s’assument véritablement par rapport à cette ressource qu’est la marre d’Oursi, que les partenaires techniques et financiers aussi prennent conscience de l’ampleur du danger et qu’ils veuillent délier un peu le cordon de la bourse pour permettre que des ressources financières importantes puissent être utilisées pour les travaux de préservation de cette marre.
Un site comme celui-là, à partir du moment où il a un caractère international, il cesse d’être un site du Burkina Faso. Il est inscrit comme un patrimoine mondial. Cela veut dire que ce que nous posons comme acte négatif vis-à-vis de cette marre, influence l’environnement mondial et vice-versa car les mêmes actes sur des sites de même importance en Indonésie, au Sri-Lank, nous influencent aussi. Nous sommes donc dans une situation de solidarité internationale qui doit être effective en tout temps.

Vous qui vous investissez dans la lutte contre la désertification et qui connaissez mieux les différents acteurs qui s’activent pour la même cause, est-ce que selon vous, on peut espérer d’ici à dix ou vingt ans, la récupération effective des terres dégradées au Burkina Faso ?

Si on ne se nourrissait pas d’espoir, on n’allait pas continuer à travailler. C’est parce que nous sommes convaincus que de bonnes actions mises bout-à-bout, de toutes les parties prenantes, permettront de faire reculer le phénomène de dégradation des terres. Et nous produirons sur des sols de plus en plus riches.
Vous me permettrez, puisque nous sommes aujourd’hui le 17 juin où la communauté internationale commémore la Journée mondiale de lutte contre la désertification, de rappeler le thème et le message du Secrétaire général des Nations-Unies. Et tout ce qui a été dit dans cette interview jusque-là, entre en droite ligne de ce thème qui dit, « On n’a rien sans rien, investissons dans les sols saints ». C’est un thème qui interpelle tous les acteurs, qu’ils soient Etats, société civile, collectivités territoriales, populations, partenaires techniques et financiers. Ce thème nous interpelle sur la nécessité qu’il y a à changer nos manières à travers une agriculture intelligente et adaptée aux changements climatiques. Ce thème nous interpelle à améliorer l’accès aux technologies et aux droits fonciers pour les petits exploitants agricoles ; ce qui contribue à la protection de l’environnement. Ce thème nous invite à trouver l’équilibre entre l’écologie et la consommation dans l’utilisation des terres en encourageant des pratiques exemplaires telles les demi-lunes, cordons pierreux, tout ce qui est bonne pratique en matière de récupération de terres dégradées. Le thème nous interpelle à poursuivre les actions dans ce sens, il nous invite à nous investir davantage dans une utilisation durable des terres afin que les systèmes alimentaires durables deviennent la norme parce que notre sécurité alimentaire dépend de notre saine gestion des terres. Il y a donc un lien étroit entre notre alimentation et la santé de nos terres. Ce thème nous invite à améliorer notre travail de lutte contre la désertification dont les impacts sur la sécurité, la paix, et la stabilité, sont certes, invisibles, mais non moins réels pour les pays touchés.
Vous savez, le phénomène des migrations est causé par la dégradation des ressources naturelles aussi. En effet, la plupart des personnes qui migrent, sont celles qui fuient la dégradation des sols, ce sont des personnes qui fuient la pauvreté. Ces personnes sont donc des refugiés écologique ; et cela menace la paix, en témoigne les conflits entre agriculteurs et éleveurs. La stabilité de nos Etats dépend en grande partie des ressources naturelles qui s’y trouvent.
Ce thème 2015 est donc au cœur des préoccupations des organisations de la société civile comme Naturama, au cœur des préoccupations des populations. Il faut le dire, la lutte contre la désertification au Burkina Faso est une question de survie. Ce n’est pas une question de spécialistes de l’environnement ; c’est une question de survie.

Parlant justement de cette Journée mondiale, on sait que chaque année un thème est retenu pour sa commémoration. Mais est-ce-que l’évaluation des actions et comportements en rapport avec ces thèmes, est faite au niveau international ?

Je vous réponds tout de suite par oui et par non. Oui, il y a des évaluations périodiques sur la base des rapports pays par lesquels les Etats font la situation de leur environnement. Ces rapports que reçoit le Secrétariat général des conventions, montrent bien ce qui est entrepris dans chaque pays comme action rentrant non seulement dans le cadre du thème de l’année considérée, mais aussi dans le cadre de l’amélioration de l’environnement de manière globale.
Ces rapports sont exploités par des experts ; et c’est sur cette base que vous avez par exemple le Groupe intergouvernemental des experts sur le climat. Ce Groupe produit périodiquement des rapports pour indiquer la situation du climat. Il y a donc une certaine évaluation des actions et du chemin parcouru.
Mais je réponds par non aussi, parce que la question de l’environnement est gérée au niveau international par des experts. Il aurait fallu l’existence de mécanismes au niveau national et permettant aux différents acteurs, gouvernement, collectivités territoriales, société civile, partenaires techniques et financiers, populations, de s’asseoir et de se regarder dans la glace. Occasion pour chaque catégorie d’acteurs de dire, par rapport aux engagements pris pour l’année écoulée, voici ce qui a été fait, voici les efforts qui restent à faire, voici les difficultés qui ont été rencontrées. De tels mécanismes tardent encore à venir. Mais il y a un travail qui est fait au niveau gouvernemental pour que cette situation trouve une amélioration dans les années à venir.
Bien entendu, le fait de ne pas disposer d’informations actuelles et fiables, fait que quelque fois nos actions ne portent pas les fruits qu’elles auraient dû porter. On fait encore de l’à peu près. Et très peu d’acteurs de terrain disposent d’un système rigoureux de suivi des impacts de leurs actions.

C’est vrai, vous vous intéressez surtout à la question de la lutte contre la désertification. Mais étant que cette question se trouve imbriquée avec celle des changements climatiques et qu’une conférence internationale se profile à l’horizon pour se tenir à Paris relativement à cette dernière, pouvez-vous situer sur le niveau de préparation du Burkina pour ce rendez-vous ?

Oui, effectivement, la 21è Conférence des parties se tiendra à Paris en décembre prochain. Alors, toute la communauté internationale s’accorde à reconnaître que cette conférence de Paris est capitale. C’est une conférence que les uns et les autres espèrent être l’occasion pour aboutir à des engagements fermes, et précisément à des restrictions en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Vous savez, l’effort international consiste à maintenir les hausses de température à un niveau inférieur ou égal à deux degré Celsius. Les informations actuelles montrent que si Paris échoue, on est malheureusement bien parti pour dépasser les deux degrés Celsius dans les 20-30 prochaines années.
C’est donc une conférence qui a de l’enjeu, c’est une conférence sur laquelle la communauté internationale fonde un espoir. Et à cause de cet espoir, il y a un travail qui est fait au niveau international pour que cette conférence soit un succès. Il y a un travail qui se fait au niveau national, sous régional et régional pour que cette conférence soit un succès.
Pour ce qui est de notre pays, je peux vous dire que la conférence-débat que nous avons organisée cet après-midi, s’inscrit en droite ligne des préparatifs de la Cop 21 de Paris. Nous avons échangé sur les liens entre changements climatiques et zones humides ; nous nous sommes posé des questions sur les attentes de nos populations par rapport à cette conférence de Paris ; nous nous sommes posé des questions sur notre action et sur notre responsabilité individuellement et collectivement dans ce phénomène de changements climatiques. Nous essayé de lancer une interpellation à l’endroit des différents acteurs, où qu’ils se trouvent, pour que quelque chose change dans nos façons de nous comporter, dans nos façons de produire et de consommer. C’est tout ça qui contribue au réchauffement climatique au niveau global.
Bien avant la conférence-débat de ce soir, un atelier a été organisé en avril dernier par notre réseau, le Réseau sahel développement, pour préparer cette conférence de Paris. A l’occasion, on a invité des techniciens, des spécialistes, des chercheurs, des décideurs gouvernementaux, qui ont fait des exposés. Et on a discuté entre Organisations de la société civile (OSC). On a formulé des recommandations, des résolutions, pour amener à Paris.
Je sais qu’il n’y a pas longtemps, le gouvernement aussi a organisé une activité de ce genre, et qui a réuni presque toutes les catégories d’acteurs. Ce que nous, nous avons réalisé au niveau du Secrétariat permanent des OSC, s’adressait spécifiquement aux organisations de la société civile. Mais ce que le gouvernement a organisé, a concerné toutes les parties prenantes non seulement pour donner l’information sur les préparatifs, mais aussi pour permettre de recueillir des contributions sur les attentes des populations par rapport à la Cop 21.
Nous sommes rentré récemment de Montpellier où nous avons porté la voix du Burkina Faso à l’occasion d’un forum international appelé ‘’désertique action’’. Presque tous les pays du monde y ont été représentés. Et on a discuté entre parties prenantes, sur ce qu’il faut faire pour que la conférence de Paris soit un succès.
Et nous nous préparons – quand je dis nous, je veux parler du Burkina Faso – à aller à l’Assemblée générale des Nations-Unies qui va se tenir en septembre prochain à New-York, où la communauté internationale va revenir sur les questions de développement durable dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement. Bien entendu, les questions de désertification, de changements climatiques seront incontournables.
Par rapport à notre pays, s’il y a une forte attente, elle se rapporte à la mobilisation de ressources financières pour permettre aux populations de s’adapter aux effets néfastes des changements climatiques. Chez nous au Burkina, la réponse aux changements climatiques, est une question de survie. Ici, c’est la vie au quotidien qui est menacée par le phénomène de changements climatiques. Il faut donc qu’il y ait des ressources conséquentes pour permettre aux populations de développer des alternatives. Cela est une attente très forte. Malheureusement, tous les pays du monde ne partagent pas cette orientation des choses. Il y en a qui pensent que le débat se trouve ailleurs. Au niveau des pays menacés par la fonte des glaciers, des pays qui connaissent de plus en plus des inondations, les mers viennent jusqu’aux portes des habitations. Telle est leur réalité aussi et qui est engendrée par le phénomène des changements climatiques.

A vous écouter, l’on peut dire avec vous que les « effets néfastes » des changements climatiques menacent l’existence humaine elle-même. Mais que peut-on retenir, quand vous parlez d’effets néfastes ?

Là-dessus, je vous dirai tout simplement que la dégradation des terres en particulier, la dégradation de l’environnement en général, la désertification, compromettent le développement économique et social, compromettent notre lutte contre la pauvreté. Les gens ne font pas suffisamment le lien. Mais lorsque vous prenez une population burkinabé qui est à plus de 80% rurale et agricole, cela veut dire que la terre constitue son capital premier. Si cette terre se dégrade, il n’y aura plus de production agricole, ni de production animale. C’est l’exacerbation de santé des communautés, c’est l’élévation de température, c’est tout ce qui est négatif, qui va peser en retour sur ce que les gens appellent produit intérieur brut, sur ce que les gens appellent le bien-être tout court. Et donc la dégradation de l’environnement affecte notre développement économique, ça affecte notre lutte contre la pauvreté. Des terres qui se dégradent, c’est notre pauvreté qui s’accroit.
Et il est important que tout le monde soit informé et sensibilisé sur cela. C’est dommage que dans ce pays, des gens continuent de penser qu’il n’y a que le ministère de l’environnement qui s’occupe des questions d’environnement. Or, nous sommes tous interpellés à agir, à changer nos comportements. Nous sommes interpellés à avoir un autre regard sur la gestion de l’environnement dans notre pays. Et c’est seulement par ce canal que nous allons réussir à préserver nos ressources naturelles. Sinon, ce n’est pas le fait de mettre un forestier derrière chaque citoyen pour l’empêcher de couper des arbres qui va nous faire aboutir.

lefaso.net

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